Le libre accès aux établissements de soins vétérinaires est suspendu

Clothilde Barde | 20.03.2020 à 12:41:14 |
veterinaire
© BrianAJackson

Afin de préserver la santé publique et de la santé animale, Jacques Guérin, Président du Conseil national de l'Ordre des vétérinaires, vient de rappeler, dans un communiqué publié ce jour, aux vétérinaires, qui ne l'ont pas encore fait, de suspendre le libre accès à leurs établissements de soins vétérinaires et de respecter ainsi strictement les mesures de biosécurité formulées par le Président de la République.

« La continuité et la permanence des soins doivent être assurées durant cette période d'urgence sanitaire mais dans le respect strict des règles de biosécurité à l'intérieur de l'établissement de soins, lors de déplacements à domicile ou sur les lieux d'élevage » rappelle ce jour un communiqué de l’Ordre National de vétérinaires
Respecter des règles de biosécurité strictes
Pour cela, les vétérinaires doivent gérer les flux de personnes « en n'ouvrant la porte de l'établissement de soins vétérinaires que sur demande, sur appel téléphonique préalable, et seulement pour les prises en charge indispensables des animaux malades ». Dans ce cadre, il est demandé aux vétérinaires « de ne pas déléguer leurs activités de soins durant les horaires d'ouverture en journée pour une bonne organisation de la prise en charge des animaux qui en ont besoin », hormis en cas de contamination ou de risque de contamination du vétérinaire.
Différer les actes de médecine préventive
Toutefois, seuls les actes qui ne peuvent être différés doivent être pratiqués. Ainsi, comme indiqué dans l’avis publié hier sur la vaccination des animaux de compagnie , « en période de confinement, la vaccination, de même que les actes de médecine préventive (comme les interventions de convenance), ne relèvent pas d'une situation d'urgence vitale pour l'animal. Ils doivent donc être reportés. » Comme le déplore Jacques Guérin, « il est inadmissible que certains professionnels cherchent à profiter de cette crise sanitaire à des fins personnelles, économiques, certes parfois sous la forte pression de leurs clients, en poursuivant leurs activités professionnelles comme si de rien n'était ». Ils font alors courir des risques de contamination aux autres. Les vétérinaires sont donc appelés « à prendre leurs responsabilités en tant que professionnels de santé ». La pertinence de maintenir ou non ces mesures sera réévaluée à l’issue des 15 jours de confinement, ajoute-il.
« Être solidaires de nos collègues de santé humaine ne doit pas être un vain mot »
Par ailleurs, le Président du Conseil national de l'Ordre des vétérinaires, appelle les vétérinaires « à aider les soignants, tant des hôpitaux que les libéraux, en leur donnant du matériel de protection en surplus (masques, gants, ...) et qui leur manquerait ». Ils peuvent aussi répondre à la demande du Ministère de la santé, relayée hier par l'Ordre, à propos du recensement des matériels d'anesthésie et de réanimation de leurs établissements de soins vétérinaires, ainsi qu’à l’appel concernant la réserve sanitaire qui devrait être bientôt diffusé. Enfin, une demande a été faite par l’Ordre des vétérinaires auprès du Ministre de l'agriculture pour que les vétérinaires habilités à exercer soient autorisés à recourir à la télémédecine vétérinaire sous conditions, à titre expérimental et pour un temps donné afin de réduire les déplacements humains.

Clothilde Barde
6 commentaires
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le 20-03-2020 à 13:10:30
Parfait , on avez déjà pris des mesures de biosecurité importantes et on les renforce...
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Claude Canovas, Vétérinaire le 20-03-2020 à 20:32:44
Bravo, ces directives honorent notre profession.
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Cali le 20-03-2020 à 22:23:55
C'est ce que nous avons déjà mis en place depuis mardi, on déplore que des structures voisines en profitent pour récupérer vaccins et consultations d'adoption après que les nouveaux maîtres soient aller chercher leur dogue de Bordeaux à plusieurs dizaines de km !!!!! Ces comportements confortent les maîtres qui continuent à se déplacer, et sont, à mon avis, irresponsables et inadmissibles, quel manque de professionnalisme et tout simplement de civisme!
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michele le 21-03-2020 à 10:08:27
je trouve tout a fait normal de mettre nos consultations libres "sur rdv telephonique préalable ",pour réguler un éventuel croisement de clients en salle d'attente ; je vais bien sur respecter les consignes ,mais je trouve par contre ridicule d'arrêter des primovc de chiots deja démarrées ,ou empêcher des stérilisations de chattes qui vont faire des petits partout ,on est en pleine periode de chaleurs! je ne vois pas en quoi le client qui viendrait tout seul ,deposerait la boite à chat et reprendrait sa boite le soir ,que nous aurions bien sur passée au desinfectant comme l'ensemble du mobilier de la clinique (et je ne parle pas des masques et gants que nous portons) risque plus que le type qui va au Leclerc et farfouille dans les rayons!!
arretons les coupe de griffes ,bilans annuels ,etc ,mais restons raisonnables et lucides ,et bien sur ,respectueux de l'hygiene et de la désinfection ; après tout, nous sommes formés à cela ,je crois?
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canin78 le 21-03-2020 à 14:40:05
la position du president de l'ordre va poser d'énormes problématiques juridiques .
Les directives du ministère font jusqu'à present confiance aux vétérinaires en les considérant comme prof essentielle ( ainsi que la delivrance des aliments pour animaux ) , devant donc continuer à exercer dans le respect des mesures de protection et des gestes barrières . Notre formation scientifique et l'équipement intrinsèque des cabinets ( désinfectants , gants , masques,... ) nous permet d'etre très efficaces dans ce domaine .
Le président de l'ordre nous demande de fermer nos cabinets en opposition avec les directives du ministére . Cet arret de l'activité entrainera une mise au chomage partiel du personnel qui ne sera pas indemnisé par l'état si la baisse d'activité est de notre fait . ( cf note de la directrice de cabinet du ministre ) .
J'espère que l'ordre a pesé l'importance et l'enjeu économique des innombrables recours que ne manqueront pas de formuler à son encontre les cabinets qui auront du mal à justifier le chomage partiel auprès de services de l'état .

On est du coup dans un flou total sur le maintient plus ou moins partiel de nos activités . Vous distribuez des croquettes mais vous ne pouvez plus stériliser?
Mon boulanger fait aussi partie des prof essentielles . Il devrait vendre du pain mais on continue à lui acheter des bonbons et des gateaux !


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spez animal + animalité le 22-03-2020 à 12:55:45
Après la fermeture des plages, on s'enfonce dans l'incompétence pour des professionnels de santé formés à la santé publique et à l'hygiène.
Les mesures "barrières" suffisent largement pour ce type de virus. Mais quand on voit les taux d'attaque dans le personnel médical, on peut avoir des doutes.
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