L’hybridation des chats, une pratique à abandonner

Aurélien Léobon | 30.03.2017 à 14:39:45 |
Le bengal est un exemple de chat hybride, issu d’un croisement entre un chat domestique et un félin sauvage.
© Andreaskrappweis – iStock

L’association américaine des praticiens vétérinaires félins (AAFP) dénonce l’hybridation issue de la reproduction des chats domestiques avec des félins sauvages.

Dans cette quête toujours plus folle du sensationnel et de l’extraordinaire, l’Homme franchit encore un cap en proposant des chats « hybrides », issus du croisement entre des chats domestiques et des espèces de félins sauvages. Ces pratiques ne sont désormais plus le fruit de scientifiques fous ou d’éleveurs en quête de notoriété. En effet, cela se traduit aujourd’hui par des races de chats que désormais rencontrées sous le nom de bengal ou de savannah , dont on ignore bien souvent l'origine et les conséquences de telles hybridations. Dans un contexte de popularisation de ce procédé, l’American Association of Feline Practitionners (AAFP) sensibilise aujourd’hui les vétérinaires ainsi que les propriétaires à cette pratique contre nature*.

Une aberration écologique et physiologique
L’AAFP s’oppose ouvertement à la reproduction de chats domestiques avec des félins sauvages, que ce soit dans le cadre d’un accouplement naturel ou d’insémination artificielle. Ces hybridations apparaissent sur bien des plans comme une aberration. En effet, dans la nature, ces différents félins ne coexistent pas dans le même milieu et le chat domestique constituerait une ressource alimentaire pour ces félins sauvages. Ensuite, pour la plupart des hybridations opérées, de simples règles anatomiques ne permettraient pas ces accouplements. Par ailleurs, la reproduction de chats domestiques ayant 38 chromosomes avec des félins sauvages en ayant pour la plupart 36 conduit inévitablement à des problèmes pour la pérennisation de l’espèce.

Un risque pour la santé publique
De plus, l’AAFP déconseille la détention des premières générations d’hybrides car celles-ci conservent des comportements considérés comme indésirables tels que le marquage urinaire, des griffades et morsures imprévisibles à l’origine d’abandons prématurés. En lien avec ces comportements inopportuns pour un animal de compagnie, le manque de protocoles vaccinaux antirabiques dans ces espèces combiné à la méconnaissance de la période d’incubation de cette maladie chez bon nombre de félins sauvages impose l’euthanasie et la recherche de l’agent infectieux dans les tissus cérébraux à la suite de toute morsure. Ces hybridations posent donc un grave problème de santé publique.

Une source de trafic et d’extinction d’espèces sauvages
Enfin et surtout, ces pratiques sont à l’origine d’un commerce illégal et d’une raréfaction des espèces sauvages dans leur milieu naturel. C’est dans ce contexte qu’un certain nombre de gouvernements a légiféré sur le sujet. En Australie, en Nouvelle-Zélande, en Suède ou en Norvège notamment, il est interdit d’importer un hybride avant la cinquième génération (F5).

Retrouvez l'intégralité de cet article en page 21 de La Semaine Vétérinaire n° 1713.

 

Aurélien Léobon
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