Pratique vétérinaire équine n° 177 du 01/01/2013
 

Éditorial

Jean-François Bruyas

L’année 2012 était une année olympique.

Pour la reproduction animale, les années olympiques sont l’occasion d’un rendez-vous planétaire avec la tenue de l’International Congress on Animal Reproduction. Ainsi, fin juillet-début août 2012 avait lieu à Vancouver la 17e édition du plus grand symposium en la matière. C’est également à cette occasion que sont organisés plusieurs congrès dits satellites touchant les différents domaines de la reproduction, mais plus spécialisés sur une thématique et une espèce.

C’est dans ce cadre que se tient maintenant de manière traditionnelle l’International Symposium on Equine Embryo Transfer qui fêtait, également à Vancouver, sa 8e édition. En septembre 2012, le 6th International Symposium on Stallion Reproduction a été organisé à Vienne, qui après une réunion tous les 3 ans va se caler sur un rendez-vous tous les 4 ans.

En ce qui concerne les techniques de reproduction artificielles, un des scoops principaux de ces congrès est, à mon sens, la probable élucidation de la cause des échecs de la capacitation in vitro des spermatozoïdes équins interdisant jusque-là la fécondation in vitro (FIV) pour cette espèce (uniquement et sans que cela puisse être reproduit, 2 poulains sont nés à travers le monde par cette technique, les 2 à l’Institut national de recherche agronomique de Nouzilly en 1990 et en 1991) [2]. L’équipe de Katrin ­Hinrichs a relevé un détail : le pH du milieu d’incubation des spermatozoïdes. Une variation de quelques dixièmes d’unité pH et l’hyperactivation des spermatozoïdes ne se produit pas. En réduisant la concentration en spermatozoïdes, la production d’acides dans le milieu par la consommation énergétique des gamètes est moindre et le pH ne baisse plus. Petit détail grande conséquence. Cela n’est pas sans évoquer les premiers succès de la FIV chez les bovins liés à un dérèglement de 1 °C de la température de l’étuve d’incubation [4]… Ou la mise en évidence (faite un peu par hasard en décalant involontairement de 6 heures le moment des récoltes d’embryons équins par rapport à l’ovulation) de l’obstacle majeur à la congélation des embryons équins : l’élaboration de la capsule [1]. La congélation des embryons équins, comme cela a été montré l’été dernier, semble pouvoir être obtenue avec succès, et, cela est assez curieux, en pratiquant, à la faveur d’une ponction de la capsule, une biopsie de quelques cellules embryonnaires et en vidant la blastocèle des gros embryons de 7 à 8 jours.

Les deux articles du présent dossier développent des aspects dont l’application sur le terrain est beaucoup moins anecdotique que ces techniques réservées à la reproduction de quelques chevaux élites de sports équestres.

Moins planétaire, mais avec de grandes répercussions dans la pratique quotidienne, la réflexion a été menée dans le cadre de l’Association vétérinaire équine française pour aboutir à une conférence consensus sur l’antibiothérapie raisonnée en pratique équine. Lors des journées annuelles, la table ronde sur le sujet a mis en lumière des interrogations, des doutes et parfois des confusions auxquels bon nombre de praticiens se trouvent confrontés face à des cas d’endométrite chez la jument [3]. L’ouverture d’un dossier actualités en reproduction équine a donc été l’occasion d’essayer d’apporter des éléments les plus objectifs possibles sur le traitement des endométrites avec un focus particulier sur le raisonnement des anti-infectieux : quand les utiliser en pratique ? Sous quelles conditions ? Quelle molécule choisir ? Vous aurez la confirmation que dans le domaine les antibiotiques, ils ne doivent pas être automatiques. Enfin, une analyse est proposée sous l’angle de la médecine factuelle des données de la science concernant l’intérêt éventuel des anti-inflammatoires stéroïdiens et non stéroïdiens dans la gestion préventive des endométrites persistantes post-saillie ou post-insémination.

Peut-être pouvons-nous prendre rendez-vous en 2015 pour un nouveau point sur les nouveautés en reproduction équine. L’année 2014 ne va pas seulement célébrer les jeux équestres mondiaux, mais c’est aussi l’année de rendez-vous pour l’événement de la reproduction équine : l’International Symposium on Equine Reproduction, qui va réunir, comme tous les 4 ans, lors de sa 12e édition, plus de 300 chercheurs mondiaux dans le domaine.

Bonne lecture à tous et à toutes.

  • 1 – Bruyas JF et coll. Comparison of the cryoprotectant properties of glycérol and éthylène glycol for early (day 6) équine embryos. J. Reprod. Fertil. 2000;supp56:549-560.
  • 2 – Palmer E et coll. In vitro fertilization in the horse, a retropsective study. J. Reprod. Fertil. 1991;suppl44:375-384.
  • 3 – Table ronde. Usages raisonnées des antibiotiques en pratique équine : situations cliniques. Journées Avef, Reims, 11 octobre 2012.
  • 4 – Thibault C. La fécondation in vitro est-elle semblable à la fécondation in vivo ? Dans : Actualités gynécologiques. Netter A. Ed Masson, Paris. 1987;série18:356.

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