Le point Vétérinaire n° 305 du 01/05/2010
 

Chirurgie du chien et du chat

Fiche technique

Philippe Rochereau*, Antoine Bernardé**


*Centre hospitalier vétérinaire, 275, route Impériale, 74370 Saint-Martin-Bellevue, a.bernarde@chvsm.com
**Centre hospitalier vétérinaire, 275, route Impériale, 74370 Saint-Martin-Bellevue, a.bernarde@chvsm.com

Une astuce simple permet d’identifier de façon certaine et rapide l’espace intervertébral à cibler lors de laminectomie.

Le rachis thoraco-lombaire est la région vertébrale la plus fréquemment atteinte par une maladie discale, avec 66 à 84 % de l’ensemble des cas rapportés [1]. Une décompression médullaire chirurgicale par hémilaminectomie ou corpectomie latérale assortie ou non d’une fenestration est le traitement de choix, avec retrait du matériel discal extrudé.

Le repérage peropératoire de l’espace intervertébral atteint peut se révéler difficile, notamment chez les animaux en surpoids ou présentant des anomalies de conformation vertébrale et/ou costale (vertèbres ou côtes surnuméraires, asymétrie costale, etc.). Traditionnellement, le repérage est fondé sur la palpation et/ou la visualisation des tubercules costaux, la palpation et le décompte des apophyses épineuses lombaires, ou sur l’identification de l’espace anticlinal. Par exemple, pour opérer l’espace T13-L1, le chirurgien repère T13 à partir de la jonction costo-vertébrale de la dernière côte (dont la palpation n’est pas toujours évidente chez un animal gras) ou l’espace L7-S1, et décompte de proche en proche les lombaires jusqu’à L1.

Une astuce permet de déterminer rapidement l’espace à opérer.

Après avoir déterminé la portion longitudinale du rachis à aborder, par les investigations d’imagerie (myélographie ou myéloscanner), et préparé chirurgicalement le site opératoire (tonte et aseptie chirurgicale), une aiguille (18G et 40 mm ou 20G et 40 mm) est insérée stérilement entre deux apophyses épineuses ou dans une apophyse épineuse à proximité de l’espace intervertébral visé (photo 1). Lors d’une compression latéralisée, l’aiguille est préférentiellement implantée sur le côté opposé à la lésion (implantation sur le côté gauche de l’animal en cas de compression à droite, et inversement), afin de ne pas interférer directement avec le site chirurgical.

Un cliché radiographique dorso-ventral est réalisé et le positionnement exact de l’aiguille est ainsi défini (photo 2). L’animal est ensuite transporté en salle de chirurgie, installé et préparé en veillant à ce que l’aiguille ne soit pas déplacée (photo 3). La localisation peropératoire du site chirurgical est effectuée par rapport à ce repère fixe.

Cette astuce permet de gagner en temps et en sécurité au cours des procédures chirurgicales sur le rachis thoraco-lombaire. Elle n’est pas utilisée pour le rachis cervical. En effet, les apophyses ventrales de C6 constituent un repère fiable de l’espace C5-C6 situé juste devant leur base et la présence de nombreuses structures nobles neurovasculaires périrachidiennes interdit la mise en place d’une aiguille en aveugle.

Référence

  • 1 – Levine JM, Levine GJ, Johnson SI et coll. Evaluation of the success of medical management for presumptive thoracolumbar intervertebral disk herniation in dogs. Vet. Surg. 2007;36(5):482-491.

Examen tomodensitométrique de la colonne thoraco-lombaire chez un chien. Compression médullaire extradurale par extrusion discale en T12-T13 (flèche).

Examen radiographique thoraco-lombaire de face chez ce même chien. Visualisation de l’aiguille implantée entre T13 et L1. Le chirurgien doit donc aborder le rachis un espace en avant de l’aiguille (cercle).

Vue préopératoire chez ce même chien. L’aiguille est en place et constitue un repère anatomique pour le chirurgien.