Débat sans vote sur le découplage

Éric Vandaële | 14.01.2014 à 16:31:54 |
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Aucun amendement ne portait sur un découplage, même partiel. Mais la discussion générale sur l’article 20 a porté sur cet épineux sujet. Le débat n’a pas été houleux, mais plutôt consensuel et en faveur du couplage.

Le ministre Stéphane Le Foll a rappelé sa priorité absolue : lutter contre l’antibiorésistance en réduisant le recours aux antibiotiques, surtout ceux dits critiques. Et il a une autre nécessité : maintenir un réseau de vétérinaires « dont nous avons absolument besoin » et pour lesquels « la vente des médicaments constitue une partie importante de leurs revenus. Nous avons donc choisi de conserver le couplage ». Néanmoins, Stéphane Le Foll compte toujours fixer, avec le ministère de la Santé, des objectifs de réduction et mettre en place des vétérinaires référents. Mais aucune de ces deux mesures n’est pour le moment inscrite dans le projet de loi.

Présent spécialement pour ce seul article, le médecin et député socialiste Gérard Bapt est un partisan connu du découplage. Pourtant, il est venu apporter son soutien à Stéphane Le Foll en faveur du couplage. Selon lui, si « la solution idéale est le découplage, elle se heurte au modèle économique des vétérinaires ». Le découplage, tel qu’il est appliqué dans les pays scandinaves, nécessiterait que l’État vienne fortement « majorer les rémunérations des vétérinaires pour leurs missions de service public ». Or cela n’est pas envisageable.

Il a en outre reconnu que le couplage a des effets positifs, en termes de disponibilité des médicaments jour et nuit, laquelle « ne serait pas aussi bien assurée par les pharmaciens ».

Enfin, Gérard Bapt a souligné que, ces dernières années, les progrès en termes de réduction des usages d’antibiotiques ont été beaucoup plus marqués chez les vétérinaires que chez les médecins (avec une légère tendance à la hausse). En résumé, même ce partisan du découplage semble avoir entendu l’ensemble des arguments des vétérinaires.

Dans l’hémicycle de palais Bourbon, pas une seule voix ne s’est élevée pour soutenir le projet du ministère de la Santé d’un découplage, même partiel.

Éric Vandaële
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