Covid 19 : un rapport conjoint de l’académie de médecine et de l’académie vétérinaire

Céline Gaillard

| 05.08.2021 à 15:36:00 |
© Getty Images/iStockphoto

Un rapport, rendu conjointement parc l’Académie vétérinaire de France et par l’Académie nationale de médecine fait le point sur les origines possibles de la pandémie et sur les moyens pour prévenir le risque hypothétique d’un réservoir animal du SARS CoV-2.

Alors que l’origine animale du SARS-CoV-2 n’a toujours pas été identifiée précisément, la chauve-souris reste la principale espèce incriminée. Pour autant, le nombre d’espèces sensibles au SARS-CoV-2 a augmenté.

Les premiers cas de Covid-19 ont été identifiés à Wuhan, chez des personnes ayant fréquenté le marché de fruits de mer, où de nombreuses espèces animales étaient présentes. Plusieurs facteurs ont permis cela : l’ encouragement de l’élevage d’animaux de la faune sauvage sous licence en Chine, mais aussi l’apparition de la peste porcine africaine en Chine, poussant les consommateurs à se tourner vers d’autres viandes produites localement, notamment dans les élevages d’animaux sauvages. Le rapport de l’OMS émettait trois hypothèses  sur l’origine de la pandémie, la plus probable étant celle d’un passage par un hôte intermédiaire. Il était donc important d’approfondir le connaissances sur la sensibilité des espèces animales au SARS-CoV-2 et la possibilité de transmission. Ainsi, plusieurs cas d’infections sporadiques d’origine humaine chez les chiens et les chats ont été observés, avec une sensibilité plus forte chez les chats. Pourtant, à ce jour, il n’a pas été démontré que le chien ou le chat infecté pouvait transmettre le SARS-CoV-2 à un autre animal ou à l’homme. Le furet est également sensible à l’infection expérimentale. Les lagomorphes et rongeurs semblent également sensibles dans les conditions expérimentales. En revanche, il existe un risque de contamination élevée chez les visons, raison pour laquelle tous les élevages doivent être considérés à risque d’infection et faire l’objet d’une surveillance renforcée. Même constat pour les chiens viverrins, dont l’élevage hors de Chine est anecdotique.

Ainsi, les académies de médecine et vétérinaires recommandent plusieurs mesures pour prévenir le risque hypothétique d’un réservoir animal du SARS CoV-2 :

  • proposer un dépistage du SARS-CoV-2- chez les animaux exprimant des signes cliniques évocateurs de la Covid-19 pendant la période d’un mois suivant la maladie de leur propriétaire (confirmée Covid-19) et, en cas de positivité, effectuer un séquençage des produits d’amplification ;
  • maintenir une surveillance continue des infections à coronavirus détectées chez les animaux domestiques et dans la faune sauvage et liminaire ;
  • prévenir tout risque de transmission du SARS-CoV-2 de l’Homme aux espèces animales sensibles en informant les personnes présentant les symptômes de Covid-19 de cette possibilité (animaux de compagnie : hamsters, furets, chats, chiens…; animaux d'élevage : primates non humains, visons, animaux de laboratoire sensibles…) ;
  • sensibiliser les chasseurs, les travailleurs forestiers et toute personne exerçant une activité au contact de la faune sauvage et liminaire (centres de soins spécialisés, zoos…) aux risques zoonotiques encourus ainsi que les visiteurs des parcs animaliers.

Céline Gaillard

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