Chiens « renifleurs » de Covid-19 : de nouveaux résultats concluants - Le Point Vétérinaire.fr

Chiens « renifleurs » de Covid-19 : de nouveaux résultats concluants

Tanit Halfon | 26.05.2021 à 15:03:00 |
© Nosais

Dans le cadre de l’étude Salicov-APHP, l’équipe du professeur Dominique Grandjean de l’école nationale vétérinaire d’Alfort confirme une nouvelle fois l’intérêt d’utiliser les capacités olfactives du chien dans la détection de personnes malades du Covid-19.

Il est tout à fait possible de s'appuyer sur l'odorat du chien pour détecter les individus porteurs de Sras-CoV-2, a montré l’étude Salicov-APHP. L’analyse des résultats révèle ainsi une sensibilité de 97%, et une spécificité de 91% (335 personnes inclues dans l’étude, dont 109 positifs à la RT-PCR sur prélèvement naso-pharyngé).

Une méthode aussi efficace que la technique de référence

Le projet de recherche Salicov avait débuté en septembre 2020. Son objectif était d’évaluer les performances de détection salivaire du Sars-CoV-2 par rapport à la technique de référence sur prélèvement naso-pharyngé. Quelques mois après le début de l’étude, avait été associée l’équipe du professeur Dominique Grandjean de l’école nationale vétérinaire d’Alfort, avec pour objectif d’évaluer une autre alternative à la technique de référence : l’odorat du chien. Une première étude pilote avait déjà permis de fournir la preuve de concept qu’un chien entrainé est capable de détecter les effluves spécifiques des personnes infectées par le coronavirus (composés olfactifs volatils). Il s’agissait ensuite de passer à un essai en conditions de terrain, notamment pour déterminer la sensibilité et spécificité de la méthode.

C’est chose faite donc, et les résultats sont, sans surprise, une nouvelle fois très positifs. « Cela dépasse nos espérances, d’autant que dans la cohorte d’asymptomatiques (192 patients), on sort à 100% en sensibilité et à 94% en spécificité, souligne Dominique Grandjean par voie de communiqué de presse. Ces résultats sont très supérieurs à ce qui est exigé par la Haute autorité de santé pour les tests de dépistage, nos résultats sont même au niveau des tests de diagnostic. »

A noter que les chiens marquent les variants anglais, sud-africain et brésilien. Il manque les échantillons pour confirmer le marquage pour le variant indien.

Vers un soutien des autorités sanitaires ?

Ces résultats ont été obtenus à partir de compresses imbibées de sueur axillaire, et reniflées par les chiens via des cônes de détection. Comme l’explique Dominique Grandjean, un nouveau travail est en cours, pour tester les capacités olfactives du chien sur les masques portés par les individus.  Une prochaine étape serait de pouvoir tester ces capacités directement sur l’être humain. Par ailleurs, il précise aussi qu’une formation de formateurs est en cours préparation. A ce jour, ce sont déjà 10 chiens qui ont été entrainés. De plus, il faut entre 7 à 8 semaines de formation pour qu’un chien soit totalement opérationnel.

La question est maintenant de savoir si les autorités sanitaires françaises vont s’emparer de ces bons résultats. Selon un article récent du Huffington Post, le ministère de la santé aurait indiqué qu’il souhaitait « déployer des chiens renifleurs en France, dès cet été, suite aux résultats de l’étude Salicov ». Il est écrit que le cabinet d’Olivier Véran « travaille au recensement des chiens mobilisables, et qu’ils pourraient venir « en appui à la réouverture des grands évènements sportifs et culturels ainsi que dans les gares, les aéroports, les Ehpad » (…) « Nous travaillons sur la fiabilisation de la méthode dans le temps et sur la simplification du processus pour qu’il soit acceptable et efficace ».

Contacté par nos soins, Dominique Grandjean confirme travailler avec le ministère pour le déploiement des chiens. Mais dans l’immédiat, l’objectif est d’abord de procéder à des tests opérationnels pour tester la méthodologie à employer sur le terrain. Il précise aussi revoir les plans de formation des chiens, avec un objectif de simplification via le recours à des leurres de protéines de virus, pour éviter d’avoir à travailler sur compresses contaminées.

En dehors de la France, les choses sont plus avancées puisqu’il y a déjà des chiens formés, utilisés sur le terrain (aéroports, frontières, unités mobiles de dépistage) aux Emirat Arabes Unis. De plus, à la mi-mai 2021, ce sont plus de 50 pays qui ont lancé des projets avec les chiens, dont 35 en se basant sur les recommandations de l’équipe.

Au-delà du dépistage du covid-19, d’autres perspectives s’ouvrent avec le concept du chien de détection médicale, comme l’explique Dominique Grandjean. « L’Organisation mondiale de la santé est intéressée à ce que le chien devienne un outil de dépistage de maladies infectieuses au profit des pays du tiers-monde ».

Tanit Halfon
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