Des valeurs de référence pour le poids et le taux de croissance sont établies

Marina Chaillaud | 07.06.2018 à 11:20:15 |
Groupe de chatons
© bulentozber – iStock

La pesée est incontournable pour agir précocement sur les chatons à risque de mortalité néonatale, avec aujourd’hui des données de référence disponibles.

Le centre NeoCare a consacré une soirée à la néonatalité féline, le 3 avril dernier à l’ENVT. Notre consœur Amélie Mugnier y a présenté les résultats d’une étude, comprenant 2 105 chatons de 9 races, issus de 48 chatteries françaises. D’après les données de la littérature, la mortalité pré-sevrage est estimée à 20 % chez le chat. Dans cette étude, elle n’est que de 5,2 % (ce qui pourrait indiquer un manque de représentativité de l’échantillon). Les poids de naissance enregistrés (qui, avec la croissance néonatale, sont les meilleurs outils pour identifier un chaton à risque) sont variables selon la race et le morphotype des chatons. Le bengal, long et puissant, se retrouve avec le plus faible poids de naissance : 88 g, soit 1,5 fois moins que celui du maine coon (119 g). Le ragdoll et le bengal ont les taux de croissance sur les deux premiers jours de vie les plus élevés, respectivement 19 % et 15 %, tandis que le norvégien a le plus bas (4 %). Pour la mortalité néonatale précoce (0 à 21 j), les deux principaux facteurs de risque sont un poids de naissance faible et une forte  hétérogénéité de la portée, avec un effet additif : un chaton de petit poids dans une portée hétérogène sera d’autant plus à risque. Pour la mortalité néonatale tardive (21 j à 60 j), c’est le taux de croissance entre 0 et 2 jours qui importe le plus, avec également un effet additif entre un poids de naissance faible et un faible taux de croissance. 

Des valeurs de poids seuil en fonction des races
Des seuils d’alerte ont pu être établis chez 6 races, même s’ils restent perfectibles d’un point de vue statistique. Le poids de naissance en-dessous duquel le risque de mortalité est augmenté est de 78 g pour un bengal, de 85 g pour un sacré de birmanie ou un siamois, de 89 g pour un ragdoll, de 98 g pour un chartreux, de 102 g pour un norvégien et de 109 g pour un maine coon. Le taux de croissance (entre 0 et 2 j) minimum moyen est de 17,8 %, et varie selon la race : 11% chez le norvégien, 17% chez le chartreux, 20% chez le maine coon, 23% chez le ragdoll et 26 % chez le bengal. En dessous de ces valeurs seuils de poids de naissance et de taux croissance entre 0 et 2 j,  les chatons sont considérés comme à risque et doivent être pris en charge : il faut stimuler la prise colostrale, les complémenter en biberonnant, vérifier la température, l’humidité, la ventilation du nid. Suivre le poids en continu est recommandé jusqu’au sevrage. L’intérêt de la supplémentation précoce est d’augmenter significativement le taux de croissance, donc de diminuer le taux de mortalité. Une étude est en cours sur la composition en protéines et acides gras du lait de chatte et l’utilisation du lait en poudre comme complément*.  

Retrouvez l'intégralité de cet article en page 25 de La Semaine Vétérinaire n° 1767.

* Tout propriétaire de chatte allaitante peut envoyer des échantillons à NeoCare (repro@envt.fr).

 

 

Marina Chaillaud
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