Actes vétérinaires délégués aux ASV : une plainte relance le débat…

Chantal Béraud | 07.02.2019 à 15:16:11 |
Deux ASV faisant un prélèvement sur un chien
© Buzz Productions – istock

Des photos d’une auxiliaire spécialisée vétérinaire (ASV) posant un cathéter et effectuant une intubation trachéale ont été publiées. Averti par un confrère, le président d’un conseil régional de l’Ordre des vétérinaires a porté plainte contre l’employeur. Cette affaire, en cours d’instruction, relance la question de la délégation de certains actes vétérinaires aux ASV.

Depuis l’année 2015, le SNVEL et le CNOV réfléchissent aux possibles changements à envisager concernant la délégation d’actes vétérinaires aux auxiliaires spécialisés vétérinaires (ASV), avec la participation d’associations telles que l’Afvac, l’Avef et la SNGTV. Toutefois, le mandat donné par l’assemblée des délégués au conseil d’administration du SNVEL pour travailler sur ce sujet remonte seulement au printemps 2018… « Le sujet doit être traité dans le calme. À ce jour, aucun calendrier n’a été fixé. Le prérequis est que les soins soient réalisés sous la responsabilité du vétérinaire employeur, dans le cadre d’un contrat de travail. Quant à la réflexion sur les autres conditions (réalisation, formation, validation des compétences, niveau de rémunération et liste des soins), elle ne fait que débuter. L’objectif est aussi de permettre une amélioration du service rendu au public, en redistribuant certaines tâches entre les différents membres d’une équipe soignante élargie », commente Laurent Perrin, président du SNVEL.

Une évolution qui divise encore les praticiens
Cette délégation d’actes n’est donc pas encore légalisée. D’où la plainte qui vient d’être déposée par le président d’un conseil régional de l’Ordre des vétérinaires contre un praticien, parce que des photos publiées ont montré la pose d’un cathéter et une intubation trachéale par un membre de son personnel ASV. Cependant, cette plainte semble aussi montrer que ce changement n’est toujours pas souhaité par une partie de la profession, ou tout du moins qu’une telle évolution se doit d’être clairement définie et encadrée. Sollicités par La Semaine Vétérinaire, quelques praticiens de terrain ont argumenté à cet égard, sous couvert d’anonymat : « On ne peut pas laisser à chaque praticien l’initiative de décider seul ni de ce qu’il délègue ni de comment et à qui il délègue ! L’intérêt d’une telle plainte est de montrer l’existence d’un problème. Il ne s’agit pas de bloquer l’évolution de la profession, mais d’avancer en veillant à la protéger. On a aussi l’impression que les organisations syndicales n’ont pas suffisamment recueilli le ressenti du vétérinaire “moyen”, mais s’appuient seulement sur l’avis de grosses structures ou de centres hospitaliers vétérinaires (CHV) qui, eux, pratiquent déjà cette délégation d’actes, même s’ils ne le font pas officiellement ». Certains vétérinaires, notamment ruraux, évoquent aussi la peur de se voir dépouillés d’actes qui leur sont aujourd’hui réservés. Et de prendre l’exemple de l’insémination artificielle : « Actuellement, comme les praticiens vétérinaires sont plus chers que les inséminateurs salariés de groupes d’éleveurs, notre profession a perdu toute la bataille de la gynécologie bovine. »

Retrouvez l'intégralité de cet article en pages 10-12 de La Semaine Vétérinaire n° 1795.

Chantal Béraud
7 commentaires
avatar
boubou le 08-02-2019 à 17:20:20
jolie cas de délation....., bravo au confrère délateur et au président de l'ordre. Personnellement je pose toujours mes cathéters car je trouve ça sympa à faire mais franchement si une ASV le fait bien et que surtout ça lui plait de le faire (car n'oublions pas que ce genre de tache déléguée au ASV peut réellement les aider à s'épanouir dans leur travail) mais au bout d'un moment où est le problème ? Bref il est évident que cette affaire est juste un prétexte pour un règlement de compte entre confrères, encore une fois bravo
avatar
pitchouny le 08-02-2019 à 19:09:42
Pourquoi, autorise t- on les infirmières et aides soignantes a poser des cathéters et autres appareils en médecine humaine?
Si cela vous pose vraiment un problème, changez les programmes de formations de nos ASV et intégrez ce type de module. Comme dit Boubou, bravo à ce confrère délateur et encore plus bravo à ce président.
avatar
boxx le 09-02-2019 à 11:43:39
Où est la délation quand il s'agit d'une publication dans la presse grand public ? Ouest France en l'occurence...
Je vous invite boubou et pitchouny à (re)lire la convention collective et les tâches qui peuvent être confiées aux ASV. Cathéter et intubation n'y sont pas. À ce jour leur confier des actes qui ne leur sont pas autorisés c'est, en droit, leur demander un exercice illégal de la médecine et de la chirurgie vétérinaire, et le couvrir.
Il y a un projet de délégation d'actes initié par le syndicat, sous la pression de certaines pratiques et de certains lobbies (ou pas), sur la base d'une enquête menée il y a un ou deux ans. Dont on ne sait absolument pas à quel texte de loi ce projet va aboutir, ce qui sera autorisé et ce qui ne le sera pas et surtout quand cette délégation entrera en vigueur.

