Le Point Vétérinaire Expert Rural n° 336 du 01/06/2013
 

GASTRO-ENTÉROLOGIE CANINE

Dossier

Clémence Peyron*, Olivier Toulza**


*Clinique vétérinaire Aquivet,
rue de la Forêt,
33320 Eysines
**Clinique vétérinaire Aquivet,
rue de la Forêt,
33320 Eysines

La prise en charge d’une gastro-entérite aiguë dépend de la présence de critères de gravité et de résultats à certains examens complémentaires. Les antibiotiques sont loin d’être automatiques.

Résumé

→ Les gastro-entérites aiguës “banales” nécessitent un traitement symptomatique en première intention. Elles ne justifient l’utilisation d’antibiotiques qu’après 24 heures, afin de prévenir une colonisation du tube digestif par des bactéries pathogènes. Lors de gastro-entérite avec des signes de gravité associés, des examens complémentaires sont nécessaires afin de cibler l’origine des troubles. Le traitement est complété d’une antibiothérapie adaptée, d’une réhydratation, d’une gestion de la douleur, voire de mesures chirurgicales. En cas de salmonellose, les antibiotiques sont réservés aux formes graves, tandis que pour une campylobactériose, ils sont nécessaires pour prévenir la transmission à l’homme.

Summary

Treatment of acute gastro-enteritis: according to the individual case

→ Acute «mundane» gastro-enteritis requires symptomatic treatment in the first instance. The use of antibiotics is only justified after 24 hours to prevent colonisation of the gut by pathogenic bacteria. When gastro-enteritis is associated with severe signs, additional tests are needed to identify the origin of the disorder. Treatment includes a suitable antibiotic, rehydration, pain management, or even surgical measures. In cases of salmonellosis, antibiotics are reserved for severe cases, while for campylobacteriosis, they are necessary to prevent transmission to humans.

Key words

Dog, acute diarrhoea, salmonellosis, antibiotics

Les gastro-entérites aiguës constituent un motif fréquent de consultation. L’origine est le plus souvent infectieuse, alimentaire ou toxique. Néanmoins, un syndrome subocclusif ou occlusif lié à l’ingestion d’un corps étranger ou à la présence d’une masse n’est pas à écarter. Selon le contexte et l’anamnèse, il appartient au clinicien d’évaluer les critères de gravité et de déterminer la conduite la plus adaptée.

1 Gastro-entérites aiguës “banales”

Les gastro-entérites (GE) aiguës sont plus fréquentes chez le chien que chez le chat. Le plus souvent, elles sont d’origine alimentaire (ingestion d’un aliment inadapté, avarié, changement de régime sans transition), toxique (ingestion d’un produit irritant pour le tractus digestif) ou infectieuse (virale ou parasitaire) [7]. Les GE aiguës primitivement bactériennes sont très rares.

Traitement de première intention

Dans ces cas de GE aiguës, le traitement est principalement symptomatique, débuté le plus rapidement possible dès les premiers signes cliniques [7] :

– l’animal est laissé à jeun pendant 12 à 24 heures avec un accès fréquent à de l’eau, en petites quantités ;

– un pansement digestif est administré par voie orale trois fois par jour (phosphate d’alumine, à la dose de 145 mg/kg ou sucralfate, de 0,5 à 1 g et/ou smectite, de 1 à 3 g). Son administration doit être décalée d’au minimum 2 heures par rapport à celle des autres médicaments pour limiter les défauts d’absorption intestinale ;

– un antiémétique est prescrit par voie orale et sous-cutanée (métoclopramide, à la dose de 0,2 à 0,5 mg/kg trois fois par jour ou maropitant, 1 mg/kg/jour) ;

– un vermifuge à large spectre d’action peut être donné en association avec le traitement symptomatique (fenbendazole, 50 mg/kg par voie orale durant 3 à 5 jours consécutifs). Cela n’est possible que si l’animal ne présente pas de vomissements profus ou si ces derniers sont contrôlés.

