Alimentation des ruminants : vers un compromis entre qualité du lait et quantité de méthane émis - Le Point Vétérinaire.fr

Alimentation des ruminants : vers un compromis entre qualité du lait et quantité de méthane émis

Clothilde Barde | 29.04.2020 à 10:44:11 |
vache
© solidcolours

Selon les premiers résultats d’une étude publiés par une équipe de chercheurs de l’Institut National de la recherche agronomique et de l’environnement (Inrae), certaines rations alimentaires permettraient d’améliorer la qualité du lait, tout en réduisant les émissions de méthane.

Des régimes à base d’ensilage de maïs (donc riches en amidon) supplémentés en acides gras de natures différentes pourraient être une piste à envisager pour réduire les émissions de méthane tout en évitant de détériorer la qualité lipidique du lait en élevage de ruminants, selon les premières données d’une équipe de chercheurs de l’Institut National de la recherche agronomique et de l’environnement (Inrae).
A la recherche d’un compromis
En effet, actuellement, en Europe, les produits issus de l’élevage de ruminants sont fortement critiqués pour leur empreinte carbone élevée via leur forte contribution aux émissions de gaz à effet de serre et plus spécifiquement aux émissions de méthane issues de la fermentation des aliments dans le rumen. Or, l’alimentation des ruminants est un moyen de moduler leurs performances laitières, notamment la composition en acides gras du lait. De plus, les émissions de méthane dépendent de la composition de la ration (supplémentation glucidique ou lipidique, nature de ces suppléments). C’est pourquoi, les équipes de l’UMR Clermont-Auvergne-Rhône-Alpes ont cherché à déterminer si certaines stratégies alimentaires de réduction du méthane entérique appliquées aux vaches laitières peuvent permettre de préserver en même temps les performances laitières et la qualité lipidique du lait. 
Intérêt de la supplémentation
Pour cela, lors d’une première expérimentation, un régime enrichi en amidon, à base d’ensilage d’herbe, a été comparé à un régime équivalent, plus riche en fibres. Le régime enrichi en amidon a permis de diminuer les émissions de méthane (-18 % en g/j, -15 % en g/kg de Matière Sèche ingérée et -19 % en g/kg de lait) mais a provoqué une détérioration de la qualité lipidique du lait, qui s’est avéré plus riche en acides gras (AG) saturés (72,1 % vs. 67,6 % des AG totaux). Dans une seconde expérimentation, des régimes à base d’ensilage de maïs (donc riches en amidon) supplémentés en acides gras de natures différentes (C16 :0, C18 :1cis9, C18 :2n-6) ont été comparés à un régime témoin non supplémenté.  Les émissions de méthane ont été semblables avec tous les régimes. En revanche, le régime supplémenté en C18 :1cis9 a permis d’améliorer la qualité nutritionnelle du lait pour la consommation humaine en augmentant sa teneur en acide linolénique ou ALA (C18:3n-3). Toutefois, la persistance sur le long terme des effets de ces différentes stratégies alimentaires de mitigation, constatée dans ces premiers résultats, devra être confirmée. A cet égard, les effets de ces aliments seront suivis pendant les six premiers mois de lactation chez la vache laitière.

Clothilde Barde
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