Claude Faivre : « Le microbiote intestinal est un organe à lui seul »

Lorenza Richard | 20.07.2017 à 11:53:14 |
Affiche campagne microbiote
© Wamine

Le rôle bénéfique du microbiote de l’intestin est de mieux en mieux connu. Son déséquilibre conduit à des troubles digestifs, mais aussi systémiques.

Wamine met en place une campagne de sensibilisation du grand public sur l’importance de maintenir le microbiote intestinal des animaux de compagnie en bon équilibre. Entretien avec notre confrère Claude Faivre, responsable du laboratoire Wamine.

En quoi le microbiote intestinal est-il un élément fondamental au bon fonctionnement de l’organisme ? 
Claude Faivre : Le microbiote intestinal est souvent oublié par le thérapeute. Pourtant, c’est un organe à lui seul, constitué de cent milliards de bactéries animales. Il est situé à l’interface entre les aliments et l’épithélium intestinal et joue un rôle nutritionnel en participant à la digestion et à l’absorption des nutriments. Il joue également un rôle immunitaire car il constitue une barrière contre la multiplication des bactéries pathogènes et stimule la sécrétion d’IgA dans l’intestin via les récepteurs TLR (Toll-like receptor) des entérocytes. Il est enfin en contact avec le système neuroentérique et renseigne le cerveau sur l’état d’inflammation de l’intestin par l’intermédiaire des nerfs vague et sympathique et la voie sanguine, par la sécrétion d’hormones, de cytokines, etc. L’intestin peut ainsi être considéré comme un deuxième cerveau, et avoir un microbiote équilibré, c’est-à-dire en eubiose, est nécessaire pour une bonne santé. 

Quelles sont les conséquences si ce microbiote est déséquilibré ?
Lors de dysbiose, c’est-à-dire d’un déséquilibre qualitatif et/ou quantitatif du microbiote intestinal, la muqueuse digestive est davantage soumise aux phénomènes inflammatoires et les bactéries agressives se multiplient. La digestion est altérée et, si l’inflammation persiste, les jonctions serrées deviennent perméables et l’inflammation s’accroît. Apparaissent alors diarrhée, constipation, ballonnements, etc. Une inflammation importante peut devenir systémique, sous la forme d’arthralgies, d’asthénie et d’atopie (par sécrétion d’Ig E par les éosinophiles). De plus, un stress intestinal provoque une sécrétion adrénergique par le cerveau, qui entretient le phénomène inflammatoire et provoque des troubles comportementaux, et réciproquement. Ce dernier point impacte beaucoup l’animal âgé. En effet, à partir de 6 à 7 ans chez le chien, les bifidobactéries régulatrices diminuent dans le microbiote, alors que les bactéries qui libèrent des sucres rapides augmentent. Cela provoque un syndrome métabolique, une diminution des défenses immunitaires et l’apparition des troubles de l’humeur spécifiques au syndrome de déficience cognitive. La notion de microbiote est ainsi importante également en gériatrie.

Lorenza Richard
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