Forte mobilisation pour le dispositif OMAA

Tanit Halfon | 13.06.2018 à 14:41:40 |
abeille
© FrederickDunn - iStock

Mis en place fin 2017, l’Observatoire des mortalités et des affaiblissements de l’Abeille mellifère (OMAA) a enregistré 189 déclarations d’évènements de santé en Bretagne et 116 dans les Pays de la Loire. Les dangers sanitaires de première catégorie et les mortalités massives aiguës ne représentent qu’une très petite minorité de cas.

Au 22 mai 2018, l’Observatoire des mortalités et des affaiblissements de l’Abeille mellifère (OMAA) tire son premier bilan.  Mis en place depuis décembre 2017, dans les régions Bretagne et Pays de la Loire pour une phase pilote, le dispositif a ainsi enregistré 189 déclarations d’évènements de santé en Bretagne et 116 dans les Pays de la Loire.

La grande majorité des déclarations correspond à la catégorie « autres troubles », à raison de 168 cas (89%) en Bretagne et 97 cas (84%) dans les Pays de la Loire.

Les autres évènements de santé correspondent à :

- des suspicions de danger sanitaire de première catégorie, à raison de 10 cas (5%) en Bretagne et 11 cas (9%) dans les Pays de la Loire ;

- des mortalités massives aiguës avec suspicion d’intoxication, à raison de 11 cas (6%) en Bretagne et 7 cas (6%) dans les Pays de la Loire. Ces cas ont tous fait l’objet d’une investigation.

Au total, sur les 305 déclarations, seules 164 visites de ruchers ont été menées, et faisaient l’objet d’un co-financement Etat-Union européenne.  Pour les autres déclarations, plusieurs raisons ont expliqué l’absence de visites : appels trop tardifs, refus d’investigation de la part de l’apiculteur, causes évidentes des troubles signalés.

Les déclarations apparaissent beaucoup plus fréquentes au printemps, avec une très large majorité en avril. Pour ce mois, plus de 100 déclarations ont été enregistrées en Bretagne. Pour les Pays de la Loire, les mois de mars et d’avril regroupaient près de 80 déclarations (environ 40 en mars, et 40 en avril). Pour autant, cette information est à interpréter avec précaution, la date de déclaration étant parfois décalée par rapport à la date de survenue de l’événement de santé, notamment pour les troubles hivernaux fréquemment constatés au moment de la première visite du printemps.

Ce bilan reflète une participation massive des apiculteurs, notamment au regard des données issues du dispositif national officiel de surveillance de la santé des abeilles. Quand OMAA totalise 3O5 déclarations pour la moitié de la saison apicole, le dispositif national officiel n’enregistre que 195 déclarations issues de 52 départements en 2015, et 147 déclarations de 50 départements en 2016. Avec la région des Pays de la Loire qui représentait 5,5% des déclarations en 2015, et 11,5% en 2016. Pour la Bretagne, ce pourcentage montait à 8,7% en 2015, et 13% en 2016.

Pour rappel, aujourd’hui, le dispositif officiel de surveillance de la santé des abeilles se concentre uniquement sur la surveillance des mortalités massives aiguës et des maladies classées dangers sanitaires de première catégorie (DS1 : Infestation à Aethina tumida, infestation à Tropilaolpas clareae, loque américaine - Paenibacillus larvae, nosémose à Nosema apis).

En cas de suspicion de DS1, ou face à une mortalité massive aiguë, la direction départementale de la protection des populations fait intervenir un agent de l’Etat, un vétérinaire mandaté ou missionné en apiculture et pathologie apicole ou un technicien sanitaire apicole. L’objectif étant de confirmer la déclaration, puis de mener des investigations si besoin, pouvant aller jusqu’à des enquêtes phytosanitaires en cas de suspicion d’intoxication menées par les agents du SRAL (service régionale de l’alimentation).

Ce dispositif est aujourd’hui sévèrement critiqué, pouvant expliquer le faible nombre de déclarations enregistrées ces dernières années.  Ainsi, l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) signalait en mars 2017 « des dysfonctionnements graves », tels que des disparités régionales dans les déclarations et dans l’approfondissement des enquêtes, une sous-évaluation de l’impact des résidus de pesticides, ou encore une surreprésentation des causes pathologiques.

Des critiques confortées par les résultats de l’évaluation du dispositif de surveillance publiés en fin d’année 2017 par l’agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Cette dernière avait mis en lumière de nombreuses limites dans le dispositif : impossibilité de répondre aux objectifs de surveillance ;  modalités de surveillance incomplètes, notamment en ce qui concerne les dangers chimiques ; manque de réactivité des autorités sanitaires dans certains départements ; insuffisance de personnel et de moyens ; manque de formations et de compétences à l’échelon régional, etc.

Récemment, de nombreux apiculteurs ont manifesté dans toute la France pour dénoncer les pertes massives hivernales subies cette année, avec notamment l’organisation d'un "convoi funéraire » sur les routes de Bretagne.

Cette situation avait amené le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, a annoncé le 7 juin l’extension du dispositif OMAA à un plus grand nombre de régions « dans des délais rapprochés. ». 

Tanit Halfon
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