IAHP : une hausse marquée des foyers en élevage

Tanit Halfon

| 12.01.2022 à 15:01:00 |
© iStock-K_Thalhofer

Au 11 janvier 2022, 102 foyers en élevage ont été dénombrés, contre 41 au 4 janvier selon les données du ministère. Dans ce contexte, le ministre de l’Agriculture a pris position pour la vaccination.

La situation sanitaire vis-à-vis de l’influenza aviaire hautement pathogène semble se compliquer.  Selon les dernières données du ministère, au 11 janvier 2022, 102 foyers en élevage, et 5 en basses-cours, ont été confirmés…contre 44 foyers en tout au 4 janvier. Soit plus du double en une semaine (X 1,5). Le sous-type viral H5N1 est incriminé.

Avec 57 foyers dénombrés, c’est le département des Landes qui est le plus touché, suivi des Pyrénées Atlantiques avec 20 foyers, du Gers avec 13 foyers, du Nord avec 8 foyers, de la Vendée avec 2 foyers, et enfin du Lot et Garonne et des Hautes-Pyrénées avec 1 foyer chacun. En parallèle, 21 cas ont été dénombrés dans l’avifaune sauvage, dans 11 départements.

Dans les Landes, la situation est potentiellement explosive. Selon le dernier bulletin de veille épidémiologique de la plateforme ESA, l’épizootie s’étend en tache d’huile vers l’ouest, le nord depuis la zone initiale touchée à la frontière entre les Landes, les Pyrénées Atlantiques et le Gers. Elle s’étend aussi vers l’est jusqu’au Gers. Cela menace donc notamment la zone de la Chalosse à haute densité d’élevage. A noter aussi que des suspicions d’infections sont en cours d’investigation dans ce département.

Malgré cette évolution, le nombre total de foyers reste encore bien moins élevé que lors de la précédente épizootie : au 14 janvier 2021, selon les données du ministère, 282 foyers avaient été confirmés. De plus, selon la plateforme ESA, l’incidence hebdomadaire est relativement réduite pour ce début d’année : 10 nouveaux foyers pour la période du 27 décembre 2021 au 2 janvier 2022, et 28 nouveaux foyers pour la période du 3 au 9 janvier 2022.

Les étudiants mobilisés, la vaccination discutée

Dans ce contexte, les étudiants volontaires des écoles nationales vétérinaires vont pouvoir participer aux actions de lutte. L'arrêté du 10 janvier 2022 les autorise ainsi à effectuer les missions suivantes : visites sanitaires en élevage, prélèvements en abattoir ou en élevage, enquêtes épidémiologiques et de traçabilité, participation aux opérations de dépeuplement et rédaction de compte-rendu ou documents administratifs relatifs à ces missions.

Par ailleurs, le ministre de l’agriculture a annoncé que la vaccination apparaissait comme une solution. « Il n’y a pas d’autre solution à terme que de se doter de la vaccination » a-t-il affirmé vendredi 7 janvier, lors de sa visite à Mont-de-Marsan. Une réunion est prévue ce jour avec les professionnels de la filière afin de discuter du lancement d’une phase d’expérimentation de deux vaccins. Au-delà des questions techniques, il faudra aussi en passer par une étape de négociation, avec les Etats membres d’une part, mais aussi avec les pays tiers, afin de trouver un accord pour continuer les échanges commerciaux, malgré des animaux vaccinés.

Cette prise de position fait suite à de nombreux appels de professionnels qui appelaient le ministère à aller vers la vaccination. Dans un communiqué, l’interprofession du foie gras, le Cifog, avait souligné que le dossier de la vaccination des volailles devait avancer et faire impérativement partie de la feuille de route de la présidence française de l’Union européenne.

Un cas humain confirmé au Royaume-Uni

S’il n’y a pas de risque pour l’humain, un cas a tout de même été signalé au Royaume-Uni début janvier dans le sud-ouest de l’Angleterre. La personne contaminée a 79 ans, et n’a pas développé de signes cliniques. Elle vivait avec une vingtaine de canards. Aucune transmission interhumaine n’a été identifiée.

Tanit Halfon

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