Élections 2022 : quelle place pour la santé animale ? - Le Point Vétérinaire.fr

Élections 2022 : quelle place pour la santé animale ?

Michaella Igoho-Moradel

| 30.06.2022 à 15:30:00 |
© Mchaella Igoho-Moradel

Lors des dernières campagnes électorales (présidentielle et législatives), la plupart des candidats ont eu des prises de position sur le bien-être animal. En revanche, la santé animale était absente des débats.

La traditionnelle conférence annuelle du Syndicat de l’industrie du médicament et réactif vétérinaires (SIMV) s’est tenue le 28 juin dernier à Paris. Les intervenants et participants étaient réunis autour d’un thème d’actualité : « Quelle politique pour la santé animale dans la nouvelle feuille de route gouvernementale ? »

Le bien-être animal est passé devant la santé animale

Après la réélection d’Emmanuel Macron à l’Élysée et quelques semaines après les résultats du second tour des législatives, le SIMV a souhaité faire le bilan des campagnes électorales et des messages portés en lien avec la santé animale. Alors quelle a été la place accordée à ce sujet lors de ces deux rendez-vous importants pour le secteur vétérinaire ? Bertrand Neveux, gérant du cabinet Net’UpWellinG, a présenté les tendances tirées d’une cartographie des positionnements des partis politiques sur la santé animale. « J’ai eu beaucoup de mal à trouver des candidats qui ont parlé de santé animale. C’est la première fois que je vois cela lors d’une campagne » a constaté Bertrand Neveux au sujet de la campagne présidentielle. Le bien-être animal est passé devant la santé animale. La quasi-totalité des candidats ont en effet pris position sur le bien-être animal, très souvent sur les réseaux sociaux et en réaction à une actualité immédiate. Comme pour d’autres thèmes, qui suscitent des débats dans l’opinion publique, ce sujet a été au cœur de batailles virtuelles menées par les candidats notamment sur Twitter. Selon Bertrand Neveux, le bien-être animal a même été utilisé par certains candidats pour « attaquer le modèle agricole actuel ». Par exemple, les épizooties successives d’influenza aviaire ont été utilisées par des candidats pour pointer du doigt le système agricole français, quitte à partager des contre-vérités, notamment sur le rôle de la faune sauvage dans la propagation des virus. « Il y a eu énormément de connexions faites avec la crise Covid-19 » poursuit Bertrand Neveux. Autre tendance de ces campagnes électorales, des ONG de protection animale ont demandé aux candidats de se positionner clairement par rapport au bien-être animal. Leurs programmes ont été décortiqués et notés. Objectif : engager les candidats à la présidentielle et aux législatives en faveur des animaux.

Des enjeux importants en santé animale

Les intervenants se sont également intéressés aux enjeux en santé animale, dont le concept Une seule santé. Gilles Salvat (ANSES), directeur de laboratoire et directeur de la santé animale et du bien-être des animaux ·à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a rappelé que 60 % des maladies infectieuses sont partagées entre humains et animaux et 70 % des maladies émergentes viennent des animaux. « Nous allons devoir vivre avec le risque de zoonoses et d’épidémies. » Alors que la crise du Covid-19 perdure, il souligne que de nombreux animaux sont des réservoirs potentiels de maladies et que le changement climatique favorise les émergences. Pour faire face aux futures épidémies et pandémies, il est nécessaire d’encourager l’innovation en santé animale. Les partenariats public privé sont aussi un atout, notamment dans la recherche publique. Jean-Luc Angot, coprésident du groupe de travail Une seule santé, chargé du suivi du PNSE41, chef du corps des ISPV et président de la section Prospective, société, international du CGAAER2, indique que les politiques publiques doivent être en mesure d’apporter des solutions concrètes. Il a présenté les atouts de l’initiative Prezode3 pour prévenir les risques d’émergences zoonotiques et des pandémies. Pour lui aussi, le sujet de la recherche est fondamental notamment dans le cadre de partenariats public privé. La gouvernance sanitaire doit permettre une surveillance et une évaluation efficace des risques. Autre thème, la notion de souveraineté alimentaire, mise sur le devant de la scène en raison de la guerre en Ukraine. Il a été souligné que la négociation de clauses miroirs à l’échelle mondiale était indispensable.

Plus d’informations sur cette rencontre dans le prochain numéro de La Semaine Vétérinaire (n°1954).

1. Plan national santé environnement.

2. Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux.

3. Pour Preventing ZOonotic Disease Emergence : Prévenir l’émergence de maladies zoonotiques.

Michaella Igoho-Moradel

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