« Chiens mordeurs : les chiffres prouvent l’échec de la loi »

Chantal Béraud | 26.10.2017 à 13:51:05 |
Photo du livre l’évaluation comportementale
© YURI_KRAVCHENKO - iStock

Deux vétérinaires praticiens, également comportementalistes diplômés, Christian Diaz et Christine Debove, co-signent un ouvrage synthétique pour guider le lecteur à travers le dédale des lois relatives à l’évaluation comportementale des chiens dits dangereux. Avec un intéressant recul de près de dix ans d’expertise.

Pourquoi avoir rédigé ce second guide de l’évaluation comportementale ?
Notre premier ouvrage remontant à 2009, une réactualisation était nécessaire concernant les données pratiques et juridiques, tout en conservant l’esprit qui avait fait le succès de notre première édition. Où en est-on aujourd’hui ? Je dirais que la situation est paradoxale. D’un côté, on constate que le nombre de vétérinaires qui ont suivi  une formation continue pour être compétents en matière d’évaluation comportementale est satisfaisant, puisque le public peut aujourd’hui trouver un praticien de ce genre sans problème, sur n’importe quel point du territoire, y compris outre-mer. Cependant, les rapports de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) pointent en parallèle une sous-déclaration de ces évaluations comportementales : en 2014, 835 vétérinaires ont effectué 4 652 évaluations, ce qui est peu, sachant qu’il y a un potentiel réel de 20 000 à 25 000 chiens à évaluer !

Qu’en concluez-vous ?
Á mon sens, ces chiffres traduisent, dans les faits, l’échec des mesures législatives votées. Ce qui s’explique par diverses raisons. D’abord, depuis la loi du 20 juin 2008, la déclaration de morsures se fait auprès du maire par le propriétaire ou par tout professionnel en ayant connaissance. Parmi les premiers avertis se trouvent souvent les médecins, surtout ceux travaillant dans les centres d’urgence pédiatrique, puisque les chiens mordeurs sont majoritairement ceux vivant en famille. Il faudrait donc que les médecins soient davantage informés de ladite obligation de déclaration de morsures. Cette sous-déclaration peut malheureusement être aussi le fait du vétérinaire lui-même, soit parce qu’il juge cette loi inutile (voire dangereuse) soit parce qu’il a peur de perdre un client en lui imposant une procédure lourde et coûteuse. 

Retrouvez l'intégralité de cet article en page 27 de La Semaine Vétérinaire n° 1737.

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Chantal Béraud
3 commentaires
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K9_information le 26-10-2017 à 16:07:08
Le problème soulevé par C.DIAZ peut même être examiné avec plus d'acuité :
- sur les 4.652 évaluations comportementales réalisées, 1.065 relevaient des cas de morsures par ailleurs soumis à la mise sous surveillance sanitaire rage. Or, selon des données consolidées DDSV en 2007, on comptait à l'époque près de 11.000 mises sous surveillance sanitaire. il y a fort à parier que ce chiffre n'a pas évolué à la baisse. Sur ce motif d'évaluation comportementale, le compte n'y est pas d'environ 10.000 ;
- En 2013, on a compté environ 9.000 inscriptions au LOF d'american Staffordshire terrier et de rottweiler. Or l'étude ANSES recense 3.000 évaluations comportementales initiales. Là, le compte n'y est pas de 6.000 (sans parler des rottweilers non LOF et des chiens de 1ère catégorie qui - par définition - existent toujours et naissent toujours.
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K9_information le 26-10-2017 à 16:07:08
Le problème soulevé par C.DIAZ peut même être examiné avec plus d'acuité :
- sur les 4.652 évaluations comportementales réalisées, 1.065 relevaient des cas de morsures par ailleurs soumis à la mise sous surveillance sanitaire rage. Or, selon des données consolidées DDSV en 2007, on comptait à l'époque près de 11.000 mises sous surveillance sanitaire. il y a fort à parier que ce chiffre n'a pas évolué à la baisse. Sur ce motif d'évaluation comportementale, le compte n'y est pas d'environ 10.000 ;
- En 2013, on a compté environ 9.000 inscriptions au LOF d'american Staffordshire terrier et de rottweiler. Or l'étude ANSES recense 3.000 évaluations comportementales initiales. Là, le compte n'y est pas de 6.000 (sans parler des rottweilers non LOF et des chiens de 1ère catégorie qui - par définition - existent toujours et naissent toujours.
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Guillaume Collignon, Vétérinaire le 29-10-2017 à 10:49:22
Une fois de plus, nous pouvons connaître la loi, conseiller les clients relativement à son application...
Mais pour ce qui est de mettre en oeuvre l'application des lois, ce n'est plus de notre ressort, et la fuite vient de là !
Peut-être que, pour le coup, le CSO pourrait communiquer auprès de l'ordre des médecins, voire auprès de l'Association des Maires de Frances, pour leur rappeler ces obligations réglementaires ?
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