Biodiversité, le WWF dresse encore une fois un constat alarmant - Le Point Vétérinaire.fr

Biodiversité, le WWF dresse encore une fois un constat alarmant

Clothilde Barde | 14.09.2020 à 08:05:00 |
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© alex_west

Dans son dernier rapport (Planète Vivante 2020), publié le 10 septembre 2020, l’organisation non gouvernementale WWF dénonce l’impact des activités humaines sur l’état de la nature et invite l’Europe et la France à réorienter ses politiques agricoles et commerciales.

Les populations de vertébrés (poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles) ont chuté de 68% entre 1970 et 2016. C’est sur ce nouveau constat alarmant que s’ouvre l’édition 2020 du rapport Planète Vivante, analyse scientifique réalisée tous les deux ans par le WWF, concernant la santé de notre planète et l'impact de l'activité humaine.

Une origine humaine

Or, comme le soulignent les experts, les activités humaines représentent la principale cause de destruction de la biodiversité. Ainsi, 80% de la déforestation mondiale et 70% de la perte de biodiversité terrestre sont dues à la production agricole. De plus, si les activités humaines ont un impact sur l’ensemble des écosystèmes, les chiffres sont encore plus inquiétants pour les milieux d’eau douce et les espèces (amphibiens, reptiles, poissons) qui en dépendent (84% de déclin moyen). Certaines régions du monde, comme certaines sous-régions tropicales des Amériques, dont le déclin de 94 % de l’indice Planète vivante est le plus important jamais observé, sont plus impactées par l’activité de l’Homme. 

Pas d’Hommes en bonne santé sur une planète malade

D’ailleurs, comme le précise le rapport, les pressions que les hommes exercent sur la nature, à travers leurs modes de consommation et de production, sont aussi des menaces directes pour leur santé. Elles sont ainsi en grande partie à l’origine de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 et, au-delà, il existe un risque considérable pour assurer la sécurité alimentaire mondiale. Pour mettre fin à la destruction des habitats naturels, dont le cout est conséquent (plus de 479 milliards de dollars par an), et leur permettre de se régénérer, le WWF appelle les décideurs, les entreprises, les collectivités et les citoyens à « un sursaut collectif pour la biodiversité ».

Comment inverser la courbe du déclin de la biodiversité ?

A cet égard, l’action doit se concentrer autour de trois leviers : le renforcement des efforts de conservation, la transformation de notre modèle agricole vers une production alimentaire plus durable et la lutte contre le gaspillage alimentaire ainsi que la réduction de 50% de la consommation de protéines animales. Les objectifs pour 2030 sont de renforcer et d’étendre le réseau mondial d’aires protégées en mettant les communautés locales au cœur de la protection de la biodiversité et des écosystèmes, de s’engager sur l’arrêt des extinctions d’espèces du fait de l’Homme et de réduire de moitié de l’empreinte écologique de l’humanité.

Des mesures réglementaires

A l’échelle de l'Union européenne, le WWF recommande d’élaborer et de mettre en œuvre une réglementation européenne interdisant l’importation de produits ayant contribué à la déforestation, à la destruction des écosystèmes naturels et à la violation des droits humains. De même, à l’échelle nationale, la Stratégie Nationale de Lutte contre la Déforestation devrait être réellement mise en œuvre (transition agro-écologique, mesures de la PAC).

Clothilde Barde
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