IAHP : une situation toujours très préoccupante  - Le Point Vétérinaire.fr

 IAHP : une situation toujours très préoccupante 

Tanit Halfon

| 27.04.2022 à 15:34:00 |
© iStock-Esperanza33

Le nombre de foyers d’influenza aviaire hautement pathogène continue d’augmenter en France, avec le sud-ouest qui fait face à une nouvelle flambée dans les départements de Dordogne, de Lot-et-Garonne et du Lot. Dans le grand ouest, la situation étant encore évolutive, excepté en Bretagne, il a été acté un dépeuplement préventif inter régional de tous les élevages de palmipèdes et de dindes.

L’épizootie d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) est malheureusement loin d’être terminée en France, étant donné que le nombre de foyers en élevage poursuit sa progression. Selon les dernières données du ministère, au 26 avril, 1348 foyers en élevage ont été confirmés, contre 1255 foyers au 12 avril, soit une hausse de près de 100 foyers en 15 jours.

Cette hausse est portée d’une part par le grand ouest, et plus précisément par les départements de Vendée, de Maine-et-Loire (Pays de la Loire) et des Deux-Sèvres (Nouvelle-Aquitaine), qui comptent respectivement au 26 avril, 532, 179 et 46 foyers, contre 523, 170 et 31 foyers au 12 avril. La Vendée est l’épicentre de l’épizootie dans le Grand ouest, avec en plus un département qui détient le triste record du nombre le plus élevé de foyers en élevage en France, loin devant le 2ième département le plus touché, les Landes, qui totalise 231 foyers en élevage au 26 avril.

La hausse du nombre de foyers est également portée par des départements du sud-ouest : la Dordogne, le Lot-et-Garonne et le Lot. Au 26 avril, ces 3 départements comptaient respectivement 52, 39 et 13 foyers en élevage. Contre 18, 27 et 1 foyer 15 jours plus tôt, au 12 avril.

Ailleurs, la situation reste heureusement toujours stable en Bretagne, avec toujours 3 foyers dans le Morbihan, 2 foyers en Ille-et-Vilaine, et 1 dans le Finistère, et ce depuis pratiquement le début du mois d’avril.

A noter qu’un nouveau département, jusqu’à présent indemne, vient de confirmer son tout premier foyer : il s’agit de l’Aveyron.

Pour rappel, lors de la précédente épizootie 2020-2021, la situation s’était stabilisée début mai. Mais au 28 mars 2021, il y avait déjà 466 foyers déclarés en élevage, et 23 en basse-cours (données de la plateforme ESA), sur 492 foyers domestiques au total (dont 475 dans le sud-ouest) déclarés en France pour cette épizootie.

Des stratégies de dépeuplement dans le grand ouest…

Face à cette dynamique virale, les mesures de lutte reposent sur deux piliers : des restrictions de mouvements et des abattages préventifs.

Pour rappel, dans le grand ouest avait été mise en place une large zone réglementée inter régionale, élargie à 20km autour des foyers, incluant la Vendée, la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire et les Deux-Sèvres, dans laquelle avaient été actées des restrictions de mouvements. De plus, par instruction technique du 20 mars, une stratégie de dépeuplement préventif avait aussi été décidée dans cette zone, basée sur le dépeuplement des élevages dans les 3 à 5 km autour de sites sensibles type couvoirs et élevages de reproducteurs, qui sont essentiels pour la génétique de la filière avicole, et pour le repeuplement des élevages de France.

Pour la Bretagne, des dépeuplements préventifs autour des tout premiers foyers avaient très rapidement mis en œuvre. A ces mesures, avait été ensuite adoptée une stratégie de dépeuplement préventif dans une zone dite pare-feu, correspondant à une bande de 10km au nord de la zone de surveillance des Pays de la Loire, incluant 73 communes des départements de la Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire, dont 4 communes avec des sites sensibles de génétique aviaire.

A ce jour, dans la zone de pare feu, tous les élevages ont déjà été dépeuplés.

Par contre, pour la zone inter-régionale, le dépeuplement serait à priori toujours en cours. De plus, dans cette zone, la stratégie de dépeuplement a été récemment accentuée, via une nouvelle instruction technique, en date du 20 avril. Cette note acte ainsi le principe d’un « vide régional » de tous les palmipèdes et dindes de la zone réglementée, « compte tenu du rôle de ces volailles dans la diffusion et le maintien du virus ». Ce dépeuplement est prévu de façon centripète, c’est-à-dire en débutant par les élevages situés en périphérie de la zone réglementée, vers les élevages situés dans les zones les plus contaminées. A contrario, la règle pour le dépeuplement autour des sites sensibles, est d’abattre de façon centrifuge, c’est-à-dire en débutant par les élevages près du site sensible, tout en visant en priorité les élevages de palmipèdes.

…et dans le sud-ouest !

Dans le sud-ouest, au vu de l’évolution, les autorités sanitaires ont également défini une stratégie spécifique de lutte, via une instruction technique en date du 19 avril. A ainsi été définie une large zone réglementée de 20 km autour des foyers actifs dans laquelle doivent être mis en œuvre des dépeuplements préventifs péri-focal autour des foyers :

- Dans un rayon de 1km pour tous les élevages commerciaux de volailles ;

- Dans un rayon de 3km pour tous les élevages commerciaux de palmipèdes.

A ce stade, il n’est pas acté un dépeuplement autour des sites sensibles, mais la note indique que cette mesure « pourra être réalisé » en complément, sachant que la priorité reste le dépeuplement des foyers.

En plus de ces mesures, sont actées des restrictions aux mouvements dans la zone réglementée pendant au moins une durée de 8 jours. « Un plan d’autocontrôle analytique », à la charge des opérateurs ou organisations professionnelles, est aussi mis en place, dans tous les élevages de palmipèdes dans la zone réglementée afin « d’avoir une analyse fine de la situation épidémiologique ».

Un dépeuplement volontaire par les opérateurs est possible, est-il enfin indiqué dans la note, « notamment pour les palmipèdes qui ne pourraient pas aller en salle de gavage ». « Il appartient donc à la filière de s’organiser et de prendre les dispositions nécessaires pour permettre une diminution de la densité des volailles dans la zone réglementée de façon à éviter la diffusion du virus et prévenir l’apparition de nouveaux foyers. »

Rappelons que dans le sud-ouest, le repeuplement des élevages a déjà commencé mais du côté de la zone des Landes et départements limitrophes, qui avait été touchée au tout début de l'épizootie.

Tanit Halfon

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