Le point Vétérinaire n° 300 du 01/11/2009
 

MALADIES MÉTABOLIQUES DES VACHES LAITIÈRES

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QUESTIONS DE LECTEUR

Béatrice Bouquet

8, rue des Déportés, 80220 Gamaches

Le pH urinaire d’un échantillon de vaches aide au suivi des rations à risque d’acidose.

Dans le contexte actuel, le risque d’acidose est latent dans nombre d’élevages laitiers hauts producteurs français. Cette maladie a des répercussions sur la qualité et la quantité de la production de lait et sur la fécondité. Elle a aussi un impact sanitaire non négligeable (baisse d’immunité, etc.). Il convient donc de la maîtriser et, en amont, de la diagnostiquer.

L’étude de la ration, en particulier le calcul de la balance électrolytique alimentaire (BEA), s’impose(1). Toutefois, les analyses électrolytiques coûtent cher, et certains ingrédients de base ne sont pas bien représentés dans les tables car leur profil varie considérablement (foin, drèches, tourteau de colza, légumineuses, etc.). Avant que les signes cliniques d’acidose surviennent ou que l’impact sur la production soit évident, il peut être utile de recourir à des outils d’objectivation acido-basique sur l’animal. Des mesures sanguines sont possibles, qui impliquent le recours à des appareils sophistiqués, disponibles dans une version “ portable” (pH, pCO2, HCO3, trou anionique, tCO2, pO2, taux d’hémoglobine, Na, K, Cl). Coûteuses, elles ne sont guère accessibles en rationnement pratique. De plus, le compartiment veineux, le plus facile à prélever, n’est sans doute pas celui qui reflète de la façon la plus représentative et stable le statut acido-basique global de l’animal (nombreux mécanismes tampons et de régulation).

Une simple mesure du pH urinaire (papier pH, par exemple) est beaucoup plus facile à obtenir. Elle a pu être reliée quadratiquement à la BEA (c’est-à-dire “linéairement” pour une augmentation de BEA de 0 à 500 mEq/kg de matière sèche, avec ensuite un plateau malgré l’élévation de la balance). Cette relation est vérifiée au moins pour des rations classiques à base d’ensilage de maïs (figure 1). La mesure peut être faite à n’importe quel moment de la journée, car il a été vérifié, toujours pour des modes de rationnement classiques, que le pH reste stable au cours de la journée. Toutefois, il convient d’échantillonner plusieurs animaux pour se faire une idée de la qualité électrolytique de la ration, car il existe une grande variabilité interindividuelle (figure 2 complémentaire sur www.WK-Vet.fr). Ces variations renvoient notamment aux inconnues qui persistent en matière de mécanismes de régulation chez le ruminant (lien entre la BEA, l’acidose ruminale/systémique, l’importance du recyclage salivaire). Ces notions seront développées dans un article de synthèse à paraître prochainement.

  • (1) Voir l’article “Pourquoi et comment manipuler l’équilibre électrolytique des rations” du même auteur, dans ce numéro.

EN SAVOIR PLUS

Source : E. Bossard. ESA 55, rue Rabelais, 49000 Angers ebossard@groupe-esa.com

Figure 1 : Évolution de la balance électrolytique alimentaire en fonction du pH urinaire

Résultats obtenus d’après trois essais. BEA : balance électrolytique alimentaire