IAHP : l’Efsa rappelle l’importance de la biosécurité - Le Point Vétérinaire.fr

IAHP : l’Efsa rappelle l’importance de la biosécurité

Tanit Halfon

| 04.10.2023 à 15:28:00 |
© iStock-HadelProductions

Dans son dernier rapport de situation sur l’influenza aviaire hautement pathogène, les experts européens soulignent que le virus continue de circuler dans l’avifaune sauvage en Europe, impliquant donc un risque toujours présent pour les élevages de volailles.

La vigilance vis-à-vis de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) doit rester de mise en ce début d’année, est-il souligné dans le dernier rapport de situation sur la maladie, et le communiqué de presse associé, de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).

En effet, entre le 24 juin et le 1er septembre 2023, ce sont près de 500 cas dans l’avifaune sauvage qui ont été rapportés dans 21 pays d’Europe, surtout au Royaume-Uni (74 cas), aux Pays-Bas (59), en France (33) et en Suède (29). A cela s’ajoute la détection d’une vingtaine de foyers domestiques dans 9 pays, dont une dizaine au Royaume-Uni. « Au cours des mois d’été de ces années, le nombre de détection du virus a été considérablement plus élevé que celui observé au cours des années épidémiologiques précédentes, ce qui indique clairement une circulation persistante du virus », est-il précisé dans le rapport.

Tous les cas se situent plus particulièrement le long des côtes européenne du nord et nord-Atlantique (oiseaux marins). A noter toutefois que des cas ont aussi été détectés sur la côte nord méditerranéenne de l’Espagne, tout comme au niveau du golfe de Venise et de la mer Adriatique en Italie, et plus à l’intérieur des terres (Allemagne, Hongrie, Pologne).

Vigilance pour les élevages de volailles, tout comme pour les mammifères

Pour les experts, cette dynamique doit inciter à la prudence dans les élevages de volailles.  « Compte tenu de la prochaine saison migratoire d'automne, les stratégies de préparation et de prévention restent des mesures prioritaires à mettre en œuvre, principalement dans les zones à forte densité de volailles afin d'éviter une propagation secondaire. La protection des volailles contre les oiseaux sauvages doit être ciblée, ont-ils indiqué. En outre, malgré la levée de l'interdiction d'hébergement dans de nombreux pays, il peut s'avérer prudent de maintenir les volailles à l'abri au cours de la période à venir dans les régions géographiques où le virus IAHP A(H5) est présent dans les populations d'oiseaux sauvages. » D’autres recommandations classiques sont listées : surveillance active de l’avifaune sauvage ; analyses génétiques ; partage des données.

En parallèle, plusieurs recommandations visent le risque d’infection des mammifères. Pour rappel, le clade 2.3.4.4b est associé à de nombreux franchissement de la barrière d’espèces, avec des cas rapportés chez des mammifères terrestres et aquatiques. Parmi les derniers épisodes marquants signalés par l’Efsa, il y a eu cet été une vingtaine d’élevages de fourrure qui ont été infectés en Finlande (visons d’Amérique, renards roux et arctiques, chiens viverrins). Ces animaux avaient un accès à l’extérieur rendant possible une contamination via les oiseaux sauvages, ce qui a est aussi suggéré par les analyses génomiques. Toutefois, « la découverte de souches virales identiques dans des fermes séparées indique aussi une possible transmission de ferme à ferme », est-il précisé dans le rapport. De fait, les experts estiment qu’il est prioritaire de renforcer la biosécurité dans les élevages à fourrure ; en cas de foyer, un abattage rapide des animaux est préconisé.

Un risque toujours faible pour la population générale

Parmi les autres recommandations, les experts appellent à un renforcement de la surveillance des mammifères, dont des chats et chiens (ce que l’Efsa avait déjà indiqué dans un précédent rapport) qui sont plus à risque d’exposition ; le lancement d’investigations (incluant des analyses génomiques) en cours de mortalité de masse ; le partage rapide de données ; et la mise en œuvre de mesures de précaution pour limiter l’exposition de carnivores domestiques dont le fait de ne pas les nourrir avec des abats et viande crue provenant d’élevages situés dans des zones où le virus circule.

Ce contexte épidémiologique ne modifie pas le niveau de risque d’infections humaines. Il reste inchangé pour les experts de l’Efsa, c’est-à-dire faible pour la population générale, et faible à modérée pour les personnes exposées au risque. Les cas humains signalés restent sporadiques. En effet, « aucune mutation clé » d’adaptation à l’espèce humaine n’a été identifiée dans les analyses génomiques des souches virales testées des mammifères. Toutefois, il y a « un sujet de préoccupation » pour les experts par rapport à une souche virale type (A)H5N6 qui avait été identifiée en avril 2023 chez des chiens d’élevage en Chine. Elle présentait une mutation clé d’adaptation à l’espèce humaine.

Tanit Halfon

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