Affaire fipronil : l’Efsa publie la synthèse des analyses des œufs et poulets collectés par les Etats membres - Le Point Vétérinaire.fr

Affaire fipronil : l’Efsa publie la synthèse des analyses des œufs et poulets collectés par les Etats membres

Tanit Halfon | 09.05.2018 à 16:43:00 |
oeuf
© mactrunk - iStock

Suite à l’affaire fipronil, l’Autorité européenne de sécurité des aliments a publié une synthèse des résultats d’analyses de plus 5000 échantillons d’œufs et poulets collectés par les Etats membres entre le 1er septembre et le 30 novembre 2017. Testés pour plusieurs acaricides, dont le fipronil, le rapport révèle un dépassement des limites maximales de résidus pour 742 échantillons.

A la suite de la crise « Fipronil » ayant touché une dizaine de pays européens cet été, la Commission européenne a décidé d'organiser un programme de surveillance spécifique au niveau national afin d'avoir une vision globale de l’étendue de la contamination des œufs et des produits à base de poulet pour différents acaricides. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a été chargée d'en faire la synthèse.

Ainsi, 25 Etats-membres et l’Islande ont communiqué à l’Efsa leurs résultats d’analyses, effectuées entre le 1er septembre et le 30 novembre 2017, à raison d'un total de 5 439 échantillons d’œufs et produits à base d'oeufs, de gras et de muscles de poulet. La Lituanie, Malte et la Suède n’ont pas fourni de données.

Suivant les pays, une approche différente était adoptée pour la sélection des échantillons à tester. Quand certains appliquaient une approche basée sur l’analyse de risque, en se focalisant sur les produits les plus susceptibles d’être contaminés, d’autres ont procédé à une sélection aléatoire des échantillons. Ainsi, sur les 5 439 échantillons, 2 540 provenaient d'une approche basée sur l'analyse de risque (groupe R), et 2 899 d’un tirage aléatoire (groupe A).

Au minimum, douze substances devaient être testées, à savoir le fipronil, l’amitraz, la bifenthrine, la cyperméthrine, le diazinon, l’etoxazole, le flufénoxuron, l’ivermectine, le pyridabène, le pyriproxifène, le thiamethoxam et le trichlorfon. L’Efsa ayant recommandé de contrôler la présence de 54 acaricides supplémentaires. Au final, 98% des échantillons ont été testés pour le fipronil (5 351 sur 5 439), les autres substances étant contrôlées dans moins de 50% des échantillons (40,5% pour l’amitraz, 40% pour la cyperméthrine et le diazinon, etc.), et dans moins de 20% pour les substances supplémentaires recommandées par l’Efsa.

Les Pays-Bas totalisaient près de 39% des échantillons collectés et envoyés à l'Efsa (2 110), suivi de l’Italie (12,5%), la Pologne (6,8 %), la France (6,5 %) et la Roumanie (5,2 %), les autres pays regroupant chacun moins de 5% des échantillons collectés.

Les œufs et les produits à base d’œufs correspondaient au plus grand nombre d’échantillons testés (76,7%), suivi du muscle (9,6%) et du gras de poules pondeuses (6%).

Au total, 917 échantillons (16,9%) ont montré des concentrations de résidus supérieures ou égales à la limite de quantification, à raison de 736 échantillons du groupe R et 181 du groupe A, le gras des poules pondeuses étant le produit le plus touché (67,4% des 273 échantillons analysés). Pour les 181 échantillons du groupe A, les résidus étaient uniquement quantifiables dans les œufs (7,5% soit 180 œufs positifs sur 2 233 œufs testés) et le gras (1,5% soit 1 seul positif sur 55 échantillons testés), et seuls le fipronil (présents dans 915 échantillons) et l’amitraz (2 échantillons) y ayant été détectés.

De plus, 742 échantillons (13,6%) ont montré des taux de résidus supérieurs aux limites maximales réglementaires (LMR pour limite maximale de résidus), à raison de 574 échantillons du groupe R et 168 du groupe A. Les produits concernés correspondaient aux oeufs (603 échantillons), au gras (134), au muscle (5) et à la poudre d'oeufs (2). Pour les 168 échantillons du groupe A, les résidus étaient uniquement quantifiables pour les œufs (6,9% soit 167 positifs sur 2 246 œufs testés) et le gras (1,8% soit 1 positif sur 55 échantillons testés). A l’exception d’un seul échantillon (œuf d’Italie, du groupe A, amitraz), tous les dépassements de LMR concernaient le fipronil.

Dix pays sont concernés par ces dépassements : les Pays-Bas (803 échantillons), l’Italie (47), l’Allemagne (30), la Pologne (14), la Hongrie (9), la France (5), la Grèce (4), la Slovénie et la Belgique (2) et la République Tchèque (1). Dans le groupe R, seuls huit pays sont concernés : les Pays-Bas (667 échantillons sur 1 111 testés), l’Italie (13 sur 27), l’Allemagne (29 sur 99), la Grèce (4 sur 53), la France (5 sur 68) et la Pologne (6 sur 114). Dans le groupe A, seuls cinq pays sont concernés : les Pays-Bas (136), l’Italie (34), la Pologne (8), la Belgique (2) et l’Allemagne (1). Ainsi, la stratégie d’échantillonnage apparaît comme un facteur majeur sur la quantification.

En conclusion, l’Efsa recommande d’inclure le fipronil et autres acaricides (liste non précisée dans la conclusion) dans les futurs plans de contrôle des autorités sanitaires nationales.

Pour rappel, l’affaire « Fipronil », révélée en août 2017, découle d’une fraude massive ayant touché les Pays-Bas et la Belgique. En effet, une entreprise néerlandaise y avait commercialisé pendant plusieurs mois un produit acaricide contre le pou rouge, un parasite touchant massivement les élevages de poules pondeuses, et dans lequel elle avait introduit illégalement du fipronil, une molécule interdite pour le traitement des animaux destinés à la consommation humaine. Quelques semaines plus tard, un nouvel anti-parasitaire était pointé du doigt, l’amitraze. Bien qu’interdit en filière avicole, il aurait été utilisé dans une dizaine d’élevages en France en période de vide sanitaire.

Pour consulter le rapport complet, cliquez sur ce lien.

Tanit Halfon
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