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Des pistes de solutions pour l’exercice rural

Tanit Halfon | 19.02.2020 à 15:21:08 |
vétérinaire rural
© iStock-Jan-Otto

Un récent rapport du CGAAER propose de lancer un plan d’action national pour lutter contre le développement des déserts vétérinaires. Plusieurs solutions sont listées dont un certain nombre d’appuis financiers.

Rendu public en février, un rapport daté de décembre 2019 du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) s’est penché sur l’installation et le maintien de l’exercice vétérinaire dans les territoires ruraux.

« Il est urgent d’agir, sauf à se retrouver dans une situation critique, totalement irréversible », alertent les auteurs du rapport, qui soulignent aussi « l’échec manifeste » de la feuille de route "réseau de vétérinaires dans les territoires ruraux en productions animales."  Dans ce contexte, ils listent 10 objectifs principaux et 27 actions qu’il présentent comme « une boîte à outils » dans laquelle les protagonistes pourraient piocher en fonction des contextes locaux, de la typologie des élevages et des structures vétérinaires en place.

Parmi les solutions, la mise en place d’aides financières pour garantir des revenus suffisants est notamment proposée. Par exemple, les auteurs proposent d’assurer les deux premières années suivant l’installation un revenu minimal pour les praticiens situés en zones critiques en matière d’accès aux soins vétérinaires, ou encore d’apporter un appui au conjoint pour trouver une activité professionnelle et/ou sociale.

Le plan ne concerne pas que les vétérinaires, les auteurs mettant en avant l'importance d'aider aussi à l’installation des éleveurs et au renforcement de la rentabilité économique de leurs exploitations. Néanmoins, ils précisent que les mesures pour y parvenir doivent aussi venir des organisations professionnelles agricoles. En attendant, ils proposent de donner aux OPA « mandat et moyens » de conduire d’une part une enquête nationale pour identifier les territoires où l’accès aux soins vétérinaire pose problème, mais aussi de mener une campagne d’information auprès des éleveurs pour mieux les sensibiliser à la pertinence économique du suivi vétérinaire.

A noter que les auteurs n’écartent pas le fait qu’il faudra peut-être envisager, en dernier recours, la création de postes de vétérinaires financés par les pouvoirs publics, à condition de prévoir des structures d’au moins 3 vétérinaires pour assurer la permanence et la continuité des soins.

Ce rapport ne chiffre pas le coût des mesures proposées, les auteurs ayant considéré que c’était « difficilement réalisable tant qu’une cartographie précise des zones critiques en matière d’accès aux soins vétérinaires n’aura pas été établie. » Ils rappelles néanmoins que le plan de lutte contre les déserts médicaux se chiffre à environ 100 millions d’euros hors aides, matérielles et financières, et « estiment que des résultats probants pourraient toutefois être obtenus dans le domaine vétérinaire avec un budget nettement plus modeste. » En attendant, ils en appellent au déblocage d’un fonds d’urgence.

Pour consulter le rapport, cliquez sur ce lien.

Tanit Halfon
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