IAHP : la France passe au niveau de risque « élevé » - Le Point Vétérinaire.fr

IAHP : la France passe au niveau de risque « élevé »

Tanit Halfon

| 05.11.2021 à 12:33:00 |
© iStock-PeopleImages

Cela fait suite aux multiplications de cas et foyers en Europe, avec en particulier des foyers récents dans des pays voisins, en Allemagne, en Italie, et aux Pays-Bas.

La France est désormais considérée comme à risque élevé pour l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), apprend-on d’un communiqué de presse en date du 5 novembre. Cette décision est motivée par « la progression rapide du virus de l’influenza aviaire en Europe », est-il indiqué.

Ainsi, depuis le début du mois d’août, ce sont 130 cas ou foyers qui ont été détectés en Europe, avec des foyers très récents dans des pays proches. En Allemagne, trois foyers domestiques ont été confirmés, le premier ayant été détecté 22 octobre dans un élevage d’oies en engraissement dans le nord du pays. Plusieurs cas ont aussi été détectés dans l’avifaune sauvage, à H5N1, la plupart d’entre eux étant situés dans le couloir de migration nord-ouest de l’Europe (le long des mers baltique, de nord, et de la Manche, avant d’aller en façade atlantique).En Italie, six foyers dans des élevages de dindes de chair ont été confirmés dans la province de Vérone, depuis le 18 octobre, tous à H5N1. Aucun lien épidémiologique n’a été trouvé entre ces foyers, qui ont été donc déclarés chacun comme foyer primaire. Aux Pays-Bas, deux foyers domestiques ont été confirmés dans des élevages de volailles de type H5N1, amenant les autorités sanitaires à imposer un confinement de tous les élevages du pays.

En France, au 31 octobre, 17 suspicions cliniques, dans 6 élevages, 6 basse-cours, 4 en avifaune sauvage et 1 pour un élevage de faisans, ont été déclarées mais sans confirmation de la maladie. A ce stade, donc, la France n’a confirmé que 3 foyers en basse-cours dans les Ardennes et l’Aisne.

La majorité des virus détectés en Europe, que ce soit dans le compartiment volaille ou sauvage, sont de sous-type H5N1, suivi du H5N8.

Un renforcement de la gouvernance

Les mesures de risques suivantes sont applicables sur l’ensemble du territoire :

- mise à l’abri des volailles des élevages commerciaux et la claustration ou mise sous filet des basses-cours ;

- interdiction de l’organisation de rassemblements et de la participation des volailles originaires des territoires concernés ;

- conditions renforcées pour le transport, l’introduction dans le milieu naturel de gibiers à plumes et l’utilisation d'appelants ;

- interdiction des compétitions de pigeons voyageurs au départ ou à l'arrivée de la France jusqu’au 31 mars ;

- vaccination obligatoire dans les zoos pour les oiseaux ne pouvant être confinés ou protégés sous filet.

Pour rappel, les modalités de mise à l’abri ont évolué depuis la dernière épizootie. D’une part, on a défini de nouvelles zones, les zones à risque de diffusion (ZRD), en plus des zones à risque particulier (ZRP). Dans ces deux zones, dès niveau de risque modéré, une mise à l’abri est rendue obligatoire, pour tous les élevages en ZRP, et uniquement pour tous les palmipèdes âgés de moins de 42 jours pendant toute la durée d’élevage du lot, pour les ZRD. D’autre part, les conditions de mise à l’abri ont changé : on les a défini très précisément suivant le type d’élevages. Dans tous les cas, la règle est la suppression des dérogations à la claustration en période à risque sauf cas très particuliers.

Outre ces mesures de lutte, un renforcement de la gouvernance est engagé. Ainsi, est-il indiqué dans le communiqué de presse qu’au niveau national, « la nomination prochaine d’un directeur de crise influenza en charge du pilotage de la gestion de la crise en lien avec les six pôles de la cellule de crise de la Direction générale de l’alimentation (DGAL) ». De plus, « au niveau territorial, la préfète de la zone de défense Ouest, Madame Fabienne Buccio, préfète de Nouvelle Aquitaine, a été désignée comme pilote. 112 agents des services régionaux et départementaux sont d’ores et déjà mobilisés et se sont déclarés volontaires pour venir en renfort des départements qui seraient touchés ».

A ce stade, le ministère précise aussi que « les services de l’État travaillent également à définir des modalités de gestion d’une éventuelle crise en fonction de scénarios prenant en compte le nombre de foyers ou leur localisation. Des exercices de préparation sont conduits dans plusieurs départements. Enfin, le groupe de travail sur les perspectives en matière de vaccination s’est réuni la semaine dernière et un plan de travail a été partagé avec les parties prenantes ».

Tanit Halfon

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