Le Point Vétérinaire n° 339 du 01/10/2013
 

REPRODUCTION FÉLINE

Article de synthèse

Anne Gogny*, Samuel Buff**, Émilie Rosset***


*Service de reproduction des animaux de
compagnie, Centre hospitalier universitaire
vétérinaire, École nationale vétérinaire,
agroalimentaire et de l’alimentation
Nantes Atlantique-Oniris, CS 40706,
44307 Nantes Cedex 3
**Cerrec, Biotechnologies et pathologie de la
reproduction, VetAgro Sup , Campus vétérinaire
de Lyon, 1, av. Bourgelat, 69280 Marcy-l’Étoile
***Cerrec, Biotechnologies et pathologie de la
reproduction, VetAgro Sup , Campus vétérinaire
de Lyon, 1, av. Bourgelat, 69280 Marcy-l’Étoile

Chez la chatte, les implants sous-cutanés de desloréline ou de mélatonine permettent de prévenir les chaleurs. Cependant, il convient de connaître le cadre et les limites de leur utilisation.

Résumé

→ Les implants sous-cutanés de desloréline ou de mélatonine permettent de prévenir les chaleurs chez la chatte (utilisation hors autorisation de mise sur le marché [AMM]). Chez la chatte adulte, l’implant de desloréline est efficace pendant 16 à 37 mois, avec de fortes variations individuelles. La mélatonine inhibe le cycle pendant 2 à 4 mois selon le moment où l’implant est mis en place. Des chaleurs, éventuellement fertiles, sont possibles dans les jours qui suivent la pose des deux types d’implants. À long terme, la desloréline comme la mélatonine ne semblent pas avoir de conséquence négative sur la fertilité ultérieure des femelles.

Summary

→ Subcutaneous deslorelin or melatonin implants can prevent heat in queens (utilisation outwith the marketing authorisation (MA)). In adult cats, the deslorelin implant is effective for 16 to 37 months, with wide individual variation. Melatonin inhibits the cycle for 2 to 4 months depending on when the implant was inserted. Potentially fertile heats are possible for a few days following insertion of both types of implants. In the long term, deslorelin and similarly melatonin, do not appear to have an adverse effect on subsequent fertility in females.

Key words

Sterilisation, melatonin, deslorelin, queen, implant

L’ovariectomie est la méthode la plus employée pour prévenir les chaleurs chez la chatte. Cependant, elle présente l’inconvénient d’être irréversible, ce qui la rend inutilisable chez les animaux destinés à la reproduction.

De leur côté, les méthodes chimiques traditionnellement mises en œuvre, telles que l’administration d’analogues de synthèse de la progestérone, présentent de nombreux effets indésirables. Certains sont très péjoratifs pour l’animal ou retentissent sur ses capacités reproductrices ultérieures. D’autres techniques médicales existent. Certaines, comme les analogues de la gonadolibérine (GnRH) ou de la mélatonine, sont utilisables (hors AMM) moyennant des précautions d’emploi.

Cet article décrit comment employer les implants de desloréline, un agoniste de la GnRH, ou de mélatonine pour prévenir l’œstrus chez la chatte. Dans cette indication, leur utilisation thérapeutique a lieu hors AMM. Cet article recommande des protocoles qui peuvent être mis en œuvre en pratique clinique, et définit le cadre et les limites de leur utilisation, en s’appuyant sur les données actuelles de la médecine fondée sur les preuves (evidence-based medicine).

PRÉVENIR LES CHALEURS DE LA CHATTE AVEC UN IMPLANT DE DESLORÉLINE

La desloréline (Suprelorin®) est un agoniste de synthèse de la GnRH. Elle a la particularité d’être présentée sous forme d’implant à libération prolongée, ce qui permet un traitement continu. Les implants existent sous deux dosages : 4,7 mg et 9,4 mg. Ils mesurent environ 1 mm de diamètre et 3 cm de long. Un implant doit être inséré sous la peau au moyen d’un trocart, fourni lors de l’achat (photo 1). La pose ne nécessite pas d’anesthésie ni de sédation.

Selon le résumé des caractéristiques du produit (RCP), la spécialité est indiquée pour la castration des chiens et des furets mâles. Chez la chatte, les résultats obtenus dans quelques études cliniques permettent de l’envisager en prévention des chaleurs.

1. Effets des agonistes de la GnRH

En début de traitement, les agonistes de la GnRH stimulent la libération de l’hormone lutéinisante (LH) et de l’hormone folliculo-stimulante (FSH), ce qui accentue la sécrétion des hormones gonadiques. Cet effet dure de 2 à 4 semaines. À l’inverse, un traitement prolongé provoque une inhibition de la production d’ARN codant les sous-unités β des gonatrophines LH et FSH, dont résulte une inhibition progressive de la production des hormones gonadiques [7].

