IAHP : une stratégie de « pare-feu » pour protéger la Bretagne - Le Point Vétérinaire.fr

IAHP : une stratégie de « pare-feu » pour protéger la Bretagne

Tanit Halfon

| 08.04.2022 à 13:29:00 |
© Getty Images/iStockphoto

Face à l’ampleur de la crise d’influenza aviaire hautement pathogène dans le grand ouest, la Bretagne fait l'objet de stratégies de dépeuplement préventif des élevages, pour tenter d’enrayer la diffusion du virus en Bretagne. Parmi elles, a été actée une stratégie de « pare-feu ».

Le nombre de foyers déclarés d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) continue encore sa dramatique progression. Selon les dernières données du ministère, au 7 avril 2022, ce sont désormais 1218 foyers en élevages, et 22 en basse-cours, qui ont été confirmés….contre une semaine plus tôt au 31 mars, 1112 foyers en élevages (et toujours 22 en basse-cours) soit 106 foyers de plus.

Cette hausse est toujours portée par les Pays de la Loire, en tête la Vendée avec 519 foyers (contre 500 au 31 mars), suivi du Maine-et-Loire (158 foyers vs 116), de la Loire-Atlantique (92 foyers vs 82) et de la Mayenne (toujours 1).

Du côté de la Bretagne voisine, pour l’instant, la situation semble encore sous-contrôle, avec 6 foyers déclarés au 7 avril contre 4 foyers au 31 mars. Après la catastrophe dans les Pays de la Loire, maîtriser la situation sanitaire en Bretagne qui est la 1ère région pour la production de volailles de chair (poulet et dinde +++) et la 1ère en capacités d’élevages de poules, apparaît comme une priorité absolue. Pour y arriver, les autorités sanitaires ont acté une stratégie de « pare feu », définie dans une nouvelle instruction technique (2022-265) de la Direction générale de l’alimentation.

Un abattage préventif des palmipèdes dans la zone de « pare feu »

Le principe est de définir une zone à distance de la zone de front de propagation de l’infection située dans les Pays de la Loire, dans laquelle seront abattus les palmipèdes gras et à rôtir, qui participent très fortement à la diffusion virale du fait de leur grande sensibilité et capacité d’excrétion virale. Grâce à cette zone, on joue alors sur le risque de propagation de proche en proche, mais bien-entendu pas sur le risque de diffusion virale lié aux activités humaines (transport…).

Comme il est expliqué dans l’instruction technique, cette zone est une bande de 10 km au nord de la zone de surveillance des Pays de la Loire, incluant 73 communes des départements de la Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire, dont 4 communes avec des sites sensibles de génétique aviaire. Des abattoirs seront réquisitionnés pour mener à bien ces opérations, afin de valoriser les lots qui le peuvent. Pour les lots ne pouvant pas être valorisés, la note indique qu’il faudra mettre en œuvre une solution de mises à mort in situ. Selon la note, les opérations de dépeuplement prendraient fin au plus tard le 10 avril.

La note n’indique pas le nombre d’exploitations concernées, ni le nombre d’animaux visés.

Une mesure de lutte supplémentaire

Cette stratégie de « pare feu » prend le relais des autres mesures de lutte, déjà mises en œuvre dans le grand ouest. Lesquelles, de fait, semblent ne pas être suffisantes pour stopper l’extension du virus. L’instruction technique l’indique d’ailleurs bien : il s’agit d’une opération de dépeuplement qui s’inscrit dans un scénario de « diffusion large de l’infection ».

Comme il est rappelé dans l'instruction technique, il y avait déjà eu une large zone réglementée avec blocage des mouvements en Vendée, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire et Deux-Sèvres. Dans les Pays de la Loire, une stratégie de dépeuplement dans les 3 à 5 km autour des sites sensibles (élevages de reproducteurs, couvoirs) avait aussi été actée, mais pour l'instant, peu de données chiffrées sont disponibles à ce sujet. Enfin, en Ille-et-Vilaine et dans le Morbihan, a été fait un dépeuplement préventif péri-focal autour des premiers foyers.

A voir si la stratégie supplémentaire de pare-feu va permettre de casser la dynamique virale en cours....et de protéger les élevages de Bretagne. 

En parallèle, dans le sud-ouest, les repeuplements ont débuté. Dans le département des Landes, qui a été le plus touché dans cette zone, le repeuplement a débuté le 29 mars dans les zones indemnes. Comme nous l’ont communiqué les services de la préfecture départementale, au 8 avril, 59 élevages ont été repeuplés avec des poussins de 1 jour (soit 542 280 animaux), et 31 élevages ont été repeuplés avec des canetons de 1 jour (soit 164 989 animaux). Sachant que depuis le début de la crise, ce sont 1 209 790 volailles qui ont été abattues, dans le cadre de la crise (foyers, dépeuplements préventifs avec ou sans valorisation des lots….).

Tanit Halfon

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