IAHP : un nombre toujours limité de foyers en élevage - Le Point Vétérinaire.fr

IAHP : un nombre toujours limité de foyers en élevage

Tanit Halfon

| 17.01.2024 à 11:49:00 |
© iStock-TanesNgamsom

Au 14 janvier 2024, 9 foyers en élevage ont été confirmés. Le dernier concerne un élevage de dindes situé en Vendée, le troisième du département. Malgré cette situation favorable, la vigilance doit rester à son maximum.

Plus de 3 mois après le lancement de la campagne de vaccination des canards contre l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), force est de constater que le nombre de foyers en élevage reste très limité. Au 14 janvier 2024, ce sont ainsi seulement 9 foyers qui ont été confirmés, à raison de 4 foyers dans le Morbihan, 1 dans la Somme, 1 dans le Nord et 3 en Vendée (source plateforme ESA). Les foyers vendéens sont les trois derniers foyers rapportés en France, dont deux détectés les 2 et 5 janvier dans des élevages de canards en lien épidémiologique (même détenteur, deux sites d’élevage, commune de Notre Dame de Riez) et un détecté le 10 janvier dans un élevage de dindes en engraissement (commune de Beaurepaire).

Une moindre pression environnementale ?

L’année précédente, au 15 janvier 2023, 269 foyers en élevage avaient été confirmés. Ce décalage est à analyser prudemment, explique Nicolas Eterradossi, directeur du laboratoire Anses de Ploufragan-Plouzané-Niort, « car d’une année sur l’autre, la pression d’infection dans l’avifaune sauvage, qui est à l’origine des introductions primaires en élevage chaque automne, peut varier, et conduire à une exposition plus ou moins grande des élevages ». Il détaille : « Dans l’est de l’Europe, il y a eu des cas détectés chez les palmipèdes migrateurs et grues cendrées en novembre et décembre, ainsi que des introductions et diffusions entre élevages dans certains pays, comme en décembre 2023 en Hongrie avec 60 foyers. Pour la France, sa position le long des couloirs migratoires peut expliquer des différences de niveau d’exposition. Cependant, il y a bien eu quelques détections de virus IAHP dans l’avifaune sauvage en France, dans des régions et chez des espèces sauvages très différentes. Et il y a bien eu des introductions ponctuelles de virus  en élevage, dans différentes régions, ce qui montre bien qu’il existe un risque d’introduction disséminé sur le territoire national. »

Respecter la biosécurité dans tous les élevages

Selon lui, « si  l’absence de diffusion au sein des élevages de palmipèdes se confirme sur le reste de la saison hivernale cette année en France, cette observation devra être mise en parallèle des efforts d’immunisation qui ont été déployés cette année au sein des élevages de palmipèdes de plus de 250 sujets. Il a été expérimentalement démontré que la vaccination limite l’excrétion et la transmission du virus IAHP au sein de la population vaccinée dans les premières semaines qui suivent la vaccination : la rareté des cas d’IAHP observés dans les élevages de palmipèdes cette année est cohérente avec ces observations expérimentales. Le cas observé en Vendée sur les deux bâtiments d’un élevage de canards de barbarie vaccinés, en fin de période d’élevage, montre que la vaccination n’est pas une garantie absolue de protection, notamment en fin de période d’élevage où les niveaux immunitaires peuvent baisser. Raison pour laquelle il a été décidé de mettre en œuvre une troisième dose vaccinale chez le canard mulard dont la durée d’élevage est plus longue que celle du canard de barbarie. D’où la nécessité de respecter les mesures de biosécurité, y compris chez les élevages vaccinés, pour éviter les introductions virales. »

Il convient donc de rester prudent, et ce pendant encore plusieurs semaines. Comme il le souligne, « la migration remontante est achevée aux alentours du 15 mars, mais d’ici là des épisodes froids sur le centre ou le nord de l’Europe peuvent induire des épisodes de « décantonnement » qui amènent des oiseaux sauvages hivernants (ayant achevé leur migration descendante) à se déplacer vers l’ouest pour retrouver des climats plus doux. Ces déplacements liés aux périodes froides peuvent amener des oiseaux infectés par le virus de l’IAHP dans des zones auparavant peu ou moins exposées à ce virus. »

Tanit Halfon

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