En dehors de leur action sur les hormones gonadiques, les agonistes de la GnRH ne semblent pas interférer avec les systèmes de régulation des autres corticoïdes endogènes, ce qui leur confère une meilleure sécurité d’emploi que les autres traitements proposés dans la prévention des chaleurs. Cependant, des récepteurs à la GnRH ayant été identifiés pour d’autres espèces dans la mamelle, l’appareil génital mâle et femelle, et la vessie, il est possible que les agonistes de cette hormone aient des effets, souhaitables ou non, sur ces organes.

2. Durée de prévention des chaleurs

Chez la chatte adulte, la durée d’efficacité du traitement dans le cadre de la prévention des chaleurs est de l’ordre de 6 à 37 mois (tableau) [1, 4, 9]. Les variations de la durée d’efficacité liées au dosage de l’implant ne sont pas connues. En effet, l’unique étude utilisant le dosage de 9,5 mg a été interrompue après 18,5 mois [1]. Chez la chatte impubère, la pose sous-cutanée d’un implant de desloréline dosé à 4,7 mg, injecté lorsque les animaux pèsent environ 50 % de leur poids, retarde les premières manifestations d’œstrus d’environ 3 mois, sans cependant affecter la croissance pondérale des animaux. Comme chez la chatte adulte, un œstrus induit est possible en début de traitement [8].

3. Réversibilité et restauration de la fertilité

Une reprise du cycle, suivie d’une gestation et de la naissance de chatons viables et normaux, est possible après que l’implant cesse d’être efficace (photo 2) [4]. La taille des portées obtenues est normale.

La durée d’efficacité du traitement subit de fortes variations individuelles. Il est donc impossible de prévoir la date du retour à un cycle œstral normal, ce qui peut gêner les propriétaires d’animaux destinés à la reproduction. Une solution consiste à retirer l’implant avant la fin de son efficacité. Posé en regard de l’ombilic, une zone qui présente l’intérêt d’être accessible et de limiter une migration potentielle, l’implant est ôté sous anesthésie générale. Comme sa matrice se délite au fur et à mesure que le temps passe, il convient de bien retirer tous les fragments susceptibles de contenir encore du principe actif. Cette solution peut permettre d’obtenir une restauration du cycle œstral dans les semaines qui suivent le retrait de l’implant, suivie d’une gestation [données personnelles non publiées sur un cas unique].

Actuellement, aucune donnée chiffrée ne permet de définir la probabilité qu’un animal donné retrouve des compétences reproductrices dans un délai déterminé. Cela doit inciter le praticien à rester prudent et limite fortement le niveau d’information qu’il peut délivrer à son client.

4. Efficacité du traitement dans la prévention des chaleurs

Concernant les animaux chez lesquels une prévention définitive de la reproduction est souhaitée, le vétérinaire ne peut pas garantir l’efficacité totale du traitement. Ainsi, des épisodes d’œstrus ont été notés de quelques jours à plusieurs semaines après la pose de l’implant chez des chattes [4, 9]. En clientèle, cet aspect se révèle parfois problématique lorsqu’une inhibition complète du cycle est recherchée.

De plus, une gestation non désirée reste possible en cours de traitement. Ainsi, une gestation a été observée chez une chatte traitée par un implant de desloréline dosé à 4,7 mg. La femelle, qui avait fait une fugue lors de l’œstrus induit, juste après la pose de l’implant, s’est avérée gestante quelques semaines plus tard [données personnelles non publiées]. Cette gestation a donné lieu à un avortement provoqué, de sorte que les données concernant la viabilité et le nombre de chatons ne sont pas connues. Cependant, cette observation n’est pas vérifiée à large échelle. Ainsi, dans les publications scientifiques, seules 2 chattes issues d’une étude menée sur 7 femelles ont été saillies en cours de traitement, lors de l’œstrus induit, après la pose d’un implant de desloréline dosé à 9,5 mg. Elles n’ont pas développé de gestation [9]. Devant le faible nombre de cas référencés, il n’est donc pas possible de connaître le niveau de risque de gestation après un traitement par un implant de desloréline.

