Michel Baussier exprime les attentes de l’année 2014

Marine Neveux | 09.01.2014 à 16:47:51 |
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Le président du Conseil supérieur de l’Ordre a présenté ses vœux à l’occasion de la traditionnelle réunion avec les acteurs de la profession vétérinaire, le 7 janvier 2014 à Paris.

Il avait formulé bien des vœux pour l’année 2013 et, pour certains, Michel Baussier s’est félicité de leur réalisation. Pour l’édition 2014, notre confrère n’a pas non plus été avare en souhaits, sur des sujets tous essentiels pour notre profession.

La question centrale du médicament
Alors que l’Assemblée nationale examine actuellement la loi d’avenir pour l’agriculture, son article 20 modifie le Code de la santé publique et concerne la médecine et la pharmacie vétérinaires. L’objectif essentiel annoncé est la réduction des risques d’antibiorésistance. « Les prérogatives des différents ayants droit de la distribution au détail du médicament vétérinaire devraient a priori rester inchangées. Un accroissement de la transparence (Sunshine Act) et un dispositif anti-cadeaux comme en médecine et pharmacie humaines – mesures qui, je le répète, ont toujours eu notre faveur – devraient ainsi entrer en application. Des dispositions d’encadrement accru de la prescription, notamment de celle des antibiotiques critiques, que nous avons appelées de nos vœux, devraient être applicables en 2014. Des dispositions concernant la traçabilité, permettant de suivre plus finement l’utilisation des antibiotiques dans les différentes filières, devraient contribuer à remplir les objectifs. Des moyens accrus de sensibilisation des différents acteurs, la publication et la diffusion de bonnes pratiques d’antibiothérapie agiront de façon positive, tandis que le dispositif répressif, que nous soutenons, devrait finir par faire entendre raison aux quelques rares grands ou très grands délinquants… et à la multitude des négligents et complaisants, parfois inconscients. »

Et le président de poursuivre fermement, après les phases pédagogiques des années précédentes : « En 2014, la pédagogie passera par la dissuasion, c’est-à-dire la répression. Le temps n’est plus aux états d’âme. Fini, les moratoires ! Dans cette affaire de lutte contre la résistance des bactéries, tout n’a pas été que pureté et candeur. L’antibiorésistance a eu bon dos ou a pu servir de cheval de Troie pour des actions franchement hostiles aux vétérinaires. Ceux-ci, plutôt naïfs et surpris par la violence des attaques, ont d’abord encaissé les coups et reçu comme une révélation les mettant KO celle de leur fondamental conflit d’intérêts, véritable péché originel de la profession, en réalité presque partout dans le monde. »

Mais selon Michel Baussier, « le vrai seul et grand risque de santé publique en pharmacie vétérinaire aujourd’hui est celui de l’automédication, au sens d’acquisition de médicaments sur les exploitations agricoles ou dans l’armoire à pharmacie du chien sans véritable diagnostic vétérinaire. Cette automédication équivaut, dans pratiquement tous les cas, à une surconsommation, à une “surmédication”. On est bien loin du conflit d’intérêts ! ».

Pour plus d’informations, voir La Semaine Vétérinaire n° 1567 du 10/01/14 en pages 14 et 15.

Marine Neveux
2 commentaires
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FW dubitatif le 12-01-2014 à 20:11:27
Il y a de quoi sourire à ces promesses de fermeté, quand on voit les barêmes de sanction de l'Ordre :
- pour une infraction volontaire et délibérée, un blâme;
- pour un meurtre, interdiction d'exercer avec sursis;
- pour un génocide, c'est 15 jours d'exercer ferme.
- pour écoper d'une interdiction d'exercer à vie, il faut faire sauter le système solaire !
Avec tous les appels suspensifs possibles, et des procédures rendant impossible le jugement des dissidents bien rôdés aux failles judiciaires et bien épaulés par leurs avocats...
Quant aux moyens de contrôle mis en oeuvre, ils sont à l'image des sanctions risquées : inexistants !
Je rappelle que Mestrallet, responsable de la disparition de bon nombre de vétos ruraux dans la France entière, exerce à quelques km du siège du CRO Bourgogne, qui l' a gentiment laissé faire... Malgré sa récente condamnation par le CRO Aquitaine (eh oui...) il continue son trafic au grand jour comme avant. Forcément, les autres vétos affairistes, le prenant comme exemple, ne sont pas incités à rentrer dans le rang !
Et c'est l'escalade : signatures-tampon, BSE bidons gratuits, gros contrats labos dégageant des revenus faramineux... C'est dégoûtant. Comme d'autres confrères, maintenant je jette l'éponge sur la rurale, la canine c'est moins usant et plus rentable !
Si le CSO veut vraiment éliminer nos brebis galeuses et rendre à notre profession ses lettres de noblesse et son intégrité, il faut qu'il commence par se rendre crédible en condamnant REELLEMENT et FERMEMENT les affairistes qui pourrissent la profession.
Et, bien que cela aille à l'encontre de notre esprit d'entreprise, le "prix fixé" de chaque médicament serait une bonne solution contre la concurrence déloyale et la course à la vente...
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François Mestrallet, Vétérinaire le 22-06-2016 à 10:36:25
@ FW

Je serais très intéressé d'avoir les noms et adresses des vétérinaires ruraux que j'ai fait disparaître soit-disant dans la France entière.
Et à toutes fins utiles je vous signale que les éleveurs qui étaient les auteurs principaux des faits commis n'ont été condamnés par qu'à des peines d'amendes "avec sursis" malgré 6 ans d'instruction menée avec la plus grande sévérité par la Brigade Vétérinaire d'Intervention peu suspecte de complaisance à mon égard aucune infraction précise corroborant les accusations n'a pu être relevée à l'encontre de moi-même et des vétérinaires poursuivis. La Cour d'Appel de Dijon a donc, faute d'éléments à charge, cassé le jugement rendu contre nous, au terme d'un véritable "procès en sorcellerie", par le Tribunal Correctionnel.
Elle a même annulé dans sa totalité l'ordonnance de renvoi devant le Tribunal Correctionnel et nous a donc tous relaxés par un arrêt du 27 janvier 2012.
Ce fait a été soigneusement passé sous silence par l'Ordre qui n'a , contrairement à ce que vous laissez entendre fait montre d'aucun complaisance à notre égard, puisqu'il s'est pourvu en Cassation contre l'Arrêt de la Cour d'Appel afin que celle-ci ordonne une nouvelle instruction contre nous. Cette Nouvelle instruction n'a pas donné plus de résultats que la première et les poursuites contre nous ont été définitivement éteintes par la Chambre d'Instruction de la Cour d'Appel de Dijon le 30 mars 2016.
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