Le Point Vétérinaire Expert Rural n° 333 du 01/03/2013
 

MÉDECINE INTERNE ÉQUINE

Thérapeutique

Yassine Mallem

Auteur coordinateur : Hervé Pouliquen
Unité de physiopathologie animale
et de pharmacologie fonctionnelle
Oniris, École nationale vétérinaire agroalimentaire
et de l’alimentation, Nantes Atlantique.
La Chantrerie, BP 40706
44307 Nantes Cedex 3

Les corticoïdes sont essentiels dans le traitement des affections respiratoires chroniques chez le cheval, mais certaines idées reçues en limitent parfois l’utilisation.

La pousse (emphysème ou maladie obstructive des petites voies respiratoires) chez le cheval est une affection inflammatoire chronique fréquemment rencontrée chez les animaux maintenus à l’écurie. Elle se caractérise par une obstruction des voies pulmonaires profondes, une dyspnée expiratoire et une accumulation de mucus. Les corticoïdes systémiques ou inhalés constituent l’un des principaux traitements symptomatiques de cette affection [3].

Efficacité démontrée pour les corticoïdes systémiques et inhalés

Plusieurs corticoïdes ont démontré leur efficacité dans la réduction des signes cliniques de la pousse. Leur effet bénéfique est principalement attribué à l’inhibition de la production des cytokines et des prostaglandines inflammatoires, ainsi qu’à la diminution de la production de mucus et de l’hyperréactivité bronchique.

Ils peuvent être administrés par voie systémique ou locale par nébulisation (tableau). Ceux administrés par voie générale, surtout veineuse, agissent rapidement et sont notamment utilisés pour le contrôle de l’inflammation pulmonaire durant sa phase aiguë.

Les corticoïdes administrés par voie inhalée permettent une action locale maximale qui est favorisée par une forte densité de l’épithélium bronchique en récepteurs aux glucocorticoïdes. La mise en place tardive de leur efficacité leur confère un intérêt particulier dans le traitement de la pousse dans sa forme chronique ou dans la prévention des récidives [1, 4, 5].

Toxicité faible pour les corticoïdes inhalés

L’administration systémique de corticoïdes peut engendrer des effets secondaires incluant l’hyperglycémie, la freination hypophyso-surrénalienne, la dépression lymphocytaire et une susceptibilité aux infections pulmonaires. Le risque de fourbure cortico-induite demeure à ce jour insuffisamment documenté mais semble concerner les corticoïdes retard (par exemple la triamcinolone) et/ou les plus puissants (par exemple la dexaméthasone). Les corticoïdes nébulisés exercent un effet thérapeutique à faible dose avec un bon rapport efficacité/innocuité. Le risque de fourbure, d’immunodépression et d’inhibition cortico-surrénalienne est très faible [2, 3, 5].

Conclusion

L’amélioration par les corticoïdes des signes cliniques de pousse chez le cheval est démontrée avec un niveau d’évidence élevé. Leur administration par voie systémique, surtout prolongée, fait courir aux chevaux un risque réel de fourbure et une sensibilité accrue aux infections. Ce risque est très limité lors de traitement par les corticoïdes nébulisés.

Quel que soit le mode d’administration, l’usage des corticoïdes dans le traitement de la pousse doit être associé à un changement d’environnement et à un agent bronchodilatateur en cas de détresse respiratoire. Une bonne connaissance de leurs propriétés pharmacologiques permet d’augmenter le ratiobénéfices/risques de toute prescription.

Conflit d’intérêts

Aucun.

TABLEAU
Corticoïdes utilisés dans le traitement de la pousse chez le cheval

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