L’association des agonistes de la GnRH avec de l’acétate de mégestrol en début de traitement pourrait représenter un moyen de contourner la stimulation initiale, mais, dans l’espèce féline, seule une étude (n = 7 chattes) en fait état. Si une diminution de la stimulation initiale de la sécrétion d’œstradiol a bien été notée, celle-ci n’est significative qu’à J1 après la pose de l’implant [9]. Chez la chienne, l’administration simultanée d’agonistes (desloréline) et d’antagonistes de la GnRH (acyline) limite ou diffère cette stimulation chez 75 % des femelles traitées, mais rien de la sorte n’est démontré à ce jour chez la chatte [10].

Effets indésirables du traitement

Les effets de l’implant sur une gestation en cours ne sont pas connus car les données sont très peu nombreuses. Ainsi, Goericke-Pesch et coll. décrivent le cas d’une chatte ayant reçu un implant de desloréline dosé à 4,7 mg alors qu’elle avait été saillie par erreur 9 jours auparavant [5]. L’animal a mené la gestation à terme et a donné naissance à 4 chatons normaux 66 jours après la saillie. Cependant, la chatte a montré un désintérêt pour sa portée. Selon les auteurs de cette observation, cela pourrait être en lien avec une interférence de la desloréline sur les comportements maternels. En présence d’un cas unique, cet impact reste cependant à prouver.

Chez la chatte non gestante, la stimulation ovarienne initiale peut exacerber une maladie utérine (pyomètre) ou ovarienne préexistante [6, 8].

L’impact à long terme des implants de desloréline n’est pas évalué, notamment en ce qui concerne les effets classiques de la castration (obésité, risque de décollements épiphysaires chez les jeunes animaux, action sur la croissance, urolithiases) et ceux de la stérilisation précoce (réduction du diamètre urétral antépelvien de la femelle).

L’utilisation de la desloréline est également limitée par son prix (de l’ordre de 70 € TTC pour un implant de desloréline dosé à 4,7 mg, prix client par implant).

PRÉVENTION DES CHALEURS AVEC UN IMPLANT DE MÉLATONINE

Le traitement par la mélatonine s’appuie sur le caractère saisonnier du cycle sexuel du chat, qui a lieu pendant les mois à jours longs. Dans l’espèce féline, la mélatonine inhibe la sécrétion de GnRH. Cette hormone étant principalement synthétisée la nuit, elle est produite en plus grande quantité durant les mois à jours courts, ce qui se traduit par une inhibition du cycle sexuel en automne et en hiver.

L’administration de mélatonine exogène reproduit les effets d’une exposition réduite à la lumière du jour.

1. Forme galénique

La mélatonine existe sous forme d’implants dosés à 18 mg (Melovine-®), destinés aux brebis (photo 3). Cette spécialité ne dispose d’une AMM que chez la brebis, avec pour indication l’induction de l’œstrus (espèce où, à l’inverse du chat, la saisonnalité sexuelle est centrée sur l’automne et l’hiver).

2. Durée d’action

La durée d’inhibition du cycle dépend du moment où l’implant est posé : environ 4 mois s’il est injecté pendant l’interœstrus, environ 2 mois s’il est mis en place lors de l’œstrus [3]. Ces effets sont réversibles : 12 chattes traitées sur 14, saillies dès la reprise du cycle à la fin du traitement, ont mené une gestation et ont donné naissance à des chatons normaux [2, 3].

Peu de données existent sur l’utilisation de ce médicament chez le chat. Les effets indésirables à court terme semblent très limités, mais les interférences potentielles de la mélatonine avec la sérotonine, dont elle est structurellement très proche, n’ont pas été évaluées. Or la sérotonine, un neurotransmetteur, est impliquée dans la régulation de fonctions telles que la thermorégulation, les comportements alimentaires et sexuels, le rythme circadien, la douleur ou l’état émotionnel.

L’induction d’un œstrus n’est pas rare dans les jours qui suivent la pose de l’implant. Cela concerne 33 % des chattes qui reçoivent l’implant pendant l’interœstrus et 78 % des femelles traitées alors qu’elles étaient en œstrus (les femelles implantées en chaleurs les finissent, puis reviennent en chaleurs quelques jours après) [3]. La mélatonine est vendue en boîte de 50 implants (prix d’achat de l’ordre de 215 €).

Conclusion

Chez la chatte, il n’existe pas de solution parfaitement satisfaisante pour prévenir les chaleurs. Le contrôle du cycle par les implants de desloréline et de mélatonine n’est pas encore bien maîtrisé, et, en l’absence d’études validées sur les effets à long terme de ces molécules, de nombreuses questions restent en suspens. En l’état actuel des connaissances, l’ovariectomie reste donc une solution de choix pour les animaux qui ne sont pas destinés à la reproduction. Néanmoins, au vu de leur efficacité à moyen terme sur la suppression du cycle œstral, ces substances pourraient représenter une solution thérapeutique intéressante pour les chattes non reproductrices qui ne peuvent pas être anesthésiées.

