Des chiens au service des patients épileptiques

Pierre Dufour | 20.06.2018 à 09:50:33 |
chien d'assistance
© Frédéric Coignot

Trois chiens ont été éduqués par Handi’chiens pour alerter les personnes épileptiques de l’imminence d’une crise et y répondre de façon adaptée.

« Depuis plusieurs années, les offres en termes d’accompagnement des personnes en situation de handicap se sont diversifiées. Certains chiens sont désormais utilisés par des professionnels de santé. Aujourd’hui, nous travaillons avec des chiens détecteurs de crise d’épilepsie », a annoncé Robert Kohler, président de l’association Handi’chiens, à l’occasion du salon Autonomic consacré à l’handicap, qui s’est déroulé à Paris du 12 au 14 juin. Trois chiens ont d’ores et déjà été formés et placés dans cette indication, grâce à un travail de recherche mené en partenariat avec le laboratoire d’éthologie animale et humaine Ethos, sous la tutelle de l’Université de Rennes 1 et le CNRS. 

Mise en sécurité et apaisement du patient

Si l’odeur ou la reconnaissance d’un comportement particulier ou de la modification légère de signes végétatifs précédant la crise sont des hypothèses pour expliquer le changement d’attitude du chien lors de l’imminence d’une crise de son  maître, rien ne permet pourtant d’expliquer précisément ce phénomène, puisque même un électro-encéphalogramme en est incapable. L’attachement et le lien presque fusionnel homme-animal semblent être des conditions nécessaires. Avant la crise, le chien prévient l’humain, qui peut se mettre en sécurité. Pendant celle-ci, il peut appuyer sur un bouton d’urgence, apporter un téléphone, aboyer pour alerter l’entourage, mais il a aussi un effet apaisant, pouvant diminuer la durée des crises. Ce même effet de réconfort est utile après la crise. Trois chiens ont déjà été placés, pour des patients sélectionnés suivant différents critères : avoir au moins une crise généralisée par mois (pour continuer le conditionnement du chien) et pouvoir gérer pleinement le chien (pour permettre le développement d’un lien suffisant). De nouvelles promotions de chiens verront le jour.  “50 000 patients épileptiques sans traitement pharmacologique pourraient avoir une vie meilleure grâce à la médiation animale”, déclare Jean-Luc Schaff, neurologue au CHU de Nancy.

Pierre Dufour
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