IAHP : premiers retours sur les signes cliniques

Tanit Halfon

| 14.12.2021 à 11:28:00 |
© iStock-nicexray

Chez les galliformes, la clinique est frustre, avec l’observation d’une mortalité faible à modérée pendant plusieurs jours, avant que la situation ne dégénère. Il n’y a généralement pas de signes nerveux, à la différence des palmipèdes, pour lesquels cela reste un tableau clinique assez caractéristique de la maladie.

Les premiers retours du terrain, en particulier avec le foyer d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) détecté dans le département du Nord (Warhem), ont permis de dresser un premier tableau clinique et lésionnel de la maladie, pour une infection à H5Nx de clade 2.3.4.4.b.

Des signes frustres chez les galliformes

Pour les galliformes, le premier constat est que la clinique est frustre avec une mortalité faible à modérée pendant plusieurs jours, avant une franche dégradation. Les signes neurologiques sont généralement absents. Le signe clinique le plus fréquent est une prostration des animaux, d’extension progressive au sein du lot. Les autres signes possibles sont une diarrhée, également d’extension progressive, ainsi qu’une baisse de la ponte avec une décoloration des coquilles (aggravation lente sur une semaine). Au niveau lésionnel, on peut observer extérieurement une cyanose de la crête, des barbillons et des pattes ; et des suffusions hémorragiques sous-cutanées : toutes ces lésions sont rares. A l’autopsie, de manière assez fréquente, on peut observer des lésions d’ovarite hémorragique chez la poule pondeuse, sans que cela ne soit spécifique de la maladie. Cela est associé à une hypertrophie de la rate. De manière rare, il est possible de constater une nécrose hémorragique des glandes du proventricule.

Signes nerveux chez les palmipèdes

Pour les palmipèdes, comme pour l’épizootie de 2020-2021, les signes nerveux (cou tordu, mouvements cloniques de la tête, pédalage et/ou marche en rond) semblent toujours caractéristiques de la maladie. Les oiseaux sont également prostrés. Plus rarement, on peut observer des conjonctivites et kératites. Au niveau lésionnel, ce qui domine sont les lésions de pancréatite, en particulier pour les canards mulard. A ce stade, il apparaît que les lésions de myocardite sont rares, contrairement à ce qui avait été observé en 2016-2017. Parmi les autres lésions, de manière non systématique, on peut observer une entérite hémorragique, des lésions congestives du foie et des poumons, une splénomégalie et une aérosacculite.


Déclarer rapidement

La déclaration de suspicion doit être la plus précoce possible, pour espérer contenir la propagation de la maladie. C’est particulièrement vrai pour les galliformes chez qui l’évolution de la maladie est lente. Concrètement, cela veut dire qu’il faut déclarer une suspicion même si, au moment de la visite d’élevage, la clinique est frustre, avec une faible mortalité, et des lésions peu marquées.

Tanit Halfon

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