Traitements adjuvants

La mise en place d’une réhydratation par voie parentérale est justifiée lorsque l’animal est déshydraté cliniquement (dès 5 à 7 % de déshydratation) et que les pertes hydriques sont importantes, en raison des vomissements et/ou des diarrhées [7]. Une antibiothérapie ne se justifie pas dans ces cas-là. Elle serait même contre-indiquée car la cause est rarement infectieuse et l’administration d’antibiotiques peut entraîner un déséquilibre de la flore intestinale [7]. La coproculture n’est pas indiquée en première intention. En effet, les méthodes traditionnelles de coproculture ne permettent d’identifier que 20 % environ des bactéries présentes.

Cas de gastro-entérites durant plus de 24 heures

Si les signes cliniques digestifs persistent au-delà de 24 heures de traitement symptomatique, mais toujours sans signe de gravité, une antibiothérapie à visée intestinale est mise en place (encadré 1). L’objectif est de prévenir une colonisation du tube digestif par des bactéries pathogènes, ce qui peut se produire lors d’inflammation prolongée de la muqueuse. Les antibiotiques utilisés sont des molécules non résorbées (néomycine, à la dose de 20 mg/kg deux fois par jour par voie orale ou sulfaguanidine, 30 mg/kg/j par voie orale ou colistine à la dose de 25 000 unités/kg deux fois par jour par voie orale). Leur durée de prescription est courte (3 à 5 jours) afin de limiter l’impact sur la flore commensale [14].

2 Les gastro-entérites aiguës graves

Lorsque des critères de gravité sont identifiés, l’attitude du clinicien doit être adaptée en conséquence (encadré 2). Des examens complémentaires sont nécessaires pour déterminer l’origine des troubles digestifs, adapter le traitement et préciser le pronostic [7, 9].

Examens complémentaires

RADIOGRAPHIES ABDOMINALES

Des radiographies abdominales permettent de rechercher certains corps étrangers, des signes d’iléus ou la présence d’un épanchement (perte du contraste abdominal) (photo 1). Cet examen peut être complété par des clichés réalisés après l’ingestion de produit de contraste (sulfate de baryum). Cependant, les conditions nécessaires pour réaliser un transit baryté sont rarement réunies dans la pratique courante. L’utilisation de l’échographie remplace alors cet examen.

ANALYSES SANGUINES

Des analyses sanguines sont indispensables. La numération et la formule sanguines avec la lecture du frottis sont utiles pour détecter différentes anomalies (encadré 3) :

– une potentielle anémie liée à des saignements digestifs ;

– une leucocytose en cas de maladie inflammatoire du tube digestif ;

– une leucopénie en cas d’infection par un parvovirus ;

– une éventuelle lymphocytose avec des lymphocytes atypiques en cas de lymphome digestif de stade V [5].

Une biochimie plasmatique doit être réalisée (encadrés 4 et 5).

ÉCHOGRAPHIE ABDOMINALE

L’échographie abdominale est incontournable dans l’exploration des troubles gastro-intestinaux graves. Elle permet de détecter un épanchement abdominal (en cas de pancréatite ou de péritonite, par exemple). Contrairement à la radiographie sans produit de contraste, une évaluation et une visualisation du transit en temps réel sont possibles. Un éventuel épaississement de la muqueuse digestive peut être décelé (perte des couches lors de processus tumoral, modifications de certaines d’entre elles lors de maladie inflammatoire). Un phénomène obstructif, lors de corps étranger non radio-opaque par exemple, ou un iléus mécanique versus paralytique (visualisation ou non de mouvements de transit) peuvent être diagnostiqués. Il est possible d’apprécier la qualité du contenu digestif : liquidien ou solide, avec ou non un retard de vidange ou une distension importante.

TEST ELISA

Un test antigénique Elisa fécal recherchant certains agents infectieux (Parvovirus, Coronavirus, Giardia) est indiqué lors de gastro-entérite hémorragique aiguë du chien. Cette liste d’examens diagnostiques ne se veut pas exhaustive. En fonction du contexte épidémio-clinique, le vétérinaire peut décider d’avoir recours à d’autres examens complémentaires (une sérologie leptospirose par technique de microagglutination, par exemple).

Quand avoir recours aux antibiotiques ?

Une antibiothérapie à large spectre et large diffusion systémique doit être prescrite pendant 3 à 5 jours lorsque des signes de bactériémie sont notés : une forte fièvre, des muqueuses grisâtres, une leucocytose et une déviation de la courbe d’Arneth vers la gauche, une leucopénie majeure ou des polynucléaires neutrophiles (PNNs) toxiques [9].

