Echinococcose alvéolaire: de nouvelles connaissances sur le mode de propagation  - Le Point Vétérinaire.fr

Echinococcose alvéolaire: de nouvelles connaissances sur le mode de propagation 

Clothilde Barde

| 20.09.2021 à 08:00:00 |
© BirdImages

En analysant l’ADN (acide désoxyribonucléique) des vers du parasite Echinococcus multilocularis, un groupe international de scientifiques, sous la direction de l’Anses (Agence Nationale de la santé et de la protection de l'environnement), a déterminé comment les renards l'ont transporté depuis les Alpes jusqu’à l’Europe du Nord et de l’Est.

Avec une quarantaine de nouveaux cas repertoriés chaque année en France et, depuis une trentaine d’années, des cas humains et/ou des renards infectés signalés dans d’autres régions françaises, ainsi qu'aux Pays-Bas, en Estonie, en Pologne, en Serbie ou en Croatie, le parasite Echinococcus multilocularis, dont les hotes habituels sont les rongeurs et les renards, peut infester accidentellement l'homme et provoquer de graves atteintes. C'est pourquoi, une équipe de chercheurs a tenté de comprendre le mécanisme responsable de la propagation du parasite dans le cadre d'une étude dont ils viennent de publier les resultats.

De nouvelles souches asiatiques identifiées en Pologne

De précédents travaux avaient permis de démontrer que le parasite avait migré de façon progressive à partir de renards infestés provenant du foyer historique européen des Alpes vers les pays frontaliers car les profils génétiques du parasite sont communs. Toutefois, l’échinococcose alvéolaire étant également très présente en Asie, où elle est provoquée par des souches d’Echinococcus multilocularis distinctes de celles européennes, afin de savoir si l’expansion géographique du parasite sur tout le continent européen s’est faite uniquement à partir du foyer historique alpin ou également à partir du foyer asiatique, les scientifiques de différents pays européens ont collecté des échantillons de parasites. Le laboratoire français de référence sur Echinococcus spp., dont est responsable l’Anses, a ainsi étudié de petites portions d’ADN des vers prélevés pour en déterminer la souche et comme l'ont constaté les chercheurs, "les résultats de l’étude montrent que les populations du parasite observées en Belgique, au Luxembourg et aux Pays-Bas sont similaires". La présence exclusive de souches issues du foyer historique témoigne donc, selon eux, de l’expansion du parasite à partir des Alpes. Ces souches sont majoritairement communes avec celles observées au Danemark et en Suède. Ceci suggère une expansion du ver vers la Scandinavie via le Benelux puis le nord de l’Allemagne.

De futurs travaux à prévoir

De plus, parmi les 528 échantillons provenant des neuf pays de l’Europe de l’Est étudiés, tous étaient d’origine européenne, à l’exception d’un seul, prélevé dans la partie européenne de la Russie. Un scénario spatio-temporel de l’expansion a alors pu être établi : le parasite s’est répandu depuis les Alpes à travers la République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie, puis a atteint la partie sud de la Pologne, avant de se propager en direction des pays baltes et de l’Ukraine. « Vu la lenteur du phénomène, l’expansion a eu lieu il y a plusieurs dizaines d’années, estime Gérald Umhang, responsable du laboratoire national de référence sur Echinococcus spp.et on peut penser que le parasite est aussi présent dans des pays limitrophes de ceux où sa présence est avérée, même si aucun cas n’a encore été identifié. Comprendre comment le ver s’est déplacé permet donc d’anticiper la possibilité de cas d’échinococcose alvéolaire dans des endroits où la maladie n’est pas connue historiquement. » Les scientifiques espèrent maintenant pouvoir poursuivre leur étude en reproduisant leurs travaux pour l’Asie car même si la contamination humaine est accidentelle, les conséquences de la maladie sont graves, nécessitant la prise quotidienne de médicaments à vie.

Clothilde Barde

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