IAHP : plusieurs départements passe en risque épizootique « élevé » - Le Point Vétérinaire.fr

IAHP : plusieurs départements passent en risque épizootique « élevé »

Tanit Halfon | 05.11.2020 à 16:26:34 |
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Ce sont 46 départements qui passent en risque « élevé ». Cette décision est motivée par la multiplication des cas et foyers en Europe de l’ouest depuis la mi-octobre.

Les autorités sanitaires renforcent la vigilance vis-à-vis du risque influenza aviaire hautement pathogène (IAHP)… Alors que la France métropolitaine était passée à un niveau de risque épizootique « modéré » via un arrêté en date du 23 octobre dernier, un nouvel arrêté daté du 4 novembre, fait passer 46 départements à un niveau de risque « élevé ». Ces départements correspondent à ceux qui sont traversés par les couloirs de migration des oiseaux sauvages.

Cette décision fait suite aux nombreux cas et foyers qui sont enregistrés depuis la mi-octobre en Europe de l’ouest. Ainsi, depuis la déclaration le 21 octobre dernier du premiers cas d’IAHP aux Pays-Bas (deux cygnes tuberculés), la détection du virus s’accélère avec 13 autres cas en faune sauvage, et un foyer en élevage de poulets de chair aux Pays-Bas, 13 cas chez des oiseaux sauvages en Allemagne, et un premier foyer en Angleterre.

Extension des mesures de prévention

Dans les départements à risque « élevé », les mesures de biosécurité renforcées  en élevage doivent désormais s’appliquer à l’ensemble du territoire départemental, et pas uniquement aux zones à risque particulier (ZRP). 

Les mesures obligatoires dans ces départements, ainsi que dans toutes les ZRP de métropole, sont les suivantes :

- claustration ou protection des élevages de volailles par un filet avec réduction des parcours extérieurs pour les animaux ;

- interdiction de rassemblement d’oiseaux (exemples : concours, foires ou expositions) ;

- interdiction de faire participer des oiseaux originaires de ces départements à des rassemblements organisés dans le reste du territoire ;

- interdiction des transports et lâchers de gibiers à plumes ;

- interdiction d’utilisation d'appelant.

Le reste du territoire étant toujours en niveau de risque épizootique « modéré », les mesures de prévention rendues obligatoires par le précédent arrêté, ne changent pas :

- surveillance clinique quotidienne dans les élevages commerciaux ;

- interdiction des compétitions de pigeons voyageurs au départ ou à l'arrivée d'un département cité ;

- vaccination obligatoire dans les zoos pour les oiseaux ne pouvant être confinés ou protégés sous filet.

Un virus originaire d’Europe de l’est ?

Le virus circule activement en Europe de l’est depuis cet été, en Russie et au Kazakhstan. Depuis le 28 juillet dernier, ce sont ainsi 55 foyers domestiques d’IAHP H5 (surtout H5N8 lignée 2.3.4.4b), et 7 foyers en avifaune sauvage (même sous-type) qui ont été détectés en Russie, la très grande majorité d’entre eux se situant dans une zone au sud de l’Oural, à la frontière avec le Kazakhstan. Pour ce dernier, les cas concernent également cette zone, mais il semblerait que la maladie s’étende à d’autres régions du pays. Le problème est que la zone principalement touchée correspond à un couloir de migration, « dans lequel ont été précédemment détectés des cas d’IAHP sur de l’avifaune sauvage, qui avaient ensuite été suivis par des panzooties d’IAHP allant jusqu’en Europe et Afrique/Moyen Orient (2006, 2009, 2016…) » (source plateforme ESA). Dans ce contexte, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) avait alerté au début du mois d’octobre sur ce risque et appelé à un renforcement des mesures de surveillance de la faune sauvage et de biosécurité. « Lorsque l’IAHP avait été détectée dans la même région de Russie au cours des étés 2005 et 2016, des épidémies avaient suivi dans le nord et l'est de l'Europe. Si le schéma se répète cette année, on s'attend à ce que l’IAHP arrive dans les mêmes régions d'Europe en automne ou en hiver. Une dissémination ultérieure dans les pays du sud et de l'ouest de l'Europe est également possible », indiquait-elle.

Etant donné les migrations en cours, il est possible que le virus trouvé aux Pays-Bas, un virus H5N8 de clade 2.3.4.4,  soit apparenté avec les souches circulants actuellement en Russie et au Kazakhstan, mais cela doit encore être confirmé (données absentes pour ces deux pays). Par contre, on sait déjà qu’il est apparenté à des souches virales qui ont circulé en Egypte en 2018-2019 et en Europe et Asie en 2016-2017. Il est distinct, par contre,  des virus H5N8 de même clade qui avaient été détectés en Allemagne et dans d’autres pays d’Europe de l’est, entre décembre 2019 et juin 2020.

Tanit Halfon
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