Le point Vétérinaire n° 305 du 01/05/2010
 

GESTION DE LA QUALITÉ EN ÉLEVAGE

Infos

QUESTION DE LECTEUR

Jos Noordhuizen*, Joao Cannas da Silva**


*VACQA-International, France-Portugal jos.noordhuizen@orange.fr
**VACQA-International, France-Portugal jos.noordhuizen@orange.fr
***Faculté de médecine vétérinaire, Université de Lusofona, Lisbonne, Portugal joao.cannas@mail.telepac.pt

Pour survivre en tant que professionnels, les praticiens ruraux doivent développer les consultations et le conseil.

L’avenir du vétérinaire est un rôle de conseiller d’élevage(1). Pour ce faire, il doit connaître les objectifs de l’éleveur et disposer de l’information fondamentale sur la plupart des domaines de l’élevage (productions de lait et de viande, alimentation, reproduction, santé de la mamelle et du pied, élevage de veaux et de génisses, logement, pâturage, récolte de fourrages, etc.).

Ces renseignements sont obtenus lors de visites d’élevage, dont il existe plusieurs types (encadré). À la fin de chaque visite un compte rendu écrit est remis à l’éleveur.

Il s’agit d’un suivi intégral du troupeau, les différents domaines de l’élevage étant regroupés dans un programme unique pour plus de crédibilité auprès de l’éleveur. Un suivi de reproduction seul, par exemple, ne peut jamais répondre à toutes les questions et ne présente pas véritablement de valeur ajoutée. Un programme de suivi est multidisciplinaire et couvre plusieurs secteurs de l’élevage ; il est donc intégral [4]. C’est une activité de vrais professionnels et les vétérinaires doivent se comporter comme tels. Tandis que, dans d’autres pays européens, le suivi intégral d’élevage s’est beaucoup développé ces dernières années, aucune évolution majeure n’a été observée en France. Mais la situation est en train de changer, car plusieurs écoles vétérinaires l’ont ajouté à leur cursus d’enseignement et des cours d’instruction pratique sont donnés dans le cadre de la formation professionnelle continue. Les vétérinaires doivent s’investir dans d’autres disciplines que celles qui sont classiquement reconnues : communication, alimentation des bovins, économie de l’élevage, épidémiologie quantitative, assurance qualité, maîtrise des risques de la qualité (produits issus de l’élevage), marketing, gestion. Cette démarche est requise pour servir les grandes exploitations comme les élevages plus classiques. En parallèle de ces visites d’élevage, réalisables en routine, le praticien peut aussi développer des plans de biosécurité (maîtrise des risques liés à l’introduction ou à l’extension des maladies infectieuses dans l’élevage) et des programmes de gestion des risques de la qualité selon les principes HACCP (hazard analysis and critical control points : analyse des dangers et maîtrise des points critiques dans l’élevage) [3, 6].

  • (1) Voir l’article “Contraintes et perspectives du praticien rural d’ici à 2020” du même auteur, dans ce numéro.

Encadré : Trois types de visites d’élevage bovin

1. Évaluation diagnostique globale

Recueil d’informations de base sur les bovins, leur environnement et les données de l’élevage, pour déterminer les points forts et les points faibles. Un plan d’actions et de préconisations est décidé, puis évalué à la visite suivante.

2. Audit d’élevage

Démarche structurée pour détecter les causes d’un trouble signalé par l’éleveur et les facteurs de risque qui y contribuent, afin de proposer des solutions. Elle comprend aussi les activités décrites en 1. Une visite ou deux est le minimum pour que l’éleveur sache comment résoudre sa question.

3. Visite dans le cadre d’un programme de suivi d’élevage

Combinaison de 1 et 2, avec en plus des activités de prévention selon un schéma structuré, et des actions discutées avec l’éleveur et agréées par ce dernier. Visites mensuelles pour mieux “coacher” l’éleveur.

D’après [1, 2, 5].