De nouvelles recommandations pour éviter les infections alimentaires à E. coli - Le Point Vétérinaire.fr

De nouvelles recommandations pour éviter les infections alimentaires à E. coli

Clothilde Barde

| 03.07.2023 à 13:00:00 |
© kajakiki

Dans un communiqué publié le 27 juin 2023, l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a donné ses recommandations pour améliorer la surveillance des risques de contamination dans les produits en amont de leur mise sur le marché.

"Il est important de continuer à respecter les mesures d’hygiène et les recommandations de cuisson et d’éviction de certains aliments par des populations sensibles" indiquent les experts de l'Anses dans un communiqué du  27 juin 2023. En effet, les bactéries Escherichia coli entérohémorragiques (EHEC) ou STEC (Shigatoxin-producing E. coli) sont responsables d’infections d’origine alimentaire parfois sévères, principalement chez les jeunes enfants, les personnes âgées ou immunodéprimées, par la production d'une toxine, nommée shigatoxine. Les troubles constatés sont variés, allant d’une diarrhée bénigne à des formes plus graves, comme des diarrhées hémorragiques et des atteintes rénales sévères appelées syndrome hémolytique et urémique (SHU). Les infections touchent principalement les jeunes enfants, surtout de moins de 5 ans, les personnes âgées et les personnes immunodéprimées. Chaque année, environ 140 cas de SHU infantiles sont recensés.

Respecter des règles strictes

Or, comme les EHEC se transmettent principalement par l’alimentation, les experts de l'Anses notent l'importance de respecter des règles d'hygiène. En France, les aliments les plus souvent mis en cause lors d’épidémies d’infections à EHEC sont les steaks hachés (consommés crus ou insuffisamment cuits), les fromages au lait cru, les farines. De plus, pour prévenir la présence de cette bactérie dans les aliments en France, il est rappelé que les professionnels de l’agroalimentaire doivent appliquer de bonnes pratiques d’hygiène et des mesures de surveillance lors de la production avant la mise sur le marché des produits.

Actualiser la classification des souches d'E. coli pathogènes

Dans une nouvelle expertise, l’Anses a classé les souches de la bactérie responsables des formes graves d’infection car, en France, la surveillance des EHEC dans les aliments s’appuyait jusqu'à présent sur la classification de l’Anses proposée en 2017 qui précisait les souches les plus associées à des formes graves. Dorénavant, grâce à l'analyse des données les plus récentes des cas de SHU chez l’enfant et chez l’adulte, l'Anses propose une nouvelle classification des souches en quatre groupes selon le potentiel de virulence, c’est-à-dire en fonction de leur capacité à induire des formes cliniques graves comme le SHU et la diarrhée sanglante. Cette classification permettra à la Direction générale de l’alimentation (DGAL) d’actualiser les critères de surveillance à mettre en œuvre dans les filières agro-alimentaires.

Élargir la surveillance à de nouvelles filières alimentaires

Enfin, comme l'indique le rapport "lors des investigations épidémiologiques des cas isolés d’infections, les sources de contamination ne sont que rarement identifiées". Or, comme l’analyse des épidémies récentes en France et à l’étranger a permis d'identifier de nouvelles sources de contamination, l’Anses recommande que d’autres filières alimentaires animales ou végétales puissent faire l’objet d’une surveillance microbiologique incluant des contrôles officiels et des autocontrôles.

Clothilde Barde

Réagir à cette actualité
Cet espace a vocation à débattre et partager vos avis sur nos contenus. En réagissant à cette actualité, vous vous engagez à respecter les conditions générales d’utilisation de Le Point Vétérinaire.fr. Tout commentaire calomnieux ou injurieux sera supprimé par la rédaction.
Retrouvez toute l’actualité vétérinaire
dans notre application