Forme-t-on suffisamment de vétérinaires ruraux ?

Frédéric Thual | 06.04.2017 à 11:44:03 |
Etudiants vétérinaires dans une étable
© Frédéric Decante

Entre des besoins mal définis par la profession et la qualité de vie revendiquée par les futurs vétérinaires, les quatre écoles nationales vétérinaires misent sur le qualitatif.

Tout en privilégiant les cas cliniques, la pratique et l’immersion en entreprise, les écoles tendent, autant que possible, à moderniser leur outil pour s’adapter aux nouveaux usages des étudiants et de la profession. « Quand je suis arrivé, au début de ma carrière, on touchait le fond, se souvient Yves Millemann, enseignant-chercheur en pathologie des animaux de production, responsable du département des productions animales et de santé publique à l’École nationale vétérinaire d’Alfort (ENVA). Nous avons reçu un soutien fort de l’école, qui a alloué des crédits pour accueillir jusqu’à 400 animaux par an, développer le suivi d’élevage, améliorer les moyens pédagogiques, recruter de jeunes collègues, etc. Ces derniers développent des projets de recherche, de super cours, des idées pédagogiques innovantes et intéressantes, comme un jeu de cartes pour les cas cliniques. Pour effectuer des diagnostics différentiels, nous disposons d’une salle de simulation et de modèles inertes permettant d’apprendre, par exemple, à effectuer des prises de sang à la jugulaire ou à poser un cathéter avant de le pratiquer sur les animaux. Nous essayons de délivrer un enseignement de qualité pour inciter les étudiants à venir chez nous… Mais lorsque l’on regarde l’évolution des motivations, les choix entre la 1re année et ensuite, ça ne “matche” pas tout à fait. » « C’est peut-être là qu’il faudrait travailler », observe l’enseignant de Maisons-Alfort, satisfait que 45 millions d’euros aient été alloués dans le cadre du contrat de plan État-région (CPER) pour le projet de réhabilitation immobilière de l’ENVA. « Ils vont commencer par la bovine. Nous allons pouvoir quitter nos deux vieilles étables qui dataient de 1900 et 1954 », se réjouit-il. Toulouse aussi s’apprête à se doter d’un nouvel hôpital de 2 400 m2. « Il est psychologiquement important de montrer que la médecine bovine se pratique dans un hôpital et il est essentiel également de montrer que la région et le ministère misent dessus », souligne Renaud Maillard, enseignant-chercheur en pathologie des ruminants à l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT). Moins de chance à Lyon, où le projet immobilier, repoussé depuis trois ans, vient une nouvelle fois d’être reporté.

Retrouvez l'intégralité de cet article en pages 44-48 de La Semaine Vétérinaire n° 1714-1715.

Frédéric Thual
1 commentaire
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veto retraité le 09-04-2017 à 21:42:05
Bonsoir chers Confrères,

Soyons réalistes la rurale pure et dure n'est plus d'actualité.Les vêlages de nuit comme de jour fériés n’attirent plus les jeunes diplômés. De plus les conjoints sont rarement ravis d'avoir des conjoints vétérinaires inaccessibles à toute heure de jour comme de la nuit.
Pour peu que l'activité soit lucrative la fiscalité est dissuasive.
Aujourd'hui le bien être prends le pas sur l'activité nécrophage de la "clientèle".
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