Concernant les animaux reproducteurs, le choix du traitement est à adapter au degré de contrainte que le propriétaire est disposé à accepter, notamment en ce qui concerne la fertilité ultérieure de son animal.

Références

  • 1. Ackermann CL, Volpato R, Destro FC et coll. Ovarian activity reversibility after the use of deslorelin acetate as a short-term contraceptive in domestic queens. Theriogenology. 2012;78(4):817-822.
  • 2. Faya M, Carranza A, Priotto M et coll. Long-term melatonin treatment prolongs interestrus, but does not delay puberty, in domestic cats. Theriogenology. 2011;75:1750-1754.
  • 3. Gimenez F, Stornelli MC, Tittarelli CM et coll. Suppression of estrus in cats with melatonin implants. Theriogenology. 2009;72:493-499.
  • 4. Goericke-Pesch S, Georgiev P, Atanasov A, Wehrend A. Treatment with Suprelorin in a pregnant cat. J. Feline Med. Surg. 2013;15(4):357-360.
  • 5. Goericke-Pesch S, Georgiev P, Atanasov A, Albouy M, Navarro C, Wehrend A. Treatment of queens in estrus and after estrus with a GnRH-agonist implant containing 4.7 mg deslorelin; hormonal response, duration of efficacy, and reversibility. Theriogenology. 2013;79(4):640-646.
  • 6. Munson L, Bauman J, Asa C, Jochle W, Trigg T. Efficacity of the GnRH analogue deslorelin for suppression of estrus cycles in cats. J. Reprod. Fertil. 2001;57(suppl):269-273.
  • 7. Navarro C, Schober PA. Pharmacodynamics and pharmacokinetics of a sustained-release implant of deslorelin in companion animals. Proceedings of the 7th international Symposium on Canine and Feline Reproduction. ISCFR, Whistler, Canada, 2012. www.ivis.org, consulté le 11/7/2013.
  • 8. Risso A, Corrada Y, Barbeito C, Diaz JD, Gobello C. Long-term-release GnRH agonists postpone puberty in domestic cats. Reprod. Domest. Anim. 2012;47(6):936-938.
  • 9. Toydemir TSF, Kiliçarslan MR, Olgaç V. Effects of the GnRH analogue deslorelin implants on reproduction in female domestic cats. Theriogenology. 2012;77:662-674.
  • 10. Valiente C, Diaz JD, Rosa DE, Mattioli G, García Romero G, Gobello C. Effect of a GnRH antagonist on GnRH agonist-implanted anestrous bitches. Theriogenology. 2009;72(7):926-929.

Conflit d’intérêts

Aucun.

Points forts

→ Des chaleurs peuvent survenir dans les jours qui suivent la pose d’un implant de desloréline ou de mélatonine.

→ Chez la chatte, l’implant de desloréline (Suprelorin®) permet de prévenir les chaleurs pendant 6 à 36 mois. Il existe de fortes variations individuelles dans la durée d’inhibition.

→ Les implants de mélatonine (Melovine®) inhibent le cycle pendant respectivement 2 et 4 mois selon que l’implant est mis en place pendant l’œstrus ou l’interœstrus.

→ Les deux types d’implants ne semblent pas avoir d’effets négatifs sur la fertilité ultérieure des femelles.

1. Les implants de desloréline sont à injecter sous la peau au moyen du trocart fourni. Pour la prévention des chaleurs, seule la présentation dosée à 4,7 mg a été étudiée à ce jour. Lorsque l’implant est destiné à être retiré, il convient de le poser en région péri-ombilicale pour éviter sa migration sous-cutanée. Dans ce cas, une sédation est requise, afin d’écarter une perforation accidentelle de la paroi abdominale.

2. Retirer l’implant en cours de traitement permet de limiter dans le temps l’inhibition du cycle et de reprendre la reproduction avant la fin de sa durée d’action. Le moment du retour du cycle reste aléatoire, mais la naissance de chatons est possible.

3. Le pistolet à implants commercialisé pour l’administration de mélatonine (Melovine®) chez les ovins n’est pas très adapté à l’espèce féline. Il est possible de l’utiliser pour injecter les implants. Cependant, ces derniers peuvent aussi être déposés sous la peau par voie chirurgicale, après sédation de la femelle.

TABLEAU
Effets des implants de desloréline sur le comportement d’œstrus et l’activité ovarienne de la chatte, utilisée seule ou en association avec d’autres molécules

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