Quels antibiotiques utiliser ?

L’utilisation de l’amoxicilline/acide clavulanique en association ou non avec une fluoroquinolone et/ou du métronidazole est recommandée. Ces trois antibiotiques sont rapidement absorbés par voie orale. Leur biodisponibilité est élevée et ils sont métabolisés par les reins pour l’amoxicilline et par le foie pour le métronidazole. Les quinolones sont principalement éliminées dans l’urine, la bile et les selles et seulement 15 % est métabolisé par le foie. L’amoxicilline associée à l’acide clavulanique possède une action bactéricide en inhibant la synthèse de la paroi bactérienne. C’est un antibiotique à large spectre dont les effets sont temps-dépendants. L’acide clavulanique élargit le spectre en inhibant les ß-lactamases des bactéries capables de la synthétiser. Les quinolones sont également des antibiotiques bactéricides à large spectre et leur action est concentration-dépendante. Elles inhibent la synthèse de l’ADN bactérien et sont utilisées en présence d’Enterobacter, d’E. coli,de Campylobacter, de Shigella, de Salmonella et d’Yersinia (entre autres). Le métronidazole agit de façon similaire sur l’ADN bactérien et vise plus particulièrement Giardia, Clostridium, les trichomonacés et les amébiacés.

Autres mesures thérapeutiques

L’antibiothérapie ne constitue qu’une partie du traitement. Une réanimation médicale globale, une alimentation hautement digestible, parfois associée à des gestes chirurgicaux permettent d’améliorer les chances de survie de l’animal. La décision sur la conduite à tenir dépend des résultats des examens complémentaires pratiqués.

GESTION DE LA DOULEUR

En cas de saignement digestif ou d’inflammation sévère, des protecteurs digestifs doivent être administrés, associés ou non à des analgésiques selon le score de douleur de l’animal (sucralfate, à la dose de 0,5 à 1 g trois fois par jour par voie orale). Il convient d’éviter la morphine en raison de ses effets émétiques et ralentisseur du transit (risque d’iléus). La buprénorphine est plus indiquée, notamment chez le chat, à raison de 10 à 20 µg/kg toutes les 6 à 8 heures ou la méthadone, à la dose de 0,1 à 0,2 mg/kg toutes les 4 à 6 heures. Le butorphanol est utilisable à la dose de 0,2 à 0,4 mg/kg toutes les 4 heures.

LUTTE CONTRE LA DÉSHYDRATATION

En cas de déshydratation ou de désordres électrolytiques marqués, une fluidothérapie complémentée en fonction de l’ionogramme est indispensable (photo 3). Des anti-émétiques (maropitant, 1 mg/kg/j par voie sous-cutanée et/ou métoclopramide, à la dose de 0,2 à 0,5 mg/kg trois fois par jour par voie sous-cutanée ou orale, voire en perfusion continue, si les vomissements persistent, à la dose de 0,04 à 0,3 µg/kg/min) sont également indiqués en cas de nausée ou de vomissements. Il en est de même pour les antiacides comme l’oméprazole, à la dose de 0,5 à 1 mg/kg/j par voie orale. La cimétidine est moins efficace que l’oméprazole et les risques d’interactions médicamenteuses plus sont grands qu’avec d’autres molécules qui n’ont pas d’effet sur les cytochromes P450. De plus, elle doit être administrée trois fois par jour, ce qui complique le schéma thérapeutique et l’observance.

MESURES CHIRURGICALES

Selon les résultats des examens d’imagerie médicale, un lavage abdominal peut être entrepris lors de péritonite (uro-abdomen, rupture de la vésicule biliaire, abcès pancréatique). Une entérectomie est pratiquée en cas de corps étranger. Une exploration de la cavité abdominale, par laparotomie, est parfois réalisée afin de visualiser les organes abdominaux (en cas de suspicion d’intussusception ou de masse, par exemple).

3 Quelques cas particuliers de gastro-entérites aiguës infectieuses

Les salmonelloses et les campylobactérioses, bien que peu fréquentes chez les carnivores domestiques, nécessitent une prise en charge sérieuse en raison du risque zoonotique qu’elles représentent.

