Le Point Vétérinaire Expert Rural n° 335 du 01/05/2013

GASTRO-ENTÉROLOGIE CANINE

Thérapeutique

Jean-Claude Desfontis*, Hervé Pouliquen**, Yassine Mallem***


*Unité de pharmacologie et toxicologie
École nationale vétérinaire agroalimentaire
et de l’alimentation Nantes Atlantique,
Oniris BP 40706
44307 Nantes Cedex 3
**Auteur coordinateur
***Auteur coordinateur

Face à une gastro-entérite de l’intestin grêle, l’association d’un antivomitif et d’un antispasmodique anticholinergique ne se justifie que sur une courte période.

Lors de gastro-entérite de l’intestin grêle, des vomissements sont généralement associés à une diarrhée. L’emploi d’un antivomitif et d’un antispasmodique se conçoit seulement comme un traitement symptomatique, et la recherche de la cause de la gastro-entérite doit permettre d’adapter la thérapeutique au mieux (ajustement de l’alimentation, antibiothérapie, réhydratation, etc.).

Action bénéfique sur le tube digestif

Le métoclopramide est un antagoniste dopaminergique et un agoniste sérotoninergique (5-HT4) qui possède une action à la fois antivomitive et gastrocinétique plutôt périphérique. Il provoque, notamment, une diminution de l’excitation des récepteurs périphériques par élévation de leur seuil de sensibilité. Ainsi, il est adapté dans la lutte contre les vomissements d’origine digestive à condition d’avoir écarté le risque d’obstruction intestinale, en raison de son activité prokinétique.

Le prifinium est un antagoniste muscarinique (parasympatholytique) de synthèse qui a comme avantage de ne pas passer la barrière hémato-encéphalique. Il agit en inhibant la contractilité du tube digestif, que ce soit l’activité péristaltique ou les contractions segmentaires. Ainsi, l’émission de diarrhée est réduite dans les premiers jours du traitement.

Risque sur le tube digestif et limites du traitement

Les actions opposées du métoclopramide et du prifinium sur la contractilité digestive, notamment l’effet gastrocinétique du métoclopramide, ne sont pas en faveur de cette association (tableau). Il serait ainsi plus opportun d’utiliser un antivomitif d’action centrale sans action gastrocinétique, tel que le maropitant, qui devient le premier choix pour traiter ce type de vomissements chez le chien.

Le prifinium doit être réservé à un usage ponctuel pour limiter le risque de diarrhée paradoxale généré par un blocage trop durable de la motricité intestinale.

Toujours en traitement symptomatique, un pansement gastro-intestinal doit être envisagé pour ses propriétés couvrante, adsorbante et cytoprotectrice.

Conclusion

L’association du métoclopramide et du prifinium n’est pas conseillée en raison de leurs effets inverses sur la motricité gastro-intestinale. Il convient de préférer un autre antivomitif, à action centrale par exemple, ou un autre antidiarrhéique non parasympatholytique. L’emploi du pansement gastro-intestinal est toujours à favoriser en complément.

Conflit d’intérêts

Aucun.

EN SAVOIR PLUS

– German A. Effective management of vomiting and nausea in companion animals. European Veterinary Conference Voorjaarsdagen, Amsterdam, the Netherlands, 5-7 avril 2012.

– German A. Acute diarrhoea – causes and management. European Veterinary Conference Voorjaarsdagen, Amsterdam, the Netherlands, 5-7 avril 2012.

TABLEAU
Rapport bénéfices/risques de l’association métoclopramide-prifinium

TABLEAURapport bénéfices/risques de l’association métoclopramide-prifinium
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