Etats-Unis : l’envers du décor du don de sang canin

Bénédicte Iturria | 28.11.2017 à 11:01:52 |
Lévriers
© PETA

Depuis déjà quelques années existent aux Etats-Unis des banques de sang de différentes sortes qui permettent de collecter, maintenir et mettre à la disposition des vétérinaires des produits sanguins pour parer à une urgence vitale.

La Californie fait figure d’exception en légiférant sur ce type d’opérations et en exigeant des contrôles annuels des colonies de lévriers. En effet, il n’existe pas de normes fédérales dans le pays pour règlementer ce dispositif. Ce vide juridique peut potentiellement mener à des dérives. Ainsi, depuis fin septembre, l’entreprise Texane Pet Blood Bank, située au nord-ouest d'Austin dans la ville de Cherokee, est en effet dans la tourmente : l’un de ses anciens employés a fourni à l’association de protection animale PETA, des vidéos et des photos prises selon lui entre janvier et juin 2017, montrant les conditions de détentions abominables de 150 lévriers.

Le 20 septembre dernier, l’association a expressément demandé au shérif du comté de San Saba où est situé la banque de sang, de procéder à la saisie des chiens « cruellement confinés ou déraisonnablement privés de nourriture, de soins ou d'abris nécessaires ». Ce dernier s’est rendu en suivant sur les lieux avec la Texas Greyhound Association, mais n’a cependant trouvé aucune preuve d'abus ou de négligence. Le propriétaire Shane Altizer conteste la version du lanceur d’alerte. Pour lui, ces images auraient été prises avant qu’il ne rachète la société en 2015 ou ne sont que des « instantanés » qui ne reflètent en aucun cas la situation actuelle.

Des investigations sont en cours pour faire la lumière sur cette affaire qui révèle au grand jour un business non réglementé. La présidente de PETA, Ingrid Newkirk, a annoncé que son organisation « travaillera dur désormais pour faire adopter des règlements afin de garantir que tout le sang destiné aux transfusions d'urgence provienne de vrais donneurs et non de chiens misérables et emprisonnés ». Anne Hale et Jean Dodds pensent également qu’une normalisation de ces banques est nécessaire au vu d’une telle situation et qu’il faut donc instaurer une législation régionale et/ou fédérale. 

PETA en dévoilant ces images souhaite également mettre en garde les praticiens en les encourageant à s’interroger sur l’origine des produits sanguins qu’ils utilisent. Elle incite de plus les clients à demander à leur vétérinaire d’utiliser du sang provenant de collecte ambulante ou de cliniques vétérinaires.

Lire le détail dans La Semaine Vétérinaire n°1742 du 1er décembre prochain en pages 16 et 17

Bénédicte Iturria
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