Cas de tuberculose bovine chez des renards, questionnement sur leur rôle épidémiologique 

Clothilde Barde | 28.05.2018 à 15:31:01 |
renard
© pixabay

La plateforme de surveillance des maladies animales (ESA) vient de publier les résultats d’une étude, menée en Dordogne en 2015, qui met une nouvelle fois en évidence la présence de renards infectés par la tuberculose bovine (Mycobacterium bovis). Ces nouvelles données ont conduit les autorités à se poser des questions sur le rôle joué par le renard roux dans l’épidémiologie de cette maladie.

La tuberculose bovine (TB) est une maladie zoonotique qui affecte principalement les bovins, mais aussi dans certaines zones d’Europe des espèces sauvages telles que le Sanglier, le Cerf élaphe et le Blaireau. Le Renard roux y est aussi sensible, cependant il est actuellement considéré comme un cul-de-sac épidémiologique pouvant être infecté mais ne jouant qu’un rôle mineur dans la transmission. Il ne fait donc pas partie actuellement des espèces visées par la surveillance nationale (Sylvatub).

Un nombre croissant des renards infectés 
Toutefois, au cours des dernières années, des prévalences apparentes élevées de TB chez le Renard roux ont été signalées en Espagne ou au Portugal (14 % et 26,9 % respectivement) dans des régions enzootiques où la TB circule dans un système multi-hôtes domestiques-sauvages. Et en France, depuis le début des années 2000, le nombre de cas trouvés dans les zones d'enzootie de TB est en hausse. Ainsi, en 2015, à la faveur d'une initiative ponctuelle menée en Dordogne, quatre renards, d’une commune située au cœur de la zone d’infection du nord de la Dordogne, ont été trouvés infectés par Mycobacterium bovis sur les six qui avaient été acheminés au laboratoire départemental. Aucun des renards infectés ne présentait de lésions macroscopiques de TB. En revanche, M. bovis a été détecté dans les fèces des quatre individus infectés et pour l’un d’eux dans les urines et le mucus oro-pharyngé.

Une étude épidémiologique en cours
Cette découverte, associée à la fréquence élevée de renards dans ou à proximité des bâtiments d’élevage, déjà constatée depuis 2015 en Côte d’Or, soulève la question du rôle épidémiologique éventuel de cette espèce dans certaines zones d’enzootie. C'est dans ce contexte qu'une étude de deux ans, pilotée par l’Anses et la Direction régionale de l’agriculture de l’alimentation et de la forêt de la région Nouvelle-Aquitaine, est actuellement en cours en Dordogne dans 25 communes autour de celle d’où provenaient les renards infectés en 2015. Il s'agit plus précisément de chercher, dans la zone ciblée, d’éventuels autres renards infectés et de mieux connaître la prévalence de l’infection, les caractéristiques de la pathologie dans cette espèce et les voies d'exposition et d'excrétion. Les résultats complets de cette étude sont attendus dès la fin de l’année et pourront conduire à ajuster, le cas échéant, certaines mesures de gestion.
Pour plus d’informations sur l’étude et les moyens de diagnostic de la tuberculose chez les renards, retrouvez l’article complet dans la SV du 8/06/18

Clothilde Barde
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