Fièvre Q: une nouvelle plaquette de sensibilisation des éleveurs

Clothilde Barde | 08.04.2019 à 07:55:39 |
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Une nouvelle plaquette de sensibilisation des éleveurs vis- à-vis de la fièvre Q vient d’être publiée sur la plateforme d’épidémiologie en santé animale (ESA).

Face aux foyers humains de fièvre Q régulièrement détectés en France, un groupe de travail réunissant divers acteurs de la santé animale et de la santé humaine (GDS France, INRA, SNGTV, Santé publique France, Idele, MSA, Anses, Ministère de l’agriculture et de l’alimentation) a publié récemment une plaquette informative à destination des éleveurs disponible sur la plateforme d’épidémiologie en santé animale ESA.
Des foyers humains réguliers
En effet, la maladie bactérienne (Coxiella burnetii) se transmet à l’homme par voie aérienne (respiratoire) à partir d’un environnement contaminé mais aussi au contact d’animaux infectés. Bien qu’asymptomatique dans la moitié des cas, lorsqu’elle s’exprime elle se manifeste le plus souvent chez l'homme sous la forme de fièvre et de douleurs musculaires, parfois accompagnées de signes digestifs (diarrhée, vomissements) ou respiratoires (toux) et peut même conduire à des complications graves chez les personnes fragiles (environ 200 personnes hospitalisées chaque année en France). Chez les ruminants, la maladie est de même le plus souvent asymptomatique même si elle peut provoquer des troubles de la reproduction (avortements en fin de gestation, mises bas prématurées, infertilité et naissance d’animaux chétifs). Les investigations menées en élevage (notamment via le dispositif Oscar) ont montré que les foyers humains sont le plus souvent associés à la présence de petits ruminants (ovins et caprins), à une proximité entre les populations animales et humaines et plus particulièrement en cas de mises-bas et d’avortements, en raison de la forte excrétion bactérienne au cours de cette période.
Des rappels de prévention et de gestion
C’est pourquoi, pour rappeler aux éleveurs les bonnes pratiques à suivre, une plaquette d’information a été mise a disposition en téléchargement. Elle récapitule les principales mesures de gestion qui peuvent être proposées en élevage en tenant compte de la grande résistance de la bactérie dans l’environnement et de sa forte capacité de dissémination y compris à distance des exploitations. La prévention est présentée comme une mesure essentielle indépendamment de toute suspicion de fièvre Q. Il est recommandé ainsi aux éleveurs « d’appliquer de bonnes pratiques de gestion des mises bas et de définir un protocole vaccinal avec leur vétérinaire ». De même, en cas de suspicion, les éleveurs sont incités à intervenir rapidement. Toute série d’avortements doit faire penser potentiellement à la fièvre Q et dans un tel cas il faudra que l’éleveur « appelle son vétérinaire sanitaire afin qu’il établisse un diagnostic différentiel des avortements dans l’élevage et notamment le prélèvement obligatoire (dès le 1er avortement en élevage bovin et le 3ème en 7 jours ou moins en élevage ovin et caprin) dans le cadre de la surveillance de la brucellose ». En cas de diagnostic, la vaccination des animaux est également préconisée pour limiter les avortements et diminuer l’excrétion bactérienne par les animaux dans l’environnement. De plus, la bactérie pouvant persister de longs mois dans l’environnement, il est conseillé de reconduire le protocole vaccinal chaque année. Par ailleurs, il est précisé que "l’administration d’antibiotiques n’est pas recommandée dans ce contexte car elle ne permet pas de réduire l’excrétion à l’échelle du troupeau". Enfin, une gestion appropriée des effluents, notamment du fumier (conditions de stockage à l’abri du vent, bâchage éventuel, manipulation par temps calme et humide, compostage des fumiers et enfouissement immédiat après épandage), et un isolement des femelles qui ont avorté, sont recommandés.

Clothilde Barde
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