Les salmonelloses cliniques

DIAGNOSTIC

Les salmonelloses cliniques sont rares, surtout chez le chien [9]. Elles provoquent des signes cliniques variés (diarrhée aiguë modérée à marquée, hémorragique de type entérocolite, avec atteinte de l’état général). Jusqu’à 10 % des animaux domestiques seraient porteurs asymptomatiques [8]. Le diagnostic nécessite donc la réalisation de plusieurs coprocultures car un unique isolement de salmonelles ne suffit pas pour affirmer qu’elles sont à l’origine des troubles digestifs.Le nombre de coprocultures nécessaires est laissé à l’appréciation du clinicien, car il n’existe pas de recommandations à ce sujet.

TRAITEMENT DES FORMES GRAVES

Le traitement des salmonelloses cliniques graves, en première intention, consiste en l’administration d’amoxicilline (à la dose de 12,5 à 20 mg/kg deux fois par jour), ou de triméthoprime/sulfamides (30 mg/kg deux fois par jour). Elle est effectuée jusqu’à la rétrocession des signes cliniques et/ou l’obtention d’une coproculture négative [15]. Un antibiogramme est indispensable pour ajuster l’antibiothérapie, en raison de l’existence de souches multirésistantes [16].

GESTION DES FORMES MODÉRÉES

Les formes asymptomatiques ou cliniquement modérées ne sont pas traitées par antibiothérapie car cela renforcerait le portage chronique.

Les formes modérées concernent les animaux qui présentent des diarrhées sans atteinte de l’état général et de l’appétit. La salmonellose est alors découverte grâce à la coproculture (obligatoire dans tous les cas de diarrhée ne rétrocédant pas rapidement). Dans l’attente des résultats, l’utilisation d’antibiotiques ne se justifie que si la diarrhée ne rétrocède pas au traitement symptomatique ou si l’état général se dégrade. Si la salmonellose est confirmée et que le tableau clinique demeure modéré, il est recommandé d’arrêter les antibiotiques et de favoriser le traitement symptomatique afin de ne pas renforcer le portage chronique. La coproculture doit être renouvelée selon l’appréciation du clinicien : tous les mois si les signes cliniques persistent, et 3 semaines après l’arrêt du traitement s’ils ont disparu. Cela reste très subjectif car il n’existe aucune recommandation.

La transmission de l’animal à l’homme est possible via le contact avec des selles infectées. Ce mode de contamination demeure peu fréquent, la plus grande source d’infection pour l’homme étant les denrées alimentaires [3, 11, 13].

Campylobactériose

Le diagnostic et le traitement de la campylobactériose ne font pas encore l’objet d’un consensus. Les formes cliniques (diarrhée) sont rares et concernent plutôt les animaux âgés de moins de 6 mois. En effet, ces derniers sont plus exposés aux excréments de leurs congénères et leur système immunitaire ne les protège pas encore suffisamment contre la colonisation intestinale par des bactéries non commensales [12]. Campylobacter se développe souvent en synergie avec Giardia, Salmonella et les parvovirus. La coproculture et la cytologie fécale permettent le diagnostic. Habituellement, l’infection par Campylobacter est autolimitante mais en raison du potentiel zoonotique, un traitement médical est justifié (contrairement aux cas de salmonellose), puisque les chiens peuvent constituer une source d’infection pour les hommes [8]. Les antibiotiques de choix sont les macrolides (érythromycine, à la dose de 10 à 20 mg/kg trois fois par jour ou azithromycine, 5 à 10 mg/kg une fois par jour pendant 7 jours)[6].

Conclusion

Lorsqu’il est confronté à une gastro-entérite chronique, le praticien doit différencier un cas simple d’un cas mettant en danger la vie de l’animal. La présence de signes de gravité permet d’orienter sa conduite à tenir. Des examens complémentaires sont alors entrepris afin d’affiner le diagnostic. Mettre en place un traitement étiologique ciblé est ensuite possible, notamment grâce à une antibiothérapie adaptée.

