Association SPANA : une aide indispensable pour les animaux de bât - Le Point Vétérinaire.fr

Association SPANA : une aide indispensable pour les animaux de bât

Chantal Béraud | 07.01.2021 à 09:00:00 |
Hassan Alyakine
© SPANA

La crise sanitaire de la Covid-19 n’épargne malheureusement pas les populations qui vivent grâce à leurs animaux de bât ou du tourisme international… Focus sur la situation des équidés au Maroc, où œuvre le Dr vétérinaire Hassan Alyakine, de la Société Protectrice des Animaux et de la Nature (SPANA).

Affiliée à la SPANA de Grande-Bretagne, l’association SPANA Maroc veille sur la santé de nombreux ânes, mulets et chevaux appartenant à des personnes démunies ou travaillant dans le domaine touristique (dont les fameuses calèches de Marrakech ou les mulets des douars, qui sont utilisés par des guides touristiques de montagne, par exemple à Imlil, dans le Haut Atlas).
Car au Maroc comme sur une bonne partie de la planète, une plaie de bât non soignée qui s’infecte peut devenir mortelle, alors même que les traitements antibiotiques coûtent moins de dix dollars… Le Dr vétérinaire Hassan Alyakine se consacre depuis 1991 au sort des différents équidés de son pays. « En 2016, l’enquête de la Direction de la stratégie et des statistiques (MAPM) du Ministère de l’Agriculture a recensé l’existence au Maroc de 187 029 chevaux, 949 604 ânes et de 324 069 mulets, commente-t-il. Dans le milieu rural, ils servent majoritairement au transport de biens et des personnes. Ils traînent aussi des calèches ou servent de taxis dans différentes villes ».

D’indispensables soins pour leur vie
Comment l’association leur vient-elle en aide ? « Nous disposons de cinq centres, dont le plus grand se situe à Marrakech, qui sont pourvus de locaux équipés pour les consultations, les traitements et l’hospitalisation des équidés, mais aussi des chiens et des chats, explique le Dr Hassan Alyakine. Les consultations et les traitements y sont assurés par des vétérinaires du secteur privé conventionnés avec la SPANA, et assistés par des techniciens. Toutes nos activités sont entièrement gratuites et destinées aux propriétaires d’animaux démunis, ne pouvant pas payer pour de tels soins vétérinaires ». 
Quelles sont les maladies qui y sont le plus souvent soignées ? « Certains équidés souffrent de coliques, en raison d’une alimentation non équilibrée. Il y a beaucoup de boiteries, parfois dues à un travail sur des sols durs. Certains problèmes de santé résultent aussi d’un travail excessif. Et nous soignons des plaies liées à un équipement non adapté ou mal entretenu ». C’est pourquoi, du matériel de harnachement plus adéquat est régulièrement distribué par la SPANA aux souks et aux refuges, en remplacement de matériels archaïques et traumatisants, qui causent de nombreuses blessures parfois graves pouvant par exemple entraîner la mort par le tétanos.

Un travail d’éducation envers les grands et les petits
« Beaucoup de problèmes peuvent être résolus par des conseils, poursuit Hassan Alyakine. Nos préconisations sont évidemment adaptées aux moyens financiers très modestes des propriétaires. Il est par exemple possible de réparer ou de rembourrer du matériel. Par ailleurs, nous accompagnons et nous sensibilisons les propriétaires sur le terrain. Et, dans les écoles, nous essayons de sensibiliser les jeunes générations pour qu’elles adoptent à l’avenir des comportements davantage bienveillants envers tous les animaux au travail ».

La formation de vétérinaires en prime
Enfin, via une convention passée avec l’école vétérinaire Hassan II, l’association offre une formation clinique à des étudiants dans ses centres. Elle organise également différentes cessions de formation continue pour les praticiens. Et c’est aussi avec un grand enthousiasme qu’elle reçoit « de jeunes diplômés vétérinaires bénévoles*, majoritairement en provenance de Grande-Bretagne, de France et d’Australie ».
Par ailleurs, avec la pandémie de la Covid-19 en cours, dromadaires ou mulets utilisés par les guides de montagne ou autres calèches touristiques de Marrakech et de Ait Ourir sont malheureusement au chômage. « Pour leur venir en aide, nous organisons régulièrement des distributions d’aliments, informe Hassan Alyakine. Quant aux animaux abandonnés, nous essayons de les faire adopter par d’autres propriétaires ». 

* Pour aller travailler en tant que bénévole à la SPANA Maroc, envoyer une demande à spana@spana.org.ma

Photo (© : SPANA)  : Le Dr marocain Hassan Alyakine accueille avec chaleur les jeunes vétérinaires bénévoles diplômés, qui viennent principalement de Grande-Bretagne, de France et d’Australie.

Chantal Béraud
Réagir à cette actualité
Cet espace a vocation à débattre et partager vos avis sur nos contenus. En réagissant à cette actualité, vous vous engagez à respecter les conditions générales d’utilisation de Le Point Vétérinaire.fr. Tout commentaire calomnieux ou injurieux sera supprimé par la rédaction.
Retrouvez toute l’actualité vétérinaire
dans notre application