IAHP : « nous ne sommes pas à l’abri d’un emballement » - Le Point Vétérinaire.fr

IAHP : « nous ne sommes pas à l’abri d’un emballement »

Tanit Halfon

| 30.11.2022 à 16:43:00 |
© iStock-Dirk70

Une récente instruction technique, rappelle l’importance de ne pas relâcher la pression de lutte, d’autant plus que les migrations d’oiseaux ont repris.

Une nouvelle instruction technique de la Direction générale de l’alimentation, en date du 21 novembre 2022, refait le point sur l’ensemble des mesures de lutte contre l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). Une 2e instruction technique en date du 21 novembre 2022 revient sur les mesures de lutte spécifiques au département des Deux-Sèvres, et aux régions Bretagne et Pays-de-la-Loire. Ces deux instructions sont davantage détaillées, eu égard des 1ers retours du terrain, permettant de faciliter la mise en œuvre opérationnelle des mesures de lutte. Au-delà de la lutte sensu-stricto, elles permettent de tirer un premier bilan de la situation sanitaire, à la mi-novembre.

Evolution du risque influenza aviaire

Premier enseignement : la situation sanitaire rebat les cartes de ce qui était connu jusqu’à présent. « L’Anses et l’école nationale vétérinaire de Toulouse ont déjà commencé à analyser les données de ce contexte si particulier, est-il souligné. Il en ressort que nous vivons actuellement une situation inédite, bouleversant les grands principes établis jusqu’à présent :

- l’absence de trêve estivale a permis le maintien du virus dans la faune sauvage résidente (endémisation probable), devenant par conséquent une des sources de contamination des volailles domestiques, en supplément des oiseaux migrateurs ;

- le tropisme d’espèce du virus IAHP semble se modifier, n’incluant pas que les palmipèdes (bergeronnettes et moineaux contaminés) ;

- des sites stratégiques à la biosécurité satisfaisante ont été contaminés, indiquant que la diffusion par un matériel insuffisamment nettoyé et/ou décontaminé au niveau du SAS sanitaire n’est pas négligeable ».

Le grand ouest est le plus touché

Deuxième enseignement : jusqu’à présent, ce sont les régions de Pays-de-la-Loire, de Bretagne, ainsi que le département des Deux-Sèvres qui « concentrent une majorité des détections d’IAHP, de cette saison épizootique 2022-2023, à savoir 73 % des foyers en élevage de volailles domestiques au 15 novembre ». De plus, ce sont ces zones qui sont « fortement touchées par la mortalité secondaire à l’IAHP dans l’avifaune sauvage, surtout observée sur les département littoraux ». Comme il est rappelé dans l’instruction technique, ces zones sont « un bassin de production majeur en France, étant les deux premières régions de production nationale de volailles et d’ovoproduits », comprenant des zones à risque de diffusion. Ces zones sont aussi caractérisées par des couloirs d’oiseaux migrateurs ».

Les migrations d’oiseaux sont en cours

La mobilisation des parties prenantes a été au rendez-vous (« l’Anses et l’ENVT saluent leur réactivité ») permettant, malgré ce contexte particulier, d’éviter toute flambée épizootique grâce à la surveillance renforcée, les abattages rapides et les dé-densification. Cela n’empêche toutefois pas une hausse régulière et continue du nombre de foyers d’IAHP en élevage, et en avifaune captive. Une situation qui reste donc « très délicate et nous ne sommes pas à l’abri d’un emballement », est-il indiqué, ayant motivé l’élévation du niveau de risque épizootique, qui est passé d’un niveau « modéré » à « élevé » au 11 novembre dernier.

Cette situation est d’autant plus tendue que les migrations d’oiseaux ont repris, a-t-il été confirmé dans l’instruction technique. « L’analyse préliminaire de la situation indique que les rapaces puis les sarcelles ont débuté leur migration depuis plus d’un mois. Mi-octobre, l’Office national de la biosécurité informe que les migrations descendantes d’anatidés battent leur plein, le pic devant être atteint vers le 23 novembre puis se prolonger encore quelques semaines jusque mi-décembre ».

Il est à noter qu’une saisine de l’Anses est en cours pour réfléchir à un assouplissement des mesures de claustration des galliformes élevés en plein-air. « Dans l’attente des résultats, la mise à l’abri des galliformes est accordée sans objectivation de l’atteinte au bien-être animal par le vétérinaire sanitaire, et sans formalisation de l’autorisation par la DD(ETS)PP. »

D’après les données du ministère de l’agriculture, au 29 novembre 2022, 82 foyers en élevage et 55 cas en avifaune captive, ont été confirmés sur le territoire métropolitain. Contre 41 foyers en élevage un mois plus tôt, au 28 octobre.

Tanit Halfon

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