Détecter précocement les pestes porcines

Tanit Halfon | 29.05.2018 à 10:32:19 |
porc
© CR

Une instruction technique de la DGAL fait le point sur la surveillance évènementielle des pestes porcines sur le territoire français.

Dans le cadre la plateforme ESA-Santé animale, une récente instruction technique de la direction générale de l’alimentation explique les modalités de mise en œuvre de la surveillance évènementielle des pestes porcines en France.

L’objectif de cette surveillance est la détection précoce de la maladie en élevage. Elle se base sur des critères épidémio-cliniques, identiques pour la peste porcine classique et la peste porcine africaine.

Pour le porc domestique, les critères de suspicion clinique sont la combinaison de signes cliniques et de mortalité.

Les signes cliniques pour les porcs en croissance sont les suivants : baisse de l’appétit, apathie, hyperthermie, dyspnée, ataxie et regroupements des animaux. Pour les animaux reproducteurs, ces signes sont associés ou non à des avortements et à une mortalité élevée sous la mère. A ces signes peuvent se rajouter la présence de lésions hémorragiques externes (rougeurs des extrémités et de la partie déclive de l’abdomen, hémorragies - pétéchies - sur les oreilles et le reste du corps).

Concernant la mortalité, l’observation d’au moins 5 animaux morts par unité épidémiologique dans un effectif de moins de 100 animaux (unité « la plus pertinente en fonction de l’exploitation : bâtiment, atelier ou bande ») ou d’une mortalité d’au moins 5% de l’effectif est compatible avec les pestes porcines.

Pour les élevages de sangliers, l’observation de mortalités inhabituelles non spécifique d’une tranche d’âge, ou de signes généraux (comportement lié à l’hyperthermie-recherche de points d’eau, apathie, ataxie) sont des critères de suspicion clinique.

A noter que malgré un contexte épidémiologique pas forcément en faveur de la maladie, toute suspicion clinique en élevage doit être déclarée auprès des autorités sanitaires. De plus, si la maladie ne peut être exclue le jour de la visite, il convient quand même de la signaler immédiatement, et de ne pas lancer d’examens complémentaires au risque de retarder la détection. De plus, si besoin, le vétérinaire peut procéder à une autopsie dans l’élevage, si cet examen permet d'exclure le jour même l'hypothèse d'une peste porcine du diagnostic différentiel.

Pour rappel, actuellement, la France est indemne de peste porcine classique pour le porc domestique depuis 2002, et la faune sauvage depuis 2007. En Europe, les derniers foyers détectés remontent à 2014 dans le compartiment domestique et en 2015 dans la faune sauvage en Lettonie. Pour la peste porcine africaine, malgré sa circulation en Europe continentale depuis 2007, la France reste indemne. 

Tanit Halfon
1 commentaire
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POOPY le 03-06-2018 à 12:04:59
Bonjour ! Très intéressant cet article. Je voudrais savoir comment la France est-elle arrivée à éradiquer la peste porcine classique? Pour information la maladie est endémique ici au Cameroun.
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