Le point Vétérinaire n° 294 du 01/04/2009
 

Parasitologie en productions animales

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QUESTION DE LECTEUR

Carine Paraud

Afssa, Laboratoire d’études et de recherches caprines, 60, rue de Pied-de-Fond, 79012 Niort Cedex, c.paraud@niort.afssa.fr

La répartition large de Calicophoron daubneyi est confirmée en Saône-et-Loire.

La paramphistomose caprine due à Calicophoron daubneyi (ex-Paramphis-tomum) est décrite en France, mais sa prévalence est mal connue. Les rares données font état d’une prévalence variant de 11,5 % pour des caprins originaires du Quercy en 2000 à 58,7 % en Saône-et-Loire en 2003 [5, 8].

Des résultats récents(1) confirment la large répartition de ce parasite dans le centre-est de la France. 42 fermes laitières ont été sélectionnées parmi 351 élevages caprins conduits au pâturage et possédant plus de 10 chèvres recensés en Saône-et-Loire. Quinze animaux par élevage sont prélevés (n = 609), entre la mi-novembre et la mi-décembre, pour comptage coproscopique par la technique de McMaster modifiée (solution au iodo-mercurate de potassium (d = 1,44). Un questionnaire sur les pratiques d’élevage est rempli en parallèle.

24 élevages hébergent au moins un animal excréteur (57 %, intervalle de confiance 42-72 à 95 %). La prévalence dans chaque cheptel varie de 7 à 93 % (chiffres comparables à ceux disponibles pour des bovins et des ovins du centre de la France) [1]. Les 115 chèvres positives excrètent en moyenne 157 œufs par gramme (67 excrètent moins de 50 opg).

Une corrélation positive significative est mise en évidence entre la prévalence dans chaque cheptel et la moyenne des comptages coproscopiques, ce qui est une première, à notre connaissance, toutes espèces réceptives à C. daubneyi confondues.

31 élevages sont de type mixte bovins-caprins. La faible variabilité de ce facteur “type de pâturage”, comme des conditions climatiques, n’a pas permis de mesurer l’impact de ces deux caractéristiques considérées comme à risque pour l’infestation par les paramphistomes [2, 3, 7].

Une co-infection par Fasciola hepatica est mise en évidence dans seulement deux élevages, la grande douve étant peu présente dans notre étude, au contraire des strongles gastro-intestinaux ou de la petite douve.

Aucune corrélation n’a été trouvée entre excrétion et âge (les résultats bibliographiques sont inconstants sur ce point chez les bovins) [4, 6, 9]. Cela pourrait être lié à l’usage large des trématodicides (81 %, généralement une fois par an pendant la période sèche). L’oxyclozanide est le plus souvent utilisé à la dose de 15 ou 22 mg/kg, par voie orale, doses efficaces dans l’espèce caprine, mais la “stop-dose” imposée (20 ml de la solution à 3,4 % pour les animaux pesant plus de 45 kg) pourrait conduire à des sous-dosages chez les chèvres les plus lourdes.

  • (1) Paraud C, Fournier E, Robergeot V et coll. Calicophoron daubneyi infection in grazing goats : results from a cross-sectional coprological survey in France. Small Ruminant Res. 2009 ; 82 : 66-68.

Paramphistomes adultes dans le rumen d’une chèvre.

Œuf de paramphistome en cellule de McMaster.