Références

  • 1. Allenspach K, Wieland B, Gröne A et coll. Chronic enteropathies in dogs: evaluation of risk factors for negative outcome. J. Vet. Intern. Med. 2008;21(4):700-708.
  • 2. Allenspach K. Diseases if the large intestine. In: Ettinger SJ, Feldman EC et coll. Textbook of veterinary internal medicine, chapitre 271. 7th ed. Ed. Elsevier Saunders, St Louis. 2010.
  • 3. Clark C, Cunningham J, Ahmed R et coll. Characterization of Salmonella associated with pig ear dog treats in Canada. J. Clin. Microbiol. 2001;39(11):3962-3968.
  • 4. Craven M, Dogan B, Schukken A et coll. Antimicrobial resistance impacts clinical outcome of granulomatous colitis in boxer dogs. J. Vet. Intern. Med. 2010;24(4):819-824.
  • 5. Ettinger SJ, Feldman EC. In: Textbook of veterinary internal medicine. David M. Vail. Hematopoietic tumors. 7e ed. Ed. Saunders Elsevier. 2010;324.
  • 6. Fox JG. Campylobacter infections. In: Greene CE. Infectious diseases of the dog and cat. 2d ed. Ed. Saunders, St Louis.1998:226-229.
  • 7. Gaschen F. Maladies de l’intestin grêle. Dans : Gastro entérologie du chien et du chat. Ed. Point Vétérinaire. 2010:246-319.
  • 8. Greene CE. Salmonellosis. In: Greene CE. Infectious diseases of the dog and cat. 2d ed. Ed. Saunders, St Louis.1998:235-240.
  • 9. Hall EJ, German AJ. Diseases of the small intestine. In: Ettinger SJ, Feldman EC et coll. Textbook of veterinary internal medicine, chapitre 270. 7th ed. Ed. Elsevier Saunders, St Louis. 2010.
  • 10. Jergens AE, Schreiner CA, Frank DE et coll. A scoring index for disease activity in canine inflammatory bowel disease. J. Vet. Intern. Med. 2003;17(3):291-297.
  • 11. Kocabiyik A. Cetin C, Dedicova D. Detection of Salmonella spp. in stray dogs in Bursa province, Turkey: first isolation of Salmonella corvallis from dogs. J. Vet. Med. B. Infect. Dis. Vet. Public Health. 2006;53(4):194-196.
  • 12. Marks SL. Enteric bacterial diseases. In: Ettinger SJ, Feldman EC et coll. Textbook of veterinary internal medicine, chapitre 208. 7th ed. Ed. Elsevier Saunders, St Louis. 2010.
  • 13. Schotte U, Borchers D, Wulff C et coll. Salmonella Montevideo outbreak in military kennel dogs caused by contaminated commercial feed, which was only recognized through monitoring. Vet. Microbiol. 2007. 119(2-4): 316-323.
  • 14. Toulza O. Fiches de bonnes pratiques antibiotiques : les gastro-entérites banales et les gastro-entérites particulières. In: Gram (Guide de recommandation en antibiothérapie en médecine canine et féline), Laboratoire Sogeval. 2010:112-117.
  • 15. White DG, Datta A, MacDermott P et coll. Antimicrobial susceptibility and genetic relatedness of Salmonellaserovars isolated from animal-derivated dog treats in the USA. J. Antimicrob. Chemother. 2003;52(5):860-863.
  • 16. Wright JG. Tengelsen LA, Smith KE et coll. Multidrug resistant Salmonella typhimurium in four animal facilities. Emerg. Infect. Dis. 2005;11(8):1235-1241.

Conflit d’intérêts

Aucun.

ENCADRÉ 1
Critères de gravité à rechercher en cas de gastro-entérite aiguë

Il convient de rechercher différents signes cliniques portant atteinte à l’état général de l’animal. Leur présence reflète une gastro-entérite grave, à traiter en urgence. Ces signes cliniques peuvent être :

– un syndrome fébrile marqué, avec un abattement intense, une forte hyperthermie (supérieure à 39,5 °C) et une anorexie depuis plus de 2 jours ;

– des signes de choc septique, avec par exemple, des muqueuses grisâtres ou violacées, une hypotension ;

– la présence d’hématémèse ou de sang dans les selles : un méléna ou une hématochézie importante ;

– des signes d’occlusion intestinale : la palpation d’une masse abdominale, une distension aérique d’une ou plusieurs anses intestinales et d’une défense abdominale à la palpation.

