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Covid-19 et biosécurité : protéger son foyer

Tanit Halfon | 03.04.2020 à 09:32:21 |
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Des mesures de biosécurité doivent aussi s’appliquer à la maison. Parmi elles, l’aération de son domicile, et plus particulièrement lorsqu’une personne du foyer est malade, est fortement recommandée.

Pour protéger les membres de son foyer du Sars-CoV-2, plusieurs mesures de précaution sont recommandées. Si certaines s’imposent dans le cas où une personne est confirmée malade du Covid-19, leur mise en œuvre relève avant tout d’un certain bon sens, et du principe de précaution.

Respecter la biosécurité à la clinique

Afin de limiter la propagation du virus, et de se protéger ainsi que son personnel, les vétérinaires ont mis en place des mesures de biosécurité à la clinique. Suffisent-elles pour éviter de ramener du virus à la maison, et de contaminer les personnes de son foyer ? En grande partie oui, le rappelle Gilles Salvat, directeur général délégué à la recherche à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). « D’une manière générale, les personnes travaillant avec le public sont plus exposées que les autres au virus. Ce qui implique donc d’adopter un certain nombre de mesures de protection, notamment les gestes barrières, pour réduire le risque de ramener du virus chez eux. Ceci étant dit, les vétérinaires ne sont pas plus exposés que d’autres professions qui sont en contact avec le public », souligne-t-il. Si le lavage des mains est bien-entendu à refaire en arrivant à la maison, on pourrait aller plus loin. « En théorie, on peut aussi se dire qu’il faut adopter les distances de sécurité avec ses proches à son domicile…C’est particulièrement vrai si une personne de son foyer présente des facteurs de co-morbidité. Dans ce cas, soit cette personne peut s’isoler, soit c’est la personne qui travaille qui s’isole. Ce n’est pas toujours facile, notamment pour les personnes qui vivent dans des petits espaces. »

Aérer son intérieur

Ceci étant dit, d’autres mesures, plus spécifiques au foyer, doivent aussi s’appliquer. Et en premier lieu l’aération. « C’est une vraie mesure de prévention. Aérer 3 fois par jour pendant ¼ heure son logement permet un renouvellement de 5 volumes d’air », explique Gilles Salvat. Une publication a, en effet, mis en évidence que le virus était détectable dans l’air jusqu’à 3 heures après son émission, sans que l’on sache néanmoins s’il reste infectieux. Dans ce cadre, « la ventilation reste donc une précaution non superflue. » La question de l’aération a été étudiée dans un avis du Haut Conseil de la santé publique du 17 mars. Ce dernier indique notamment que dans un domicile avec un malade du Covid-19, la chambre dans lequel il est isolé doit être régulièrement aérée, au minimum 3 fois par jour avec une durée d’ouverture minimale de 15 minutes, et notamment pendant les épisodes de forte émission de gouttelettes. Pendant cette aération, la porte de la chambre doit être maintenue fermée « en assurant le plus possible son étanchéité (calfeutrage par boudin de bas de porte) vers le reste du logement. » A noter tout de même : bien que des publications suggèrent que le virus pourrait être diffusé par des aérosols comme tout micro-organisme, l’avis souligne « qu’il n’existe pas d’études prouvant une transmission interhumaine du virus par des aérosols sur de longues distances. » Il est bien rappelé que les « voies de transmission préférentielles sont les gouttelettes et le manuportage. »

Nettoyer les emballages et les surfaces

Pour les autres mesures de précaution à prendre à la maison, l’Anses a publié un communiqué à ce sujet. Plusieurs points d’attention sont notés, à commencer par les courses. En les faisant, il faut déjà ne pas se toucher le visage, puis, en rentrant à la maison, le premier réflexe sera bien-entendu de se laver les mains. Pour la suite, l’Agence conseille de laisser reposer ses courses 2 à 3 heures. Si ce n’est pas possible car les produits sont à mettre au frais, il conviendra de retirer les emballages puis de nettoyer les produits « avec un papier essuie-tout humide avant de les ranger ». Il faudra terminer cette séquence de rangement des courses pour un nouveau lavage des mains. Par ailleurs, si la voie de transmission digestive n’est pas possible pour le virus, l’Agence n’exclue pas l’inhalation de particules virales lors de la mastication d’aliment. Conclusion : elle déconseille « absolument » à une personne malade de manipuler des aliments et de cuisiner pour d’autres personnes. Enfin, en ce qui concerne un portage éventuel par les fruits et légumes, les laver à l’eau est amplement suffisant, à condition de finir par les essuyer avec un essuie-tout à usage unique  pour aider à « éliminer d’éventuelles particules virales ». D’ailleurs, l’Agence précise bien que « ces gestes sont particulièrement importants lorsque les fruits et légumes sont mangés crus. » Pour le ménage, la réponse de l’Agence est simple puisqu’elle rappelle que l’alcool à 70°C est très efficace comme l’eau de javel pour inactiver le virus, et donc la désinfection de surfaces potentiellement contaminées, en particulier les poignées de portes ! Attention également à ne pas oublier le petit matériel électronique, comme les claviers d’ordinateurs et de tablettes, ou encore les téléphones portables qui lui est, de plus, en contact direct avec les mains et le visage.

Ces recommandations s’inscrivent dans un principe élémentaire de précaution. En effet, dans le même avis du Haut conseil de la santé publique du 17 mars, il était indiqué que si la transmission des coronavirus des surfaces contaminées vers les mains n’a pas été prouvée, « elle ne peut être exclue, à partir de surfaces fraichement contaminées par les sécrétions ». Par ailleurs, « les coronavirus survivent probablement jusqu’à 3 heures sur des surfaces inertes sèches et jusqu’à 6 jours en milieu humide ». Conclusion des auteurs de l’avis : « la transmission manuportée à partir de l’environnement est possible. » 

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Attention au plastique !

Une étude récente, publiée en mars dans « The new england journal of medicine » a mis en évidence des différences de stabilité du virus suivant les surfaces. Et c’était sur le plastique et l’acier inoxydable que le virus conservait le plus longtemps sa stabilité, avec une détection de virus viable jusqu’à 72 heures post-contamination (mais avec un titre infectieux fortement réduit). Suivait le carton avec une détection jusqu’à 24 heures, et le cuivre jusqu’à 4 heures. Des résultats à modérer bien-entendu suivant les conditions de l’expérimentation (température, hygrométrie, charge virale appliquée sur les surfaces).

 

Tanit Halfon
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