Publi-communiqué

Écornage respectueux du bien-être animal, c’est possible en adoptant les bonnes pratiques

19.02.2021 à 09:41:56 |
© Boehringer Ingelheim

Entretien avec le professeur Raphaël Guatteo (Oniris), qui a collaboré à la conception du module Doog de micro-learning.

  • Pourquoi la prise en charge de la douleur en élevage est-elle importante ?

Traiter la douleur des animaux est avant tout une question d’éthique, les soulager préserve leur bien-être et leur confort et si on détecte de la douleur et qu’on est en mesure de la soulager nous devons le faire. Les conséquences médicales de la douleur sont également bien documentées : retard de cicatrisation en postopératoire, altération de l’immunité (en particulier lors de douleur chronique), etc. Au plan zootechnique, une bonne gestion de la douleur est associée à de meilleures performances d’élevage, en lien notamment avec une reprise d’appétit et une croissance améliorée. Mais au-delà, elle améliore la relation de l’éleveur avec ses animaux, qui sont moins dociles et plus difficiles à approcher et soigner lorsqu’ils souffrent. Traiter la douleur s’inscrit aussi dans le concept « One welfare » qui mêle le bien-être des animaux à celui des hommes et de l’environnement. Enfin, l’évolution de la réglementation, sous la pression sociétale en partie, impose des progrès, en interdisant bientôt par exemple toute mutilation sans anesthésie.

L’analgésie est-elle particulièrement cruciale lors de l’écornage des veaux ?

L’écornage est une intervention très douloureuse du fait de l’inflammation et des dégâts tissulaire, mais pas seulement. Il peut potentiellement aussi générer une douleur neuropathique, qui se traduit par exemple par une aversion durable de l’animal pour le lieu où l’intervention s’est déroulée et une sensibilité exacerbée (hyperalgésie, allodynie). L’éleveur risque donc de rencontrer des difficultés à ramener ses veaux au même endroit ultérieurement pour d’autres soins. De nombreuses études attestent l’intérêt de prévenir la douleur lors de l’écornage y compris sur l’immunité.

En pratique, quels sont les moyens actuels à disposition ?

Il s’agit de mettre en œuvre le principe des 3S : Supprimer, Substituer et Soulager. On peut éviter d’écorner en utilisant des taureaux porteurs du gène sans corne (dit gène acère) par exemple. Si on veut écorner, il est recommandé d’effectuer un écornage précoce, avant l’âge de 4 semaines avec une cautérisation thermique. L’intervention est d’autant plus rapide et facile que le cornillon est peu développé. Dans l’idéal, la cautérisation est effectuée sur un veau sous sédation, traité avec un AINS et après anesthésie du nerf cornual. Nous avons en effet la chance de disposer d’AINS indiqués dans ce cadre, qui ont démontré leur effet bénéfique sur la douleur qui suit l’intervention.

Qu’apporte le module Doog dans cette démarche ?

L’objectif est d’aider au changement de pratique et inciter vétérinaires et éleveurs à échanger sur la base d’un format nouveau et qui prend peu de temps. L’objectif est de favoriser le respect de ces bonnes pratiques associant sédation, analgésie et anesthésie. Leur mise en œuvre est parfois complexe dans les troupeaux de grande taille. Et la possibilité pour l’éleveur d’administrer lui-même de la procaïne (qui bénéficie d’une indication approuvée dans l’espèce bovine) n’est pas connue de tous. Partant de quelques généralités sur la douleur et son impact chez les bovins, le contenu de la formation proposée avec Doog déroule progressivement les modalités de détection de la douleur (savoir reconnaître les signes exprimés), les principes de sa prise en charge, en abordant le principe des 3S (supprimer, substituer, soulager), et aboutit à l’exemple concret de l’écornage.
En proposant deux modules parallèles, pour les vétérinaires et les éleveurs, nous espérons aussi valoriser le conseil vétérinaire et favoriser les échanges sur le sujet, donner l’occasion d’entamer le dialogue. Car il est étonnant parfois d’entendre de la part des praticiens que leurs éleveurs sont peu réceptifs voire réfractaires à l’idée de traiter plus systématiquement la douleur de leurs animaux, tandis que ces mêmes éleveurs confient qu’ils sont démunis mais n’en parlent pas à leur vétérinaire !

Pourquoi avoir choisi ce format chatbot ?

La grande force de ce format est son interactivité, que l’on retrouve difficilement dans un webinaire et même en formation classique. Le module se décline en 5 sessions : c’est un rendez-vous quotidien, sur une semaine. Le participant reçoit un lien chaque matin, mais il est libre de se connecter lorsqu’il le souhaite. Chaque session ne prend que 5 ou 6 minutes, le temps d’une pause-café ! L’objectif est ainsi d’accrocher le participant sur le sujet du jour, et de l’inciter à s’inscrire dans un processus d’apprentissage plus approfondi. C’est le principe du micro-learning. Un « bonus » (la lecture d’un article scientifique, le visionnage d’une vidéo…) est proposé à l’issue de chaque session. Et au final, il sera proposé d’aller encore plus loin, en organisant par exemple des réunions associant vétérinaires et éleveurs, en présentiel !

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