Etats généraux de l’alimentation : les acteurs invités à avancer ensemble

Clarisse Burger | 20.07.2017 à 16:33:02 |
© Clarisse Burger

Le Premier ministre et le ministre de l’Agriculture ont lancé les Etats généraux de l’alimentation : la création de valeur avec une répartition équitable et une alimentation durable et accessible à tous sont les chantiers prioritaires.

Un modèle agricole en crise, une économie agroalimentaire mondialisée, avec la guerre des prix, avec des préoccupations environnementales et des aléas climatiques, des enjeux sanitaires et sociaux, des problèmes d’attractivité des métiers de l’agriculture…, « Le bonheur n’est pas toujours dans le pré. Au delà des clichés, l’attachement des Français aux territoires est réel. La France est une puissance économique, culturelle mais aussi agricole. Cette puissance est au fond un des éléments de notre souveraineté. Certains acteurs du monde agricole ont vécu des conséquences dramatiques, d’autres s’en sortent bien. Les enjeux sont économique, climatique et  numérique. La révolution digitale gagne le monde de la distribution, les exploitations, le renouvellement  des générations… » a explicité le Premier ministre, Edouard Philippe, à Bercy ce jeudi, pour ouvrir les Etats généraux de l’alimentation. Pour lui, l’avenir de notre agriculture dépend de notre capacité à susciter des vocations, avec notamment des financements accessibles. 
Il a énoncé les chantiers à mettre en œuvre, dont deux principaux : la création et la répartition équitable de la valeur, afin de mieux répondre aux besoins des consommateurs et de développer les initiatives locales ; il aura aussi l’objectif d’offrir une alimentation plus saine, plus durable et accessible à tous. L’objectif est d’assurer une sécurité alimentaire, de prévenir contre la contamination chimique, de faire de la prévention en matière de santé publique et de lutter contre le gaspillage alimentaire. Le pays a des atouts selon le premier ministre, mais des efforts restent à faire : face à la mondialisation, il faut s’organiser, nous ne manquons pas de structures dans notre pays, mais notre efficacité collective laisse à désirer. Aussi la prévention des droits acquis, l’avancée sociale et la fiscalité et les changements qui viendront dans les années à venir sont aussi pour le monde de l’agriculture. Point d’Emmanuel Macron, à ce rendez-vous, comme annoncé au préalable, il viendra clôturer ces Etats généraux en octobre prochain.

Institutions, associations, fédérations, syndicats, ONG, distributeurs, industriels… et autres acteurs du monde agricole, agro-alimentaire et vétérinaire étaient présents au rendez-vous.  Tels l’Anses, France Agrimer, l’INRA, des directions d’écoles vétérinaires, la FNSEA. Comment faire évoluer le modèle du monde agricole dans notre pays  ? Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert,  a tenu à leur rappeler que les filières de ce secteur pesaient 11 % du produit national brut (PIB). Mais il pointe aussi les défaillances, la France passant du 3e au 5e rang mondial en termes d’exportations, et la production agricole française baisse en valeur (70 milliards d’euros en 2014). S’y ajoutent la volatilité des prix, le manque d’accès aux outils de production, la question d’une organisation défaillante des filières, et celle du dialogue entre les maillons de la production et de la distribution. « Il faut aussi réduire la vulnérabilité des filières. L’enjeu social est au coeur de nos préoccupations. Comment rendre aussi les métiers des filières plus attractifs ? » Des questions sensibles qui montrent l’urgence de rénover un modèle actuel qui ne fonctionne plus : pour le ministre  de l’agriculture, il faut trouver les voies d’avenir de l’agriculture, de l’agroalimentaire, « pour faire vivre tous les modèles agricoles à l’image des territoires français avec une mosaïque de productions et d’opportunités. Sans production pas de marché, sans marché, pas d’emploi, sans agriculture pas de vitalité dans les territoires ruraux ». Il ainsi appelé tous les acteurs du monde agricole à réconcilier agriculture et environnement, par conséquent à s’entendre et à partager les diagnostics comme les points de vues, pour relancer la création de valeur et renforcer les métiers liés à l’agriculture et l’agroalimentaire. 

Clarisse Burger
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