Le vétérinaire équin assume un rôle pivot

Marine Neveux et Sophie Paul-Jeanjean | 16.01.2014 à 17:41:32 |
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Les journées de l’Association vétérinaire équine française (Avef) à Deauville, du 11 au 13 décembre 2013, ont fait le point sur de nombreux dossiers impliquant le praticien équin, du suivi sanitaire à la fin de vie des équidés, en passant par l’antibiorésistance, l’évolution de France Haras, ou encore l’exercice professionnel.

Jean-Yves Gauchot, président de l’Avef, est revenu sur les sujets chauds de l’ostéopathie, des scandales à la viande de cheval, de l’antibiothérapie, du statut de l’animal.

Marine Neveux : L’antibiorésistance est un sujet d’actualité essentiel. En février 2014, l’Avef présentera des guidelines de l’antibiothérapie à l’usage des praticiens équins. Êtes-vous confiant sur les débats à venir autour du médicament cette année, notamment les discussions parlementaires relatives à la fameuse mesure n° 20 ?
Jean-Yves Gauchot : Grâce à la mobilisation de notre profession, nous avons obtenu deux choses essentielles : l’abandon de l’idée du découplage et une collaboration à mettre en place avec le ministère de la Santé.
Jusqu’à ce jour, nous pouvions largement déplorer l’absence de reconnaissance de ce dernier. Or les vétérinaires sont des acteurs de santé publique, même s’il est vrai qu’en équine, notre rôle est moindre.
Le 21 février prochain à Roissy, l’Avef présentera, sous un format de cas cliniques pratiques avec des personnalités de renom, les résultats de la conférence de consensus formalisée qui s’est tenue à Reims en 2012. Ces recommandations sont dans la droite ligne des discussions du plan ÉcoAntibio 2017 et des pratiques d’utilisation, réglementées par décret, des antibiotiques critiques.
Dans les discussions politiques que la profession mène autour de l’article 20 du projet de loi d’avenir pour l’agriculture, ces bonnes pratiques seront validées par l’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV) et constitueront des guidelines opposables. Les habitudes commencent à évoluer dans la filière. C’est une bonne chose, tant sont nombreuses les maladies où il est possible, en première intention, de s’abstenir d’utiliser des antibiotiques. L’Avef doit jouer son rôle d’éducation sur les bonnes pratiques en termes d’antibiothérapie. Parfois, l’inexpérience fait que d’aucuns veulent le “meilleur” pour soigner un cheval, or c’est souvent un mauvais réflexe, au-delà des considérations de santé publique.
Nous pouvons être satisfaits de la première lecture à l’Assemblée nationale de l’article 20, le 10 janvier 2014, car il a été adopté sans profonde modification délétère, tant au niveau des objectifs fixés de réduction de la consommation des antibiotiques critiques qu’au plan des contraintes imposées aux libéraux. Aucun amendement de découplage n’est apparu, mais trois autres examens de ce texte restent à passer. Un nouvel article fixe des objectifs de réduction spécifiques aux C3G/C4G et aux fluoroquinolones.
Toutefois, nous déplorons l’incohérence du ministre de l’Agriculture sur la marge des antibiotiques critiques, limitée à 15 %. En effet, il a défendu, lors de diverses interventions publiques préalables à l’examen devant l’Assemblée, la nécessité d’un antibiotique vétérinaire assez cher pour en dissuader l’usage, sans se poser de question sur les effets du plafonnement des marges avant sur les molécules critiques. D’un point de vue économique, ce n’est pas important pour notre secteur, ni pour la profession libérale classique. Il s’agit davantage d’un problème moral, de cette suspicion envers la profession avec notre supposé conflit d’intérêts.
Grâce à un syndicat très professionnel préparé depuis des mois sur le fond à cette échéance, à l’unité des organismes techniques et des représentants de notre Ordre, la cohésion dont les confrères ont fait preuve, le 6 novembre 2013 dans les rues de Paris, constitue un tournant psychologique dans l’histoire de la famille vétérinaire française.

Pour plus d’informations, voir La Semaine Vétérinaire n° 1568 du 17/01/14 en pages 21 à 32.

Marine Neveux et Sophie Paul-Jeanjean
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