Conservation de la biodiversité animale : une place à prendre pour les vétérinaires

Clothilde Barde | 22.11.2018 à 14:02:30 |
Une buse
© Raquel Pedrosa Perez – istock

« Nous sommes dans une situation alarmante d’érosion de la biodiversité aux conséquences catastrophiques ». Tel est le constat dressé par de nombreux experts et scientifiques depuis quelques années. Face à cela, la prise de conscience écocitoyenne est de plus en plus forte et des mesures politiques se mettent en place. Cependant, elles restent encore actuellement difficilement transcrites en actes. Ainsi, les vétérinaires, qui devraient pourtant être les premiers acteurs sensibilisés à cette cause, doivent encore poursuivre leurs actions. Cela passera-t-il par une meilleure information et formation ?

L’inventaire de la biodiversité, qui répertorie l’ensemble des formes de vie présentes sur Terre et des relations entre elles et leurs milieux (écosystèmes), est difficile à dresser. Cependant une chose est sûre : la Terre connaît actuellement une crise d’extinction massive (tant animale que végétale), qui peut être imputée, selon les scientifiques, au contexte culturel et socio-économique, notamment à l’expansion de l’espèce humaine (surexploitation et destruction d’habitats, pollutions ou encore introduction d’espèces concurrentes ou prédatrices, etc.). Or, la diversité du vivant rend de nombreux “services écologiques” à l’origine du bon fonctionnement de la planète et de la survie de toutes les espèces, dont l’espèce humaine. Dans un tel contexte, il semble indispensable de réagir rapidement à tous les niveaux. Le vétérinaire, qui de par sa formation est proche de la nature et de l’animal, a alors un vrai rôle à jouer.

La recherche en biodiversité : une approche pluridisciplinaire
Toutefois, pour intervenir efficacement, il reste encore de nombreuses connaissances à acquérir, car le fonctionnement des écosystèmes, leur stabilité, leur résistance aux agressions extérieures et leur capacité d’évolution face aux changements globaux restent encore trop méconnus. C’est pourquoi la recherche en biodiversité, qui s’intéresse aux nouveaux outils de protection, de restauration, de surveillance et aux scénarios d’évolutions possibles, est encouragée par les mesures gouvernementales depuis une dizaine années. Ces travaux de recherche sont complexes, car ils s’intéressent à de nombreuses disciplines, aussi bien scientifiques que sociologiques ou économiques, au sein desquelles les vétérinaires trouvent pleinement leur place. C’est le cas de notre consœur Hélène Soubelet (T 97), qui a pris la tête, depuis 2017, de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB). Cet organisme, créé en 2008 avec le soutien des ministères de l’Écologie et de la Recherche, a pour objectif de coordonner aux échelles nationale et internationale les principaux acteurs en biodiversité, de diffuser les dernières connaissances et de susciter l’innovation pour mieux comprendre et prendre en compte la biodiversité. De même, divers projets de recherche se développent dans les laboratoires en région, comme l’Urbio (biodiversité urbaine) dans les Pays de la Loire qui porte sur une approche intégrée des services écosystémiques dans les aires urbaines et qui implique notamment des chercheurs vétérinaires d’Oniris.

Retrouvez l'intégralité de cet article en pages 40-45 de La Semaine Vétérinaire n° 1786.

Clothilde Barde
1 commentaire
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Marie Moinet, Vétérinaire le 22-11-2018 à 21:56:12
Autant l'article ne dit rien de faux, autant je ne suis pas d'accord avec le titre... Ce n'est pas "une place à prendre", car elle est déjà prise... Je connais des dizaines de vétérinaires qui sont impliqués dans la protection de la biodiversité, dans la recherche, à l'IUCN ou ailleurs...
Vous présentez l'équipe d'Oniris et Hélène Soubelet comme s'ils étaient des exceptions...
Il est clair, cependant, que beaucoup (vétérinaires praticiens compris) ont une image biaisée de la profession, et définissent un vétérinaire comme un praticien, alors qu'on est bien plus que ça!
Est-ce en lien avec le système CPGE - GE, qui limite les ponts avec la recherche ?
Les chercheurs avec un profil vétérinaire sont extrêmement appréciés dans le domaine de l'épidémiologie et de l'éco-épidémiologie, et s'ils sont si peu visibles, c'est sans doute qu'ils ne mettent pas forcément en avant leur diplome de DMV, qu'ils ne sont pas inscrits à l'Ordre et travaillent souvent à l'international et évoluent donc hors radars, et surtout qu'ils sont bien moins nombreux que les biologistes issus d'un parcours universitaire...
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