Bébés nés sans bras : une enquête lancée dans l’élevage bovin

Clothilde Barde | 28.11.2018 à 11:26:44 |
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© mmpile - iStock

Après plusieurs semaines de controverses sur les bébés souffrant de malformations congénitales, des représentants du Ministère de la Santé, de l’Anses et de Santé publique France s’expliquent et montrent qu’ils ne négligent désormais aucune piste notamment dans l’agriculture.

A quoi sont dues les récentes naissances de bébés souffrant de malformations, notamment d’agénésies des membres supérieurs, dans plusieurs régions françaises ? C’est la question à laquelle Jérôme Salomon, le Directeur général de la santé (DGS), a indiqué le 15 novembre dernier vouloir répondre. En effet, ces dernières années des foyers de naissances, en nombre anormalement élevé, d’enfants sans main, bras ou avant-bras ont été observés dans les départements dans la Loire-Atlantique, du Morbihan et de l’Ain selon l’Agence Santé publique France (SPF). Face à un tel constat l’inquiétude grandit parmi la population qui souhaite obtenir des réponses. C’est pourquoi, le directeur de la DGS s’est voulu rassurant en affirmant que « les pouvoirs publics sont totalement mobilisés pour tenter d’expliquer ce que l’on observe».

À la demande de la Ministre de la Santé, Agnès Buzyn, le travail d’investigation devrait être repris avec un «regard croisé» de la SPF mais aussi, fait nouveau, de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Un comité présidé par une personnalité scientifique indépendante et «de haut niveau» sera chargé d’explorer de nouvelles hypothèses susceptibles d’expliquer la survenue de ces malformations qui peuvent notamment être génétiques, infectieuses, médicamenteuses ou environnementales. Pour cela, les chercheurs étudieront la littérature scientifique française et internationale et la base de données épidémiologique et de surveillance en santé animale (plateforme ESA) sera également consultée. Ainsi, selon Roger Genet directeur de l’Anses, présent lors de la conférence, «Nous allons tout regarder (…) pour essayer de comprendre ce qui a pu se passer. Nous ne laissons rien au hasard. Peut-il s’agir d’une cause chimique ? De pesticides? D’un produit interdit qui aurait été utilisé ? A notre connaissance il n’y a pas de produits tératogènes pour les humains qui soient autorisés à la commercialisation sur notre territoire. »
De plus, la piste de l’alimentation des bovins doit être explorée. « Nous allons retracer l’usage des produits alimentaires pour les animaux, car dans ce domaine, en revanche, nous savons que certains produits peuvent avoir des effets tératogènes s’ils rentrent dans la chaîne alimentaire. Il existe malheureusement des produits donnés aux bovins qui peuvent avoir ces effets sur les veaux» a indiqué le directeur pour justifier ces nouvelles investigations. « Nous allons retracer l’usage des produits alimentaires pour ces bovins dans les régions où il y a eu un excès de cas d’enfants malformés. C’est une piste… mais elle doit encore être prouvée » a t-il ajouté. Et ce travail s’annonce compliqué. « Si un veau a une malformation à la naissance, il est abattu et il n’y a pas de traçabilité évidente pour comprendre ce qui s’est passé », souligne t-il.  A cela s’ajoute le temps qui a passé. Pour trouver des irrégularités dans l’alimentation animale, il faudrait retrouver des données vieilles pour certaines de plus de dix ans, remontant à 2008, date où les premières naissances suspectes ont été signalées.
Les premiers éléments de réponses sont attendus pour janvier, point d’étape avant un rapport final attendu le 30 juin.

Clothilde Barde
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