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IAHP : un chat contaminé en France

Tanit Halfon

| 06.01.2023 à 16:56:00 |
© iStock-Alberto Gagliardi

Ce cas a été notifié mi-décembre à l’Organisation mondiale de la santé animale. L’animal était symptomatique, et a été euthanasié.

Les autorités sanitaires françaises ont notifié le 23 décembre 2022 à l’Organisation mondiale de la santé animale, un cas de chat contaminé par le virus influenza aviaire hautement pathogène H5N1. Selon les informations disponibles dans ce rapport, le chat était présent dans un élevage de volailles situé à Mauléon, dans les Deux-Sèvres, qui a été confirmé comme foyer. L’animal a présenté des signes cliniques (non décrits), et c’est une analyse RT-PCR qui a permis de confirmer la présence du virus. Le chat a été euthanasié le 23 décembre.

Contacté par nos soins, la Direction générale de l'alimentation (DGAL) donne quelques précisions : l'élevage en question était un élevage de canards, confirmé positif au virus le 12 décembre 2022. Tous les canards ont ensuite été abattus le 14 décembre. Le chat vivait à proximité de ce foyer. Il a présenté des signes cliniques de type neurologique, et a été euthanasié du fait de la dégradation de son état général. Des investigations virologiques sont en cours pour mieux caractériser la souche virale.

Un phénomène rare mais connu

C’est la première fois qu’un cas de contamination d’un chat domestique est rapporté avec le clade 2.3.4.4 associé avec la panzootie en cours depuis 2016 dans le monde. Un événement rare donc, mais qui n’est pas du tout surprenant : comme l’ont souligné à plusieurs reprise les experts de l’Autorité européenne de sécurité des aliments, l’Efsa, ce sous-clade est associé à des franchissements de la barrière d’espèces chez plusieurs espèces de mammifères, dont des félidés sauvages. Par ailleurs, plusieurs cas de contaminations félines avaient déjà été rapportées lors de la première vague panzootique* dans les années 2000 : en 2003-2004, sur des félidés sauvages dans un zoo en Thaïlande et des chats, et en 2006 en Europe, Allemagne et Autriche, sur des chats.

Aucun cas de transmission du virus d’un félidé à l’humain n’a été décrit jusqu’à présent. En cas de suspicion clinique d’un cas chez un chat, les précautions habituelles d’hygiène sont à prendre. Cela avait fait l’objet d’une saisine de l’Anses en 2006.

Un risque faible pour la santé publique

Le franchissement de la barrière d’espèces concerne aussi l’humain. Plusieurs cas humains associés au clade 2.3.4.4b ont été rapportés de par le monde, y compris en Europe, en Espagne en 2022 et au Royaume-Uni en 2021.

Selon l’Efsa, « les détections de virus A(H5) de clade 2.3.4.4b chez l'homme ainsi que le nombre croissant d’évènements de transmission à des mammifères sauvages, illustrent le risque permanent de transmission du virus de l'influenza aviaire à l'homme, y compris en Europe, et le fait que ces virus pourraient s'adapter davantage aux mammifères. » Toutefois, le risque pour la population générale est toujours considéré comme faible, et faible à moyen (avec des incertitudes) pour les personnes exposées. D’après les données des cas espagnols, il n’y a pas de réplication active du virus chez l’humain.

Le cas du chat ne change en rien le niveau de risque défini par l'Efsa, nous a indiqué la DGAL (d'après le laboratoire national de référence).

* Les 2 vagues panzootiques sont associées à une lignée virale asiatique d’IAHP A/goose/Guandong/1/1996 H5N1, qui est apparue en 1996 en Chine. Le clade 2.3.4.4 a été détecté pour la première fois en Chine en 2008.

Tanit Halfon

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