ENCADRÉ 2
Différence entre sepsis et choc septique

→ Le sepsis se définit comme un syndrome de réponse inflammatoire systémique en réponse à une infection. Cette infection peut être localisée ou généralisée auquel cas il est question de septicémie ou de bactériémie.

→ Le choc septique peut accompagner le sepsis si ce dernier est associé à une hypotension. Choc septique et sepsis sont deux choses différentes, de même que sepsis et bactériémie.

ENCADRÉ 3
Phénomène de déviation de la courbe d’Arneth vers la gauche

→ Une déviation de la courbe d’Arneth vers la gauche, ou left shift, se caractérise par l’apparition dans la circulation sanguine de polynucléaires jeunes, avec un noyau peu segmenté, parfois en forme de fer à cheval (bands cells) (photo 2). Ils résultent d’une stimulation intense de la moelle osseuse, avec un temps de maturation cellulaire réduit, en réponse à un phénomène inflammatoire, lui-même souvent lié à un phénomène infectieux.

→ Ce phénomène est souvent accompagné de polynucléaires dits toxiques. Ces derniers présentent des vacuoles et/ou des granulations cytoplasmiques consécutives à une asynchronie entre la maturation nucléaire et cytoplasmique. Ils sont associés à un leucogramme inflammatoire. Cinq critères sont caractéristiques des polynucléaires toxiques : un cytoplasme basophile, un corps de Döhle (agrégats cytoplasmiques bleutés correspondant à du réticulum endoplasmique granuleux), une vacuolisation cytoplasmique (lysosomes), une immaturité nucléaire (noyau peu segmenté) et des granules toxiques (rouges).

ENCADRÉ 4
Biochimie plasmatique à réaliser en cas de gastro-entérite aiguë grave

→ Urée.

→ Créatinine.

→ Phosphatases alcalines.

→ Alanine aminotransférases.

→ Glucose.

→ Protéines totales.

→ Albumine.

→ Ionogramme.

→ Calcium.

→ +/– Cholestérol.

→ Bilirubine.

→ Triglycérides.

→ Canine pancreatic lipase.

→ Lipase pancréatique féline spécifique.

→ Gaz du sang.

ENCADRÉ 5
Signification des modifications des paramètres sanguins lors de gastro-entérite aiguë

→ Une hyperurémie peut indiquer une déshydratation ou un saignement digestif (dégradation de l’hémoglobine, métabolisée par le foie et transformée en urée).

→ Une hypercréatininémie signe souvent une maladie rénale pouvant être à l’origine de troubles digestifs.

→ Une élévation de l’activité des phosphatases alcalines et/ou des alanines aminotransférases signe une choléstase et/ou une cytolyse hépatique. Elles sont à chercher en cas de suspicion de leptospirose par exemple, ou de toute affection hépato-biliaire susceptible de causer des troubles digestifs.

→ Une hypoprotéinémie totale et une hypoalbuminémie peuvent être liées à des pertes digestives. Elles peuvent aussi provenir de pertes rénales ou d’un défaut de production par le foie lors d’atteinte hépatique.

→ Une hypocholestérolémie peut résulter de pertes via le tube digestif, mais aussi révéler une insuffisance fonctionnelle hépatique. La bilirubinémie et les triglycérides plasmatiques sont également des témoins de la fonction hépatique.

→ Le dosage de la lipase pancréatique canine ou féline est un bon indicateur de pancréatite, affection responsable de troubles digestifs.

→ L’ionogramme et la calcémie renseignent sur d’éventuelles pertes digestives (vomissements/diarrhée) et permettent de suspecter un hypocorticisme (rapport Na/K < 25) ou un phénomène tumoral en cas d’hypercalcémie.

→ Les gaz du sang renseignent sur une éventuelle alcalose ou acidose liée aux pertes digestives et permettent, le cas échéant, de mettre en place un traitement de rééquilibration, si l’organisme ne parvient pas à compenser.

1. Perte de contraste en région abdominale chez un chien présentant une péritonite associée à un épanchement abdominal.

2. Polynucléaires à différents stades, du plus mature (A) au plus immature (band-cell, D).

3. La mise sous perfusion est indispensable dans certains cas graves de gastro-entérites aiguës.

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