Par ailleurs la comparaison avec les infirmier(e)s de médecine humaine est totalement à côté de la plaque : la durée des études n'est pas tout à fait la même pour les ASV même au niveau supérieur et les infirmier(e)s. Quant aux aides soignant(e)s elles(ils) sont autorisées à pratiquer les seuls actes de surveillance de certains soins que sur ordre d'un(e) infirmier(e), en aucun cas elles(ils) ne peuvent poser un cathéter par exemple !

avatar
pitchouny le 09-02-2019 à 14:33:59
Boxx, Avec tout le respect, les aides soignants (en milieu hospitalier) effectuent certaines taches! La délation est le fait qu'un confrère porte plainte contre un autre confrère (ne me dites pas que c'est bien ou pas bien). Vous trouvez ça bien? Qaunt au pseudo projet... S'il ne voit pas le jour, c'est parce que ça arrange certaines personnes, sinon il y a de cela belle lurette qu'on aurait vu le programme de formation de nos ASV changé. Pour info, les infirmiers (en milieu hospitalier) ont une durée de formation identique à celle de nos ASV!
avatar
boxx le 09-02-2019 à 17:42:52
Etudes infirmier(e) = 3 ans. Vous êtes sérieux pitchouny ????
avatar
pitchouny le 12-02-2019 à 15:13:18
Boxx, notre débat est stérile, y a délation et c'est pas bien. Rendez vous juste compte que ça sent fort le règlement de compte. Je vous souhaite tout le meilleur!
avatar
johnny666 le 16-02-2019 à 12:03:24
Bonjour,
Je suis assez d'accord avec boxx.
Ouvrir la porte du "le cathé , la castration chat et l'intubation vous pouvez faire" et ce sera la porte ouverte à des dérives comme l'ASV aux états Unis qui à ouvert sa petite clinique vétérinaire à son domicile et a pratiquer de nombreux soins seules ...
Après, concernant la délation, c'est pas beau, on est bien d'accord mais ici c'est pas le problème. Le problème est bien l'exercice illégale qui découlera de ces fameux actes autorisés.
Ce n'est qu'une histoire de sous tout ça, franchement embaucher un(e) ASV pour faire un acte véto bhen c'est juste pcq on a pas assez de boulot pour engager un véto qui coutera plus chère qu'une ASV.
J'ai juste assez de boulot pour un véto et demi, je suis donc entre les deux et débordé...
Donner des taches à l'ASV ca arrange bien dans un premier temps mais perso j'ai préféré engager un véto et pas une ASV, c'est pas idéal car je sais pas lui donner assez de boulot pour l'instant mais hors de question qu'un non-véto fasse des actes véto.
Laissez faire les gens qui ont fait les études pour !, des études pas facile, longue et couteuse...
Pourquoi pas la secrétaire, le comptable, ou la femme de ménage tant qu'on y est ?...
Vu la pénurie actuelle de véto, il y aura des vétos qui se feront remplacer par des ASV pendant leurs congés ?.
Réagir à cette actualité
Cet espace a vocation à débattre et partager vos avis sur nos contenus. En réagissant à cette actualité, vous vous engagez à respecter les conditions générales d’utilisation de Le Point Vétérinaire.fr. Tout commentaire calomnieux ou injurieux sera supprimé par la rédaction.
Retrouvez toute l’actualité vétérinaire
dans notre application

En poursuivant votre navigation, vous acceptez les CGU ainsi que l'utilisation des cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
